SCÈNE V CONTRAN, RAOUL, pî«s JOSEPH, puis ADÈLE
RAOUL, examinant V accoutrement comique de Gontran.
Tu sais que ça te va très bien, ce costume-là.
GONTRAN, toujours en colère.
Tu m'embêtes. Je n'ai pas le cœur à plaisanter... On voit bien que tout ton avenir ne dépend pas de ce dîner manqué chez les Guérandières ! [Mettant la main dans sa poche.) Je suis furieux. Oh !...
RAOUL
Quoi?
CONTRAN
Qu'est-ce qu'il y a donc dans ma poche ?... Qu'estce que ça peut bien être ? (Il tire de sa poche un petit pot de fleurs avec une marguerite.) Zut ! un pot de fleurs !... J'ai un pot de fleurs dans ma poche !
RAOUL
Avec une marguerite !
CONTRAN, furieux.
Délicieux ! {Il fouille dans une autre p)Oche.) Et ce n'est pas fini !... Oh !... Oh!
RAOUL
Qu'est-ce qu'il y a encore?
CONTRAN, tirant la chose de sa poche.
Une pomme de terre !
RAOUL
Vraiment?
CONTRAN, la montrant.
Une pomme de terre nouvelle I C'est la première fois que je trouve une pomme de terre nouvelle dans mon veston.
Et tu te plains?...
CONTRAN
Je n'ose plus me fouiller. J'ai peur de rencontrer une citrouille.
JOSEPH, entrant et apportant à Raoul un énorme mouchoir à carreaux de couleur.
Voici, monsieur...
RAOUL, étonné.
Qu'est-ce que c'est ?
JOSEPH
C'est le mouchoir, monsieur...
RAOUL
Ah! c'est le mouchoir?... Je vous demande pardon !... Je croyais que c'était un drapeau chinois. (// déploie le formidable mouchoir.) Merci tout de même...
JOSEPH
Une bonne nouvelle, messieurs. La pluie a cessé. {Il sort.)
GOMTRAN
La pluie a cessé? Eh bien, je connais quelqu'un qui ne va pas moisir ici... Allons-nous-en, et tout de suite !
RAOUL
Dis donc... Il serait peut-être poli d'abord de remercier la dame de la maison?
Oh ! moi, je m'en fiche de la dame de la maison. Tu donneras cent sous au domestique.
ADÈLE, entrant, et étonnée de V habillement des deux hommes.
Oh ! Pardon !... Ces messieurs sont séchés?
GONTRAN, toujours furieux.
Ça se voit, je pense.
ADÈLE
Madame fait dire à ces messieurs qu'elle achève de s'habiller et qu'elle va venir pour savoir si elle ne peut pas être utile à ces messieurs. RAOUL, à Adèle.
Merci, ma jolie enfant, merci!... [Adèle sort; à Gontran.) Tu vois... Il faut l'attendre, cette dame.