‹ Paris à chevalChapitre 58 sur 98 · Z: VU F ; NUIT · texte numérisé non relu

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Pourquoi, sur dix gommeux véritablement jeunes, en comptet-on régulièrement quatre envahis par une obésité invraisemblable? On l'ignore jusqu’à présent; mais il doit cependant y avoir une raison,

Très-inquiète au sujet de la façon dont elle réglera avec le cocher qui la conduit.

« Qui n'a pas l'esprit de son äge a tout le malheur! » À compris toute la vérité de cel adage, et met l'expérience

de son âge mür à la disposition de la jeunesse qui débute.

Au Bois l'après-midi, — Au persil du tour du Lac.

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à la queue leu leu faire admirer la noblesse de leur attitude, et tous les étourneaux nantis de conseils judiciaires y font voir de quelle gravité ils sont capables. Tous ont l’air d’avoir à cœur de montrer de quel ennui on peut être affligé quand on n’a pas d’aulre occupation que la recherche du plaisir, et quelle mélancolie engendre la libre satisfaction de toutes les fantaisies. — Les saluts qui s’échangent de voiture à voiture consistent en un hochement de tête, un signe quelconque de la main, voire une inclinaison du fouet ; mais il semble que les chapeaux masculins soient indissolublement fixés aux têtes qui les supportent.

Salut de gommeux à gommeux.

Cette mode de saluer sans saluer, d’être poli sans l’être, pratiquée par les

HE petits jeunes, est insupportable \ aux survivants de la généra-

AA ar ù tion précédente, qui avaient le

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tort de croire que le chic et la politesse pouvaient marcher de compagnie. Il parait qu'ils se trompaient, et qu'il n’y a rien de plus perruque, de plus = vieux jeu, que d'aborder une (AS femme le chapeau à la main, en No ou de saluer pour de bon un EU « homme plus âgé qu’on ne NU SS, lest soi-même. — On inter-

Salut de gommeux à gommeuse.

pelle tout haut la femme, en

ayant soin de faire sonner son tilre si elle en a un; mais on l’aborde la tête 4 er APR a

couverte, comme s’il s'agissait de serrer la main à un vieux camarade. Quant

aux hommes plus âgés qu’on rencontre, on se contente de leur faire de la main un petit signe de connaissance aussi ridicule que disgracieux. — Gavarni nous à dépeint les enfants terribles; quand Grévin nous donnera-t-il la série des gamins grotesques, aspirants gommeux, gandins embryonnaires qui encombrent les endroits publics de leurs personnes étiolées, et désolent le regard du spectacle de leur croissance arrêtée par des excès anticipés?

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Société anonyme à capital limité, à l'effet d'obtenir un luxe modeste, mais collectif.

Mais laissons ces avortons oulrecuidants promener leur chic économique dans des victorias désarticulées louées à trois pour la demi-journée, et chercher à frapper d’admiration par leurs vestons étriqués et leur luxe par association les quelques vieilles dames qui s’obstinent à croire que la galanterie française disparaitrait, si elles prenaient la retraite à laquelle la quantité et la durée de leurs services leur ont donné tant de droits; au surplus, le spectacle des misérables locatis qui voiturent la plupart d’entre eux n’a rien d’attrayant, et gagnons par les voies directes l'avenue des Acacias. Aussi bien est-ce là que nous avons la chance de rencontrer ce que Paris renferme

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encore d'équipages bien attelés, de voitures de haut style, et de beaux chevaux d’aftelage.

Autrefois, le tour du Lac avait le monopole de retenir la foule à l'heure du persil, et les grandes demi-mondaines, celles dont on cite les attelages et les livrées, étaient seules à se risquer dans le milieu aristocratique qui se réunissait là. — Depuis, la prospérité publique allant croissant, et le nombre des fortunes moyennes augmentant chaque jour, on a dû renoncer à savoir le chiffre des gens ayant leur voiture : celui des belles petites désireuses de participer à cette promenade quotidienne a tout naturellement suivi la même proportion; et il en est résulté un encombrement tel, et en même temps un

tel envahissement de l’élément irrégulier, que la place n’a plus été tenable pour les gens sérieux.

Ceux-ci ont alors cherché un autre endroit du Bois où ils fussent moins méêlés au monde interlope, et où ils pussent au besoin conduire leurs filles, sans être exposés à rouler bord à bord pendant une heure avec une demoiselle Catincka quelconque. L’avenue des Acacias, la plus longue, la plus large etla plus ombragée de toutes les allées du Bois, réunissait toutes les conditions désirables. On l’adopta d'enthousiasme, et à l'heure qu'il est, elle sert de refuge régulier aux personnages sérieux altérés de grand air, mais peu soucieux de le partager avec les étoiles de vingt-cinquième ordre de théâtres de la dernière catégorie.

Est-ce à dire que les femmes qui suivent la longue avenue, mollement

bercées dans leurs calèches à huit ressorts, n’y soient admises que sur présentation de leur contrat de mariage, et qu’on les en exclue si cette pièce notariée se trouve par aventure le moins du monde contaminée? Non certes, y vient el s'y promène qui veut. Mais la loi naturelle qui fait que les individus de même espèce se groupent et vivent en société, s’est appliquée tout nalurellement dans cette circonstance. — Le triage s’est opéré de lui-même, et les uns ont continué d’aller à gauche, tandis que les autres se sont instinctivement dirigés à droite, et l’ancienne réunion s’est trouvée reconstituée dans un autre lieu de rendez-vous, après avoir abandonné l’ancien aux nouvelles couches.

C’est à l'avenue des Acacias qu’on voit les vraies voitures de femmes. — En tête de cette série, il convient de placer la calèche à huit ressorts, qui reste ce qu’on a trouvé de mieux pour la promenade de l'après-midi. — Son grand tort, au point de vue économique, est qu'elle exige, en dehors d’une paire de grands chevaux très-brillants d'action, un personnel trié sur le volet : cocher émérite et valet de pied sachant porter la livrée. —

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