‹ Paris à chevalChapitre 63 sur 98 · FES · texte numérisé non relu

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rable spectacle dont je ne conteste pas l'intérêt, mais qui ne saurait donner à ceux qui le contemplent une idée vraiment juste de la facon dont attellent nos principaux millionnaires.

Le DURAND & Ci

Pendant l'hiver, il arrive quelquefois que la tempéraiure s’abaisse suffisamment pour permettre aux Parisiens de s’adonner aux douceurs du traînage.

Ce fait exceptionnel se produit rarement, mais enfin il se produit.

Le Bois prend alors, à quelques loups près, toutes les apparences d’une petite succursale de la Russie. Même froid, même épaisseur de neige, même quantité de nez en détresse, même genre d’attelages. Outre que le traineau a l’avantage d’être la seule voiture capable d'avancer sur une couche de neige gelée, il a pour lui de permettre toutes les fantaisies possibles. Orgie de couleurs, insanité complète d’ornements qui, au soleil et se détachant sur

la verdure, feraient l'effet d’une toilette d’Anglaise retour des Indes, et qui, sur le fond uniforme et monotone d’un paysage d'hiver, se contentent de

trancher gaiement sur le noir des arbres et sur le blane du sol.

On peut alors se permettre tous les ornements qui, en temps ordinaire, donnent infailliblement à un attelage l'aspect d’un équipage de charlatan : plumes à l'oreille des chevaux, grelots, harnais en cuirs de couleur, plaques

de métal, rubans, crinières et queues à l’évent.

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L’allure rapide que doit garder un traineau donne à son propriétaire le droit d’apparaître comme un personnage de féerie au milieu d’une apothéose. En marchant à ce train, on ne se montre pas, on se laisse voir, et ceux qui vous regardent passer n’ont pas le temps de critiquer par le menu les orne-

ments dont il vous a plu d’agrémenter votre équipage.

s PARIS À CHEVAL. 287

Dans ces conditions, plus le traîneau est invraisemblable, plus il est classique. Cygnes, taureaux, chevaux, licornes, animaux de toutes sortes et absolument invraisemblables, peints, dorés, argentés, bronzés.

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