LE PAYSAN, GILLE, LE MAISTRE BARBIER
Le Barbier.
Qu'est-ce donc que tout ce tapage?
Gille.
Ah! Monsieur nostre maistre... à moy!
Le Paysan.
C'est là le maistre.
Ouy7 c'est luy.
Le Paysan.
Ah ! parguenne, il en aura donc sa part.
( // le rosse et se sauve. )
Le Barbier.
Ahi ! ahi ! ahi ! Qu'est-ce que cela signifie?
Gille.
Cela signifie que ce drosle-là nous a donné des coups de bâton.
Le Barbier.
Ouy; mais pourquoy les avoir donnés?
Gille.
Parce que je luy ay demandé douze francs pour luy avoir fait la barbe : sçavoir, six francs pour le maistre et autant pour moy.
le repas imaginaire i d i
Le Barbier.
Peste soit de l'impertinent ! Quatre sols étaient encore trop, et ce manant a eu raison de l'étriller. Mais moy, je n'avois que faire de cela. Gille.
Ah ! Monsieur, vous êtes le maistre pour recevoir les profits de la boutique.
Le Barbier.
Va-t'en au diable avec ta chienne de recepte ! Je ne sçais à quoy il tient que je ne t'assomme. Gille.
Tout beau, Monsieur le raseur. C'est-à-dire que chez vous, on ne mange qu'en imagination et que l'on est battu avec réalité. Eh bien ! je suis vostre serviteur. Pourvoyez-vous d'un autre garçon. Le Barbier.
Parbleu, mon amy, je n'auray pas grande peine à te remplacer.