INTRODUCTION
Sur les conseils de notre maître, le Docteur L. Babonneix, nous avons repris l'étude des paralysies oculaires isolées chez l’enfant, dont il avait déjà publié avec le Docteur A. Miget un certain nombre de cas (gazette des hôpitaux du 3 mai 1933).
Nous n’avons d’autre ambition dans ce modeste travail que de grouper les cas que nous avons pu réunir afin d’en tirer quelques conclusions pratiques permettant de mieux discerner leur origine infectieuse et de faciliter leur interprétation.
HISTORIQUE ET GENERALITES
Le cadre des paralysies oculaires tend évidemment à se réduire avec les progrès de la science; la pratique des recherches sérologiques et bactériologiques ont notamment permis de conclure désormais dans nombre de cas qui seraient autrefois demeurés obscurs.
C’est ainsi que dans une statistique que Sauvinean déclare avoir étudiée pour wxeulafoy vers 1880, sur 196 cas de paralysies oculaires, il s’est trouvé 34 cas de paralysies essentielles dont l’étiologie n’a -pû être déterminée, soit un peu plus de 17 %. y
Cette proportion nous paraît aujourd’hui singulièrement élevée; cependant ce n’est en effet que plus tard que l’attention s’est trouvée attirée sur la fréquence relative des complications nerveuses des maladies infectieuses, et en particulier des fièvres éruptives.
Le professeur Marfan en 1893 pour la varicelle,
Baas et Mandonnet quelques années auparavant pour les oreillons,
Keller pour la rougeole,
Zadeschi et Wichmann, après Medin, pour la poliomyélite antérieure aiguë,
Hybord et Hutchinson pour le zona ophtalmique, ont successivement signalé et analysé des cas de paralysie oculaire localisée à un seul nerf moteur de
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l'œil, ou à une seule branche de la III: paire, survcnant dans la convalescence des maladies infectieuses.
La découverte plus récente de l’encéphalite épidémique est encore venue, dans un petit nombre de cas d'ailleurs, réduire le cadre des paralysies oculaires essentielles.
De nos jours plusieurs auteurs ont repris l’étude de ces complications nerveuses, citons :
Wilson pour la rougeole;
Hutinel et Weissembach pour les oreillons;
Wilson et Ford pour la variole.
Et les paralysies oculaires infectieuses ont fait l’objet de travaux de J. de Gonzalès et du 50° Congrès de la Société Ophtalmologique britannique en avril
Actuellement, si l’on connaît bien les complications nerveuses des diverses maladies infectieuses, il n’en reste pas moins que certaines de ces paralysies, localisées à un seul tronc nerveux, semblent survenir parfois brusquement sans étiologie précise au cours d’une santé en apparence excellente.
Ce sont ces faits dus :
— soit à la discrétion de la maladie causale,
— soit à la discrétion de la paralysie qui ne la fait découvrir que longtemps après son début,
que nous voulons surtout étudier ici.
Etudiant d’abord leur allure clinique générale et les principes qui permettent de soupçonner leur étiologie et leurs pronostic, nous décrirons à lappui quelques observations que nous essaierons d’interpréter.