‹ Parga; ou, Le brulot, mélodrame en trois actes, a spectacleChapitre 10 sur 42 · SCENE Xi · texte numérisé non relu

SCENE Xi

THtLSlïOR, MOHAMED, Sunc

THELSITOR , sans apercevoir Molinmed.

Un étranger me ravirait celle que j'aime? MOHAMED , à part.

Que vois-je I Tbelsitor? ( à sa suite. ) Retirez- vous, et allez nx'attcndre près du palais du sénat. ( allant vers Thclsitor. )Chcr Thelsitor !

THELSITOR.

Je ne me trompe point, c'est Mohamed ! Quel hasard t'amène

sur nos bords ?

MOHAMED

Les événcmens de la guerre, et de vastes entreprises m'ont mis en relation avec le Pac.'ia. J'ai su gagner sa confiance... enfin tu vois en moi son favori, son confident et son envoyé pi'ès de vous, pour veiller à l'exécution du traité qui vous range sous sa domination.

THELSITOR.

Qu'oses-tu dire? en ce moment le vertueux Céphalli plaide notre cause , ses soins ne seront point pei'dus.

i>^HAMED.

Ami, tu t'abuses; le sort de Parga est irrévocablement fixé. Par suite des grands événemens politiques , survenus en Europe ; l'empire Ottoman vous comptp au nombre de ses sujets. ( maii- •.'(imentde Thelsitor. ) Eu changeant encore une lois de maîtres , les habitaus de Parga seront-ils moins heureux?

THELSITOR.

De maîtres?... ils n'eurent jamais que des piotecteurs! MOHAMED.

\ Maintenir vos privilèges et respecter vo.'re culte, protéger \l'mdustrie et le commerce, encourager les sciences et les arts, telles sont les intentions de mon maître.

THELSITOR.

^ Telles furent ses promesses aux malheureux Chrétiens xly Pré- ^^sa , et sur toutes les côtes de l'Adriatique j et cependant d'iorribles massacres leur annoncèrent sa présence.

( On entend une marche dans le lmntai.ii.

MOHAMED, éco«lai,t.

Eh! quoi, des chants d'all»gresse. {jetant les yeux autour de lui. ) Des préparatifs de fête !...

THELSITOR.

A pareil jour nos pères sauvèrent l'Ëlat ! comme aujourd'hui les Turcs nous menaçaient : ils voulaient nous donner des fers, ils trouvèrent la mort sous les murs de Parga^ chaque année nous célébrons cette mémorable victoire,

MOHAMED

Vous la célébrerez pour la dernière fois,

THELSITOR.

Désabuse-toi, la cause du malheur a été écoutée. MOHAMED.

Thelsitor, ne sacrifie point ton bonheur, ton avenir à de vaines espérances... je te le répète , le sort de Parga est décidé... Adieu, je vais attendie le retour de Céphalli. ( // s'éloigne ap/xs avoir serré la main à T/ielsitor , celui-ci fait quel-

qucs pas pour le reconduire ; plusieurs officiers sortent du palais du

Primai , portant des drapeaux et des trophées dont ils décorent robe'

lisque, )

Page 1