Toute l’Egypte fut inondée du temps de Ménès
— Déluge de Noé.
4. Le seul canton de Thèbes surnage (?). L’arche ( en Hébreu, Tkèbah ) surnage seule.
5. Toute l’Egypte était comprise sous le nom de Thèbes. — Tout était compris dans la Thébah (arche ) de Noé.
6. Les Thébains se disent les plus anciens des hommes. — Les habitans de l’arche ou Thébah, sont les plus anciens du monde post-diluvien.
7. Un navire de près de 300 coudées est construit à Thèbes. — La Thébah est longue de 300 coudées (5).
8. Des colombes s’envolent de Thèbes. -—Noé fait envoler plusieurs colombes de la Thébah.
9. Les Thébains se vantent d’avoir été les premiers à compter l’année de 1 2 mois. — L’année est ainsi divisée . dans l’Ecriture , à l’occasion de l’arche.
1 0. Ménès apprend aux peuples à faire des sacrifices.
— Holocauste de Noé.
1 1 . Ménès est regardé comme le premier législateur.
— Il en est de même de Noé.
1 2. Ménès introduit le luxe de la table. — Noé mange de la chair des animaux et invente l’art de faire du vin.
13. Les Thébains se vantent d’avoir été les premiers à connaître la vigne. — Noé est le premier qui la cultive.
Rapports de Fo-hi avec Noé. 1. Fo-hi (Foë) n’eut point de père. — La mémoire des ancêtres de Noé s’engloutit dans les eaux du déluge.
2. Fo-hi fut conçu par sa mère , alors qu’elle était entourée d’un arc-en-ciel. — G’est un souvenir confus
(1) Aurelius-Victor.
(2) Histoire véritable des temps fabuleux. — Guérin du Rocher prouve que Thèbes n’a jamais existé.
(3) D. Calmet , Comment sur la Genèse.
de l’arc-en-ciel , que Dieu prit pour témoin de sa promesse.
3. Moyse conserva dans l’arche 7 animaux de chaque espèce. — Fo-hi éleva avec un grand soin des animaux de 7 espèces différentes.
4. Fo-hi offrait un sacrifice de ces animaux au souverain Esprit. — Noé fit au Seigneur un holocauste de tous les animaux purs.
5. Noé et Fo-hi mettent les premiers en honneur l’art de cultiver la terre.
6. Les Chinois se permettent l’usage des liqueurs fortes ; mais ils s’abstiennent de vin , bien que leurs vignes produisent d’excellent raisin. Cette interdiction dont l’origine n’est pas connue , ne proviendrait-elle pas de l’aversion conçue par les descendans de Noé pour une liqueur qui avait causé l’ivresse de leur père ?
7. Les vaisseaux actuels des Chinois , plats à la proue et à la poupe , divisés en trois étages et six fois plus longs que larges, conservent la forme et les dimensions de l’arche de Noé. (i '.
On pourrait facilement expliquer la conformité de ces rapports, en disant, avec le docteur Shuckford, que l’arche s’arrêta sur le mont A rarat des Indes, et que, de là, Noé visita la Chine. En admettant celte hypothèse , on comprendrait aussi la conformité des connaissances astronomiques et astrologiques des Chaldéens avec celles des Chinois, et les causes de l’antiquité de leur civilisation et de la sublime morale de leur culte primitif [?\
Le V. Kircher croit qu’OEnotrus qui régna dans le Latium sous le nom de Janus est le même personnage que Noé (5). Macrobe surnomme Janus, Consivius (propagateur) et Clusivius (enfermé); ces deux épithètes conviennent parfaitement à Noé.
Le nom de Noé s’est conservé chez les Chaldéens, les Phrygiens, les Persans et les Arabes. Bérose nous dit que 'Noé enseigna l’astronomie aux Arméniens qui, par reconnaissance, l’appelèrent Arsa ( soleil) , lui dédièrent des villes et l’adorèrent sous le nom de J upiter
(1) V. sur Fo-hi : le P. Lecomte, Mém. of. China, p. 515. — Biblioth. univers litter. mars 1816. — Question générale, où l’on examine si Fo-hi est le même que Noé , par un auteur Sequanais. Paris, chez d’Houry, 1776. — Hist. univ. t. 54., p. 89. — Martini , Sinicæ hùtoriæ decas. — Le P. du Halde — Le Père de Mailla , Traduction des Annales de la Chine, publiée en 1777, par l’abbé Grosier.
