‹ Paradis laïquesChapitre 27 sur 42 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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grès réalisés jusqu'à nous. Et aujourd'hui^ on constate encore les mêmes maux inhérents à la grande industrie, on annonce la concentration du capital, la mort du petit conmierce... Les plain-* tes sont plus nombreuses et plus vires, ce qui est d'ailleurs une amélioration, mais pas au point de vue du bonheur. Gomment donc Zola, Anatole France, etc., admettent-ils que si la science a travaillé pendant soixante-dix ans, avec une activité dévorante, sans résultats pour la satisfaction des hommes, ceux-ci sont assurés de lui devoir bientôt la félicité collective ?

Passons en revue les principales espérances fondées sur les progrès scientifiques, et nous verrons que ceux-ci ont eu beau se réaliser en grande partie, celles-là semblent n'avoir rien obtenu.

La plus immédiate porte sur la diminution de Feffort musculaire. 11 est f&cheux que l'homme, animal intelligent, doive fournir de l'effort physique comme la brute pour accomplir sa tâche. Il s'exténue, son intelligence s'atrophie. La machine lui restituera sa dignité d'homme en le dispensant de fournir directement la force matérielle , Agir sur des commutateurs, ou même seulement regarder, il n'aura plus d'autre peine à prendre, comme le disent Anatole France et Zola. Or estce que la vapeur et l'électricité ne font pas aujourd'hui une grande partie de l'ouvrage qui se

faisait jadis à la main ? ou mieux que] est l'ouvrage, sauf TcBUvre d'art, qui échappe au domaine de la mécanique ? Ce domaine pourra s'étendre évidemment, et au grand bénéfice de certains métiers pénibles, comme Zola nous en décrit dans la métallurgie actuelle *. En sera-t-on plus heureux? Demandez-le aux tourneurs, raboteurs, fraiseurs, qui pourtant ne se battent plus contre le fer à la force de leurs poignets. Demandez-le même à Zola. 11 nous présentera le petit Fortuné perché dans une logette d'où il manœuvre le marteau cingleur au moyen de deux leviers; « travail de brute », déclare l'auteur '. Fortuné cependant ne pourra guère se donner moins de mal dans la Cité Future, à cela près qu'il se reposera peut-être d'appuyer sur deux leviers en pressant des boutons. — Quel bon travail, pas fatigant I — nousdira-t-on alors. Pas fatigant, mais ennuyeux. Voyez aussi Hippolyte Dufresne qui accomplit sa journée d'ouvrier en restant sur une petite plateforme pendant cinq ou six heures à ne rien faire ^. Ennui ou fatigue, sinon les deux à la fois, sont inhérents au travail. On pourra donc toujours se plaindre, et ce ne seront pas les peines plus dures d'hier qui consoleront des peines moins

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