II AVANT-PROPOS DE L'ÉDITEUR
une collaboration, obligeait ciiacun à faire de son chapitre un morceau complet, indépendant, autant que possible, du précédent, et il s'ensuit que les | chapitres contenus dans ce volume, écrits par Gustave Flaubert, forment un tout très personnel, très distinct, très complet. Il ne nous appartient pas de porter ici un jugement littéraire, mais il nous est pourtant permis de dire qu'on trouvera là certaines pages qui peuvent se classer parmi les meilleures du grand écrivain. Ajoutons que ce Voyage en Bretagne est inédit, à l'exception d'un chapitre, Les pierres de Carnac, publié dans V Artiste en 1858, et de quelques fragments parus, cette année même, dans le Gaulois.
La première pièce par ordre chronologique est le Chant de la mort, qui est daté de 1838, c'est-àdire de la dix-huitième année de son auteur (1). 11 devait faire partie d'une sorte de poème en prose, fantastique et philosophique : La Danse des morts. La seconde : Smarh {vieux mystère, dit le manuscrit), a été écrite l'année suivante. Elle est surtout curieuse en ce qu'on y sent l'idée première de cette œuvre qui a préoccupé toute sa vie son auteur : La Tentation de saint Antoine, qui n'a paru qu'en 1874.
L'étude inédite sur Rabelais ne porte pas de date précise mais a été écrite vers la même époque. Elle eût pu l'être 30 ans plus tard, car on y trouve déjà
(1) Le manuscrit le plus ancieu trouvé dans les papiers de G. Flaubert, est de 1836.