(2) Shuckford , Hist. sacr. et prof., t. 1 , p. 100.
(5) Kircher, in Latio antiq. et novo. Il dérive Janus de l’Hébreu Jaî'n‘(Vin).
Sagus. Ils conservèrent avec vénération les premiers ceps de vigne que planta Noé qui, après avoir régné quelque temps dans leur pays, l’aurait abandonné, pour une cause inconnue (i). — La ville de Kibotos ( en Phrygie ) frappa , en l’honneur de Septime Sévère, Pertinax et Philippe l’Arabe , des médailles qui représentaient un corbeau, une colombe et une arche, où se trouvait le nom de nqe ( Noé) (2). — Ce nom fut également connu des Arabes , puisqu’un de leurs anciens proverbes comparait au corbeau de Noé les gens qui se font attendre (*>). — Les Persans nomment encore col de Noé ( Koùh-Noùhh ) la montagne d’Arménie , où l’arche s’arrêta (4)* — Les Thibétains prétendent qu’elle s’est arrêtée sur la montagne, où est bâtie la ville de Laid sa et dont le nom signifie porte-vaisseau 5). — Enfin, les Hottentots disent que le premier homme qui entra dans leur pays s’appelaitiVo/i., et qu’il enseigna l’agriculture à ses descendans (6).
Déluge.
Tous les peuples s’accordent à reconnaître l’existence d’un déluge, qu’ils placent à une époque fort reculée, et dont les principaux faits sont évidemment empruntés à la Bible. Nous citerons, d’abord, comme une des plus complètes, la tradition chaldéenne de Bérose. « Cronos. étant apparu en songe à Xixulrus , l’avertit que, le quinzième du mois Dcesus , le genre humain serait détruit par un déluge, et lui ordonna de mettre par écrit l’origine, l’histoire et la fin de toutes choses, et de cacher sous terre ses mémoires , dans la ville du soleil , nommée Sippira ; de construire ensuite un vaisseau , d’y mettre les provisions nécessaires, et d’y entrer, lui, ses parents et ses amis, et d’y enfermer les oiseaux et les animaux à quatre pieds. Xixutrus exécuta ponctuellement ces ordres, et fit un navire qui avait deux stades de largeur et cinq de longueur ; il n’y fut pas plutôt entré que la terre fut inondée. Quelque temps après, voyant les eaux diminuées, il lâcha quelques oiseaux qui, ne trou-
(1) Berose , 1. III.
(2) Le P- Kircher, de Arcà Noe, p. 155.
(5) Grammaire d’Erpinius, p. 11.
(4) Le Cher Chardin , Voyage en Perse , t. II
(5) Archives de la religion catholique, 1854, n°20.
(6) Kolbe, Description du Cap de Bonne-Espérance. — Le P. Tachard, Voyage de Siam.
vant ni nourriture, ni lieu pour se reposer, retournèrent au vaisseau. Quelques jours après, il en lâcha d’autres qui revinrent avec un peu de boue aux pattes. La troisième fois qu’il les laissa envoler, ils ne reparurent plus , ce qui lui fit juger que la terre commençait à être suffisamment découverte. Il fit alors une ouverture au vaisseau, et, voyant qu’il s’était arrêté sur une montagne, il sortit avec sa femme, sa fille et le pilote; et, ayant adoré la terre, ils élevèrent un autel er sacrifièrent aux Dieux. » (i ) Cette conformité de la tradition chaldéenne avec le récit de Movse n’a rien qui doive nous étonner. Bérose vivait 340 ans environ, après que Nabuchodonosor eut exilé les Juifs à Babylone. Bien que Cyrus leur eût permis de retourner dans leur patrie, plusieurs d’entr’eux étaient restés en Chaldée , où ils professaient librement leur religion. Leurs livres sacrés durent être consultés par Bérose. Peut-être même , dit Fréret , la ressemblance entre les traditions chaldéennes et les traditions mosaïques vient-elle de ce que ces dernières étaient celles qu’Abraham, originaire de Chaldée, avait transmises à ses descendants , et dont les prêtres de Babylone avaient conservé le fonds, qui était encore reconnaissable , malgré les fables poétiques et philosophiques qu’ils y avaient mêlées, (a)
Les philosophes d’Egypte, interrogés par Solon sur l’histoire de leur pays , répondirent qu’un déluge envoyé du ciel avait changé la face de la terre et avait anéanti les monuments historiques, qui auraient perpétué la mémoire des premiers temps du monde. (3) — D’après les Perses, « la lumière de Taschter brilla dans l’eau pendant 30 jours et 30 nuits... La terre fut couverte d’eau, à la hauteur d’un homme... et ensuite toute cette eau fut renfermée. » (4)
Les Grecs comptent deux déluges particuliers, celui d’Ogigès et celui de Deucalion , séparés par 400 ans d’intervalle. Il est probable qu’ils n’ont existé ni l’un ni l’autre, et que les Péloponésiens ont attribué à Phoronée et les autres Grecs, à Deucalion , ce qu’ils avaient retenu de la tradition de Noé. De même que dans la Genèse, le déluge des Pélasges a pour but de punir la corruption des hommes ; une seule famille échappe par
(1) Fragments de Bérose rapportés , d’après Alex. Polihislor, par Georges Le Syncelle
(2) Rlém. de l'Académie des inscriptions , l. XXX.
