LIVRE IX- i4i
» Un jour peut-être , uii jour , nos propres rejetons ,
» Brillants comme ces fleurs , frais comme ces boutons v
» Appuis de leurs parents , ainsi que leurs délices ,
» Croîtront autour de nous , dans ces riants hospices y
» Et Adendront partager , s'instruisant près de nous y
» Un travail avec eux plus facile et plus doux.
» Si tu ne peux toujours te plaire en ma présence ,
» Je ne t'interdis pas quelques moments d'absence :
» Heureux qui, retiré, lie connaît point l'ennui!
» L'Homme n'est jamais seul s'il se pladt avec lui ;
» On revient avec joie à l'ami que l'on quitte ,
» Et vers lui le regret nous rappelle bien vite.
» Mais pour toi , loin de moi , je crains quelque danger ,
» Sur nous l'affreux Satan brûle de se venger ;
» N'espérant plus de paix, il veut troubler la nôtre , v
» Nous corror..pre , nous perdre : assistons-nous l'un l'autre.
» Quel triomphe pour lui s'il nous voit séparés !
» Sans secours , en ses mains nous nous verrions livrés ; /:> Dieu nous a prévenus , l'ennemi nous assiège : » Non loin d'ici peut-être il nous prépare un piège. » Nous avons tout promis , Vious devons tout à Dieu : ^ Nous séparer de lui , Satan , voilà ton vœu ! . » L'amour doit offenser un cœur nourri de haine ; ' c » Notre plus grand plaisir est ta plus granckipeine. » Chère Eve , au nom de Dieu , demeure à mon cdté; » Il fut ton origine , il esH ta sûreté. -, -m
lia PARADIS PERDU,
» De celle que la honte ou le danger menace ^ 7^ Je le répète encor , la véritable place "^ » Est près de son époux; il prévient le danger , » Kt si le mal arrive , il sait le partager. »
A ces mots, sa compagne aussi chaste que pure, S^affligeant d^un soupçon dont sa gloire mumare^ Lui répond d'un air triste ensemble et gracieux : « Cher époux! noble enfant de la Terre et des Cieux! » Je connais nos dangers; je sais quel artifice » D'un ennemi caché prépare la malice; » Et ta voix, cher époux, et Tenvoyé des Cieuit » Ne m'ont que trop appris ses projets odieux. » Hier , lorsque nos fleurs refermaient leurs calicei^ » Quand , près de retourner aux célestes ^élices , ' » Raphaël te faisait les adieux du départ, » De retour du travail, et couchée à l'écart, » Sous ce berceau voisin , je l'écoutais ; sa bouche » Te parlait de dangers , d'un ennemi farouche : » Ces dangers, fuyons-les, j'y consens, mais que*taoi ; » Dont mon Dieu, mon époux, ont éprouvé la foi / » Parce qu'un noir esprit médite des vengeances, » Tu m'oses affliger d'injustes défiances!
» L'Ange n'en a rien dit , Eve rien entendu.
» Non , nH^ cœur à ce coup ne s'est point attendu. » Que crains-tu , cher Adam .î* est-ce la force ouverte?.: ' » Nous sommes iiipimortela["ûinsi donc notre pej