ACTE DEUXIÈME
Que ne vient-il en personne au palais?
B I A N C A , de|plus|en plus émue.
Hélas! il va mourir peut-être, tout à l'heure...
RINALDA
Mourir!
bian|ca
Avant ce soir, oui... Regardez ! Je pleure. Vous en dire plus long, je ne peux pas. Venez, Par la Madone et par les Saints!
(Avec de grands signes de croix.)
Et par... tenez, Par saint Guido, surtout! Nous avons sa chapelle Chez nous. C'est notre saint. Lui, je me le rappelle, Guido, l'autre.
RINALDA, profondément troublée.
Le mort!
BIANCA
Hélas! on l'aimait tant!
El moi-même!... J'étais bien petite, pourtant. Quand il passait, superbe et redressant sa taille Et faisant se cabrer son cheval de bataille! Ah! son fier souvenir est immortel ici.
(MoQtrant son cœur.)
Nous l'aimions. Nous l'aimons toujours!... Et vous aussi, Car vous pleurez! Eh bien! c'est comme si lui-même Il vous suppliait...
(Elle est agenouillée.)
Lui! Comment?
BIANCA
Son vœu suprême, En exil, quand il prit mon père pour gardien De ses secrets...
RINALDA, affolée.
Mon cher Guido!
BIANCA
Vous voyez bien • Qu'il faut venir, qu'il faut écouter sa prière, A lui, Guido.
RINALDA, éperdue.
Oui, oui, .j'y vais.