LES BATELIERS
Tandis que Théophile se promenait sur la rive d'un fleuve, il aperçut une barque qui remontait le courant , grâce au travail persévérant des bateliers. Ceux-ci, après avoir abordé, fixèrent le bateau à un pieu du rivage , au moyen d'une forte amarre. — « J'ai sous les yeux , se dit ThéophilCj^ une image de mon voyage vers la céleste patrie. Le monde est le courant rapide qui entraîne beaucoup d'hommes à leur perte ; je dois résister à ce courant et le remonter avec mon léger esquif, puisqu'il m'est ordonné de ne pas me conformer au présent siècle, et de n'aimer ni le monde ni les choses qui sont dans le monde (Rom., XII, 2. 1 Jean, II, 15). Mes cordages, ce sont mes aspirations, et le poteau
représente la sainteté après laquelle je soupire. Je fais mes efforts et je cours vers le but y vers le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ (Philip., III, 12, 14). Travaille donc, ô mon âme I sans retard et sans perdre courage ; car , de même que si ces bateliers avaient négligé de lutter contre le courant , le bateau aurait été emporté et eux avec lui, de même lorsque nous cessons de combattre contre le monde et les suggestions de notre cœur naturel, lorsque nous devenons lâches dans la prière et les autres saints exercices , nous faiblissons et nous nous exposons à périr. — Seigneur! aide-moi à lutter vaillamment, afin que je t'appartienne à la vie et à la mort ! »