‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 5 sur 123 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LA CHANTEUSE, minaudanL

Hais...

VENTURA

Allons, viens, ne fais pas de façons.

Je veux dans un baiser prendre au vol tes chansons.

PASQUALE

Oui, qu'il t'embrasse !

VENT L' R A, se lerant, & la chanteasa.

Eh bien?

(Comme elle continue à minauder, il la prend par la taille et l'embrasseil

Tu permets, guitariste?

(Le guilansto hausse le* épaulM.

PASQDALE

Puisque c'est fait.

VENTUaA

Buvons !

Pelruccio.

G A LÉ AS, à Pelruccio.

Leur gaité me rend triste,

VENTURA, à la chanleusc, en lui offrant un gobelet.

Bois donc, la belle!

PETRUCCIO, à Galcas.

Oue veux-tu !

Tout le monde n'a pas la farouche vertu. Â leur âge non plus nous n'étions pas moroses.

V ENTURA

Amis, à la santé du printemps et des roses 1

GÂLÉAS, se levant, puis allant Ters let jeunei gens.

Vous êtes bien joyeux, vous 1

VENTUnA

Et vous, bien aigri !

Dieu- me damne! j'ai cru voir Dante Alighlcri.

GALÉAS

Hélas! c'est à Ravenne et non plus à Florence Qu'il dirait aujourd'iiui : Laissez toute espérance ! Heureux Dante ! Il n'avait au moins à se venger Que de concitoyens; nous, c'est de l'étranger.

PASQUALE, à Ventura.

Offre-lui donc à boire! 11 a soif; il déclame.

GALÉAS

Jeunes gens!

PETRUCCIO, à Galéas, quil veut retenir.

Tais-loi.

GALEAS, le repoussant, puis s'avançanl Tcrs eux.

Laisse! 0 fils de nobles, l'âme i)u pays, quoi, Conrad et ses gueux sans drapeau. Tas de pillards vendant au plus offrant leur peau, Sont vos maîtres; et vous, vous cueillez des verveines! Vous n'avez plus de sang, mais de l'eau dans les veines.

VENTURA

De l'eau! Pardonnez-moi, messire; c'est du vin.

(il boit.) TOUS, riant

Ablahl

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