(3) Platon , in limæo.
(4) Boun-Dehesch , Zend-Avesla , II** p.
ses vertus à l’arrêt de proscription, et bâtit elle-même une arche libératrice, qui s’arrête sur une montagne , après l’abaissement des eaux. Lucien décrit en ces termes le déluge de Deucalion : « Les premiers hommes étaient corrompus et commettaient tous les crimes ; ils furent punis par une épouvantable calamité. Une immense quantité d’eau sortit des entrailles de la terre et tomba des deux ; les fleuves se débordèrent; la nier s’éleva jusqu’à ce que toute la terre fut ensevelie sous l’onde. Seul d’entre tous les mortels, Deucalion fut sauvé , en récompense de sa piété , pour reproduire une génération nouvelle. U monta avec sa femme et ses enfants dans une grande mche, où le suivirent tous les animaux de la terre , par couple de chaque espèce. » (i) Plutarque ajoute qu’une colombe fut lâchée du navire de Deucalion; que son retour marquait la continuation de la tempête , et que sa disparition prouva que le ciel était redevenu serein. (2) Le P. Thomassin croit retrouver l’arche de Noé dans le vaisseau des Argonautes , construit par l’ordre de la Sagesse ( Minerve ) , et auquel une colombe devait indiquer la route. (3)
Les annales de la Chine parlent de la révolte de Koung- Koung qui frappa le roi T chouan-Chio avec une telle violence , que les colonnes du ciel furent ébranlées. Le ciel , en tombant sur la terre , produisit un immense déluge. Ce cataclysme arriva l’an 3, 0S2 avautJ.-C. Les Indiens fixent le leur à une époque qui correspond à l’an 3,101 avant J.-C. On voit que ces chronologies s’accordent assez bien avec le déluge de Noé, qui eut lieu 3,044 ans avant l’ère moderne. (4 )
Les Péruviens disent qu’un déluge fit périr tous les habitans de leur pays, ù l’exception d’un petit nombre , qui se cacha dans les cavernes des plus hautes montagnes. Ils surent que les eaux s’étaient abaissées, quand ils virent revenir, souillés de fange, deux chiens qu’ils
(1) Lucien, Dca Syria.
(2) Plutarque , de solertiâ animorum Abvdenne et Justin meitliunuent egalement ce fait. — On célébrait, encore du temps de Sylla, dans l’Ailique , une fêle en l'honneur de Jupiter Phrygien , qui avait sauvé la vie à Deucalion.
(3) Apollodore, 1. 1, ch. 14.
(4) M. Jules Klaprolh. Asia polyglolta. « Après le déluge .
dit le Chou-Ring , on joignit la chair des animaux à celle de* poissons. » V la Genèse , ch . IX , 3. — La lettre qui signifie
vaisseau , chez les Chinois, est représentée par un navire, une bouche et le chiffre 8 , qui désigne le nombre des habitans de l’arche. Les Mexicains et les Indhous ne comptent que sept personnes sauvées du déluge : c’est le nombre des parents que >oe recueillit dans l’arche.
les mulâtres une profonde aversion qu’il légua à sa postérité. (i)
Rapports de Relus avec Nemrod. 1 . Moyse place Nemrod au temps de Phaleg. — C’est à la même époque que Conon l’assyrien fait vivre Nemrod.