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l’'épicondyle, le petit malade accusait subitement une vive douleur qui ne se produisait qu'en ce point précis. Gette douleur est trop vive pour être causée par une irritation d’une pointe osseuse sur les téguments ;-elle est due bien évidemment à une
compression du nerf radial.
ïi existe une hyperesthésie considérable de toute la région externe de l’avant-bras jusqu’à la main; cette hyperesthésie est provoquée par le moindre attouchement et èst toute super-
ficielle.
La sensibilité faible est intacte.
L'avant-bras droit est très atrophié, mais cette diminution de volume ne peut être dûe à l’immobilité des cinq semaines ; on pense qu'elle tient plutôt à un trouble trophique qui a porté
sur les muscles.
Le thermomètre indique une augmentation de 1/2 degré en faveur de lavant-bras malade.
Après une longue discussion sur là nature de la lésion du nerf, M. le Professeur Trélat conclut à une compression du
nerf radial par la saillie du fragment supérieur et il se décide
à intervenir.
L'opération devait consister dans le dégagement du nerf comprimé. La recherche de cet organe fût longue et minutieuse, au milieu du tissu cellulaire épaissi, presque fibreux d’une colo-
ration blanc grisâtre.
On trouve renfermé dans son épaisseur, sur la saillie du frag- | ment supérieur de l’humérus un cordon nerveux qui s’étalait sous la forme d’un ganglion, on plutôt d’une sorte de plexus nerveux fortement uni par du tissu cellulaire.
On avait sous les yeux la branche antérieure du nerf radial.
MCREINE
Elle fût disséquée et dégagée, puis on réséqua la saillie angulaire du fragment. | Depuis, le petit malade n'a plus éprouvé de douleurs dans son membre malade, mais il a conservé sa paralysie qui à résisté plus d’une année à l'électricité.
I'n'a pas encore complètement recouvé les mouvements de
son poignet.
OBSERVATION X (résumée).
Communiquée par M. Verneuil el publiée dans la thèse d'agrégation de M. Tillau®.
Fracture du coude par coup de fusit.
La ñ “
Un homme de 30 ans, eut le coude fracassé par un coup de fusil chargé à plomb et recu à bout portant.
La résection du coude fut faite et j’eus soin d'enlever tous les
fragments.
Des hémorrhagies répétées, que la ligature de l’humérale
n’arrêta que temporairement, rendirent nécessaire l’amputation du bras, plus d’un mois après le premier accident.
Depuis quelque temps, la région était tout à fait indolente, sauf en un point très circonserit qui élail fort sensible au toucher et d’où partaient même des élancements spontanés s’irradiant jusqu’à la main. La dissection du membre rendit compte
de cette particularité.
Le nerf radial un peu au-dessus du pli du coude était renflé et manifestement! enflammé ; sur un des côtés du renflement et le pénétrant d’ailleurs, se trouvait un noyau osseux du volume
d’une lentille, irrégulier, rameux, déformation toute récente,
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comme l'attestait sa couleur, sa faible consistance et la forme des ostéoplases. :
Il ne s'agissait certainement pas d’un fragment de l’osancien ; j'ai plus de tendance à croire qu’un débris de périoste transplanté ainsi à distance a donné iieu à une ossification qui n’a commencé qu’un certain nombre de jours après la blessure
et. alors que ie travail de séparation se manifesta dans la plaie.
OBSERVATION XI (Analyse). :
Communiquée après la présentation du malade, à la Société de chirurgie, séance du 13 décembre 1882, par M. le professeur Trélat.
Nerf radial emprisonné dans un cal. Paralysie radiale comptète. Opération. Guérison.
Auguste B., âgé de 40 ans, peintre en bâtiment, entre le 19 mars 1882, salle Saint-Pierre, n° 46.
! Fracture sus-condylienne du fémur et fracture de l'humérus gauche à plusieurs fragments.
Le dernier appareil plâtré fut enlevé le 20 avril. .
L'avant-bras est amaigri. L'extension de la main et des doigts est impossible ; l’abduction et l'extension du pouce, la supination sont également abolies. La sensibilité est conservée. Seuls. l'extenseur du pouce et celui de l’index réagissent à l’exploration électrique.
Des douches locales el des applications électriques n’ont amené aucun résultat, de telle sorte qu'on devait écarter l'idée,
soit d’une compression nerveuse par l'appareil, soit d’une sorte
LD 7e de névrite périphérique produite par le cal, pour conclure à un enserrement par le cal.
