‹ Parades inédites [par] Th.S. Gueullette. Avec une préfChapitre 52 sur 109 · GILLE, LAISSE-RIEN · texte numérisé non relu

GILLE, LAISSE-RIEN

[LES LAPINS.] GlLLE.

Oh! Parguenne, pour le coup, je veux faire voir à mon maistre que je ne suis pas un sot. Il faut que le diable s'en mesle si je ne porte pas ces lapins-là à son procureur.

Laisse-Rien.

Piaux de connins ! piaux de connins ! Qui est-ce qui veut vendre des piaux de connins?

IOÔ DEUXIÈME PARADE

Oh! oh ! voilà un drosle de marchand. Eh ! ditesmoy, s'il vous plaist, mon amy, queu commerce faites-vous là ?

Laisse-Rien.

J'achepte des piaux de connins, je les repasse et je les revends aux fourreurs.

Gille.

Aux?...

Laisse- Rien.

Aux fourreurs.

Gille.

Diable ! Vous faites là un joly mestier. Ne pourrois-je pas repasser aussy quelqu'une de ces peaux-là ? Laisse-Rien.

Mais, Monsieur, il faut avoir appris son mestier pour cela.

Gille.

Bon ! Cela s'apprend tout seul.

Laisse-Rien.

Je ne vous comprends pas, Monsieur; pour moy j'ay esté six grands mois à rapprendre. Gille.

Oh ! quel butor !

Laisse-Rien.

Mais, Monsieur, je vois bien que nous ne nous entendons pas. Vous pensez peut-estre à malice? Gille.

Ah ! que non. Les peaux de connins, cela s'entend de reste.

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