‹ Paris à chevalChapitre 66 sur 98 · CHAPITRE III — Au Bors LE soir · texte numérisé non relu

CHAPITRE III — Au Bors LE soir

Jours caniculaires, — Tout le long, le long de la rivière. — De l'utilité des limonadiers. — Ombres chinoises et jugements téméraires.

Sans la canicule, ilserait difficile d'expliquer non-seulement l’existence, mais la prospérité des nombreux établissements disséminés aux quatre coins du Bois. Nous avons en effet constaté la sobriété des cavaliers du malin, que rien n’égale, si ce n’est celle des promeneurs de Paprès-midi.

Si le restaurant chinois, le chalet des lacs, le pavillon d’Armenonville,

Madrid, la cascade et les autres limonadiers du Bois n'avaient pas d’autre clientèle, on chercherait en vain le but poursuivi par les commerçants qui ont aflermé ces différents établissements, et l’on ne pourrait découvrir d'autre motif à leur entreprise qu’un ardent amour de la solitude.

Il n’en est rien cependant.

Aucun restaurateur ne pousse l'horreur des consommateurs jusqu’à les éviter systématiquement, et le plus malintentionné à leur égard se contente de les écorcher quand ils lui tombent sous la.main. Leur animosité ne va pas plus loin.

Pendant les soirées d’été, tout ce qui dans Paris dispose des sommes ?

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nécessaires pour fréler un fiacre se fait transporter au Bois. Quand on a passé une journée entière à fouler l’asphalte en liquéfaction de nos boulevards, qu’on a emmagasiné dans ses poumons une certaine quantité de macadam pulvérisé, on a soif d'espace, d’air et de boissons glacées. On commence alors à comprendre combien peuvent être utiles les divers établissements installés au milieu des arbres, aux abords des lacs ou des cascades. On trouve ingénieuse l’idée qu’ont eue leurs fondateurs, et l’on pense qu'il est de l'intérêt général d'encourager une industrie qui, en permettant aux Parisiens des jours caniculaires de se désaltérer en plein air, les préserve de l’hydrophobie.

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Malheureusement, l’affluence des gens altérés de fraicheur est telle que la foule qu’on fuyait en quittant le centre de Paris se trouve reformée aussi compacte aux points les plus extrêmes du bois de Boulogne, de telle sorte que les consommateurs parvenus, par exemple, au restaurant de la cascade, se trouvent aussi complétement empilés que s’ils s'étaient assis au centre de la cité. Ils ont pour eux de savoir qu’ils sont à la campagne, et que la petite portion d'air qu’ils respirent n’a encore eu aucun contact avec la capitale. Ils prennent le frais à doses homæopathiques, mais se consolent du peu de quantité par la certitude de la qualité.

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