Une incision de 9 centimètres sur le trajet du nerf radial à Partir du point où il sort de la gouttière de torsion, fut faite par M. le professeur Trélat.
Après une recherche assez laborieuse, le nerf est découvert au-dessous du cal, caché par du tissu fihreux.
Le nerf une fois dégagé dans toute la longueur du canal pathologique (5 centimètres environ) toute la parlie exubérante du cal est réséquée.
Le 20 août. — La cicatrisation est complète, on fait chaque jour une séance d'électrisation de 19 minutes.
Au commencement de novembre, le malade à recouvré l’ex-
tension de la main et des doigts; l’abduction du pouce manque
encore.
On annexe les courants continus aux courants interrompus.
Une amélioration rapide s’est produite.
: ÔBSERVATION XII
(Thèse de Lablancherie, 1880).
Fracture du quart inférieur de l’humérus droit. Enclavement du radial.
Le nommé Ferdinand B..., âgé de 37 ans, maçon, entre le 27 septembre 1879, salle Saint-Michel, lit n° 17, service le M. Delens, hôpital Tenon.
Le 27 septembre, en travaillant à un plafond, il to.1ba sur
l’'échafaudage,
Re re
Son bras droit frappa contre une rampe d'escalier ; l’'humérus se fractura au 1/4 inférieur. |
Le malade étant apporté sur le champ à l'hôpital, on constata tous les signes d’une fracture simple. Le malade fut installé le jour même dans une gouttière plâtrée. L'immobilisation fut maintenue pendant cinq semaines environ sans qu'il survint rien de remarquable.
L'appareil fut enlevé le 6 novembre. $
Le cal est solide à cependant le malade ne peut mouvoir le membre. Mouvements forcés pendant plusieurs jours. L'impuissance du membre persistant, c’est alors que l'on s'aperçoit de l’existence d'üne paralysie rad'ale. 2
Le malade-peut élendre l’avant-bras sur le bras, mais il ne peut relever Ja main et les doigts.
La mobilité estaholie dans les muscles extenseurs des doigts, les radiaux, le long supinateur et le court supinateur. Elle est conservée pour le triceps brachial.
La main reste dans la demi-flexion, légèrement inclinée sur le bord culilal. Il y à peu de troubles de la sensibilité.
Le malade sent faiblement les piqûres d’une épingle sur toute la face dorsale de l’avant-bras.
Du côté des doigts, il semble qu'il y ait également une légère diminution de la sensibilité dans la moitié externe correspondant à la distribution du radial ; mais cette différence est moins marquée que pour la face dorsale de l’avant-bras.
Tout le membre supérieur du côté droit présente une atrophie notable en comparaison du côté opposé. Le cal est arrondi, régulier et ne présente pas une saillie considérable; il n'est pas douloureux.
Aucun trouble du côté des nerfs.
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Lorsqu'on électrise directement les muscles de la région dor- Sale de l’avant-bras, on ne provoque pas de contraction. L'électrisation sur le trajet du nerf au-dessus de la gouttière de torsion provoque une douleur quise manifeste par une réaction très vive; mais on ne remarque aucune contraction dans les muscles paralysés, et la main appliquée sur eux n’y percoit aucun mouvement.L'électrisation est continuée pendant 15 jours sans résultat. =
Diagnostic. — Enclavement du nerf radial dans le cal,
L'opération pour dégager le nerf est pratiquée le 2! novembre. Application du tube d'Esmarch à la racine du membre.
Le malade étant anesthésié par le chleroforme, M. Delens pratique une incision de 6 centimètres suivant le trajet du nerf radial. Re |
En écartant les deux lèvres de Ja plaie, on distingue sous la lèvre antérieure le tissu fibreux qui entoure le cal, et, après l'incision de quelques fibres musculaires, on voit à l'angle inférieur de la plaie le nerf radial, qui est reporté à 1 centimètre environ-en avant de son trajet normal. A l’angle supérieur, la recherche fut un peu plus difficile, e!-ce n’est qu'après une dissection minutieuse que M. Delens pul ie découvrir en incisant les insertions du premier radial et du long supinateur.
Le premier temps de l'opération fut de beaucoup le plus compliqué, à cause de la déviation qu'avait subie le nerf. Mais on ne pouvait le mettre à nu qu'aux deux angles de la plaie. Dans la partie intermédiaire, il disparaissait complètement sous le tissu fibreux épais qui entourait le col. Cependant des tractions exercées au-dessus et au-dessous n'amènent aucun déplacement du nerf. Les mouvements imprimés à l'une des parties libres
ne se transmettent pas à l’autre.