OBSERVATIONS
OBSERVATION IL {inédite},
Due à l’obligeance de M. le D' Quénu.
X... d’Etreux (Aisne), âgée de 10 ans, a fait le 19 avril 1898 une chute de cheval sur le coude gauche.
M. le D'X...d'Etreux examine quelques heures après l'accident, le bras de l’enfant et porte le diagnostic suivant : fracture de l’épiphyse inférieure de l’humérus gauche avec chevauchement des frigments, On sent nettement à la partie antérieure du bras l'extrémité du fragment supérieur, l'inférieur a fui en arrière et remonte assez haut. Le diagnostic est fait entre la fracture et la luxation du coude.
Le gonflement de la région est considérable, et immédiatement apparaissent des phénomènes de paralysie du nerf radial. La main est fléchie sur l’avant-bras; les doigts sont fléchis sur ” Ja main; l'extension de la main et des doigts est absolument impossible malgré toute la volonté de la petite malade.
Lorsqu'on souli nt la main et qu’on commande à la patiente de faire des mouvements de latéralité, on constate que ces mou-
vements sont impossibles. Ceci tient d’une part à la paralysie
du cubital postérieur qui est adducteur, et d’autre part à la paralysie du premier radial, qui est un muscle abducteur.
Les doigts sont fléchis sur la main, mais leur extrémité ne peut être volontairement amenée au contact des éminences thénar et hypothénar.
Il n'y a pas de troubles appréciables de la sensibilité, si ce n’est un peu d’engourdissement du membre. La blessée prétend cependant avoir ressenti au début quelques fourmillements le long de l'avant-bras.
L'attitude vicieuse des fragments est corrigée et le membre est placé dans l’immobilisation, le coude fléchi à angle droit.
Le 14 mai. — Il n’est survenu aucun changement dans les phénomènes paralytiques. La petite malade est renvoyée près de M. le D' Quénu.
Le 15 mai. — On fait la radiographie.
Elle montre une fracture de l’épiphyse inférieure de l’'humérus ; le trait de fracture passe immédiatement au-dessus du condyle et de la trochlée ; il est oblique en avant et en bas. Le fragment inférieur n'a pas repris ses rapports avec le supérieur, il y a loujours fuite de ce premier fragment en arrière l’apophyse coronoïde du cubitus correspondant au canal médullaire de l’humérus.
Le 21 mai. — Le D' Quénu fait chloroformer la petite malade pour tenter la réduction ; il y réussit, et un appareil plâtré appliqué séance tenante maintient l’avant-bras étendu sur le bras.
Le 29 mai. — On enlève l'appareil pour faire de nouveau la : radiographie. On constate que les fragments se sont par'ailement maintenus en place.
Le 31 mai. — L'appareil est définilivement enlevé. Tous les’
OO jours la malade est soumise à une séance d'électricité et de massage. Après chaque séance on applique une bande de caoutchouc que la blessée garde en place le plus longtemps possible ; le bras est maintenu à cette époque à angle droit.
Le 20 juin. — Au bout de 21 jours par conséquent, de traitement par l'électricité, le massage et l'application de la bande de caoutchouc, on s'aperçoit de quelques mouvements actifs de la main sur l’avant-bras. Le membre est laissé entièrement libre et chaque jour, les mouvements d'extension du poignet augmentent d’étendue.
Le 19 juillet. — La malade est examinée par M. Quénu, qui constate l'amélioration notable et se décide à ne pas intervenir. Il conseille le massage et l'électricité.
Le 31 juillet. — Les mouvements d'extension de la main ont atteint leur degré normal. Ceux des Lies sont fortement améliorés. L'enfant peut elle-même couper sa viande ; elle tient la fourchette facilement de la main gauche; elle a mème pu main tenir utilement son ouvrage pour re
Toutefois l'extension de l’avant-bras sur le bras n’est pas
complète et la flexion n’atteint que l’angle droit.
OBSERVATION II (inédite),
Due à l'obligeance de M. le Dr Quénu. Communication par M. Thoumire, médecin de la fondation Pereire.
Ernest R.., âge de 11 ans, a fait le 19 avril 1898, une chute
sur la paume de la main et s’est fracturé l’humérus au niveau
de l'extrémité inférieure.