‹ Paris à chevalChapitre 44 sur 98 · HA · texte numérisé non relu

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Les progrès des biens de la terre ont expulsé de province tous les châte- Jains amateurs de laisser-courre, et aucun des Parisiens invétérés n’est encore allé chercher aux eaux ou aux bains de mer la réparation des maux recueillis pendant l'hiver. Il en résulte que l'effectif élégant se trouve au complet, et que les allées du Bois deviennent trop étroites pour livrer passage aux cavaliers de tout âge, de tout sexe et de toute condition qui s’y amoncellent

chaque matin.

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La promenade n’y est plus possible qu’à la condition d'y être pratiquée aux allures les plus lentes et d’affecter une gravité processionnelle; mais elle gagne en tant que spectacie tout ce qu’elle perd en tant qu’exercice

apéritif et sanitaire.

L’officier de semaine est seul assez malinal pour trouver au Bois un asile solitaire, et pour avoir

terminé sa promenade à l'heure où le flot se

précipite.

Il apparait aux pre-

miers rayons du jour, et rejoint avenue du Bois de Boulogne, après avoir traversé l’hippodrome d'Auteuil au moment précis où les premiers promeneurs laïques atteignent l'allée des Poteaux, ainsi nommée parce que, à une époque déjà reculée, des morceaux de bois porteurs de pancartes indicatrices servaient à remettre dans le vrai chemin le promeneur égaré, el désignée plus récemment sous le nom d’allée des Potins, par celte excellente raison que c’est sous ces ombrages que se répandent et s’ébruitent chaque matin les scandales de la veille et les nouvelles de la dernière nuit.

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