‹ Paris à chevalChapitre 61 sur 98 · LU · texte numérisé non relu

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À tout moment les deux partis sc trouvent confondus, les coups de maillet tombent dru comme grêle, et, bien que tous soient uniformément destinés à la boule, qu’il s’agit de ramener dans son camp, plusieurs se trompent de destination. Aussi n'est-il pas rare de voir l’un des concurrents s’éloigner du théâtre de la lutte le nez enveloppé de son mouchoir. Les horions qu’on est exposé à recevoir constituent le grand attrait du polo, aussi bien que les

chances de culbutes doublent l'intérêt des steeple-chases.

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-En dehors des joueurs de polo, qui ne font guère que traverser le Bois en allant et en revenant du Cercle des patineurs, les cavaliers sont peu nombreux pendant l'après-midi. Il en est cependant quelques-uns auxquels la promenade du matin ne suffit pas, et qui remontent à cheval avant leur diner. Mais ils sont rares. Outre que peu de gens ont une cavalerie assez considérable pour ce double service, l’exercice pris le matin paraît suffisant à beaucoup.

En dehors de ces rares récidivistes, la plupart des cavaliers du soir forment

une’ catégorie spéciale; beaucoup plus amateurs de jolies femmes que d'équitation, ils viennent autant pour voir que pour se montrer, et sont sûrs, grâce à leur petit nombre, de ne pouvoir passer inapereus.

Si la fantaisie la plus complète préside au choix des costumes adoptés par les cavaliers du matin, le cavalier du soir est obligé à une correction absolue; plus de petits chapeaux, plus de vestons, plus de houseaux. — La redingote classique, le chapeau haute forme, et le pantalon foncé retombant sur la botte vernie, telle est la tenue de rigueur, au moins pour l'avenue des Aca-

cias; on est un peu plus tolérant au bord du lac, où lapparition d’un veston ne fait pas événement.

Tel est l’aspect quotidien du persil grave et du persil badin.

À certains jours, de nouveaux éléments s’y joignent périodiquement.

Le jeudi, ce sont les promenades en masse des élèves des manéges qui font irruption sur les bas côtés réservés aux cavaliers.

Le samedi, ce sont les noces, dont les étranges cortéges encombrent les chaussées de leurs interminables files de landaus remontant aux époques antédiluviennes de la carrosserie, et de chevaux apocalyptiques.

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