‹ Paris à chevalChapitre 89 sur 98 · TAN ER · texte numérisé non relu

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lui par une rapide contraction, et, d’un seul effort des jarrets, se redresser immédiatement, puis, sans s'inquiéter des souillures de ses vêtements, il passera l’inspection de son cheval, constatera s’il n’a reçu aucune afteinte, vérifiera les sangles, et se disposera à remonter en selle.

Si sa redingote est maculée, une âme compatissante ne manquera pas alors d'enlever du parement de son habit la boue ou la poussière, et le cavalier, rapproprié presque malgré lui, en sera quitte pour un remerciment.

Il est essentiel qu'il

ne cherche pas à ré- 4 î EN v M

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parer lui-même le dés- ps \/ NAS, Ù

ordre de sa toilette; NN N'ES EN NN

il ferait croire à l’as-

sistance qu'il à Phabitude de s'habiller | sans aide, et personne }S NE RE

n’achèverait la besogne qu’il aurait commencée.

Dans aucun cas le chapeau d’un véritable cavalier ne doit tomber. Il faut que la coiffure d’un homme qui monte habituellement à cheval soit inébranlable. Les coiffes séparées du corps du chapeau sont celles qui offrent le plus d'adhérence à la tête. C’est d’ailleurs affaire d'outillage, et il n’est pas à Paris un chapelier consciencieux qui ne sache qu’un chapeau de ville et un chapeau de cheval sont deux meubles essentiellement différents.

La solidité de la coiffure est d’une importance indiscutable, car les chapeaux ne tombent guère que dans les circonstances où le cavalier lui-même est en danger de chute, et ce premier accident n’a pas seulement l’inconvépient de le couvrir de ridicule (un monsieur qui galope nu-tlêle a de tout temps constitué un spectacle des plus plaisants; Carle Vernet lui-même en à

été frappé) ; il a encore celte conséquence grave de laisser nu un crâne exposé à se trouver, d’un moment à l’autre, en contact avec Le pavé. Or, il n’existe pas de meilleure défense en pareil cas que le chapeau haut de forme. Le volume considérable d’air qu’il renferme offre plus de résistance que la cape la plus solide, et si tous les cavaliers qui doivent la vie au tuyau de poêle, lant et si injustement calomnié, inscrivaient leurs noms à la suite les uns des autres, la liste en couvrirait certainement le méridien.

On doit donc, quand on tombe sur la tête, conserver son chapeau — c’est un point de la plus haute gravité.

Si on a la mauvaise habilude, inaugurée à lort, selon moi, de remplacer le matin le chapeau grand modèle par une coiffure de fantaisie, s'abstenir rigoureusement de tout exercice qui pourrait entraîner un panache complet — saut de mur ou de barrière fixe — ces deux obstacles ne peuvent être raisonnablement abordés que si l’on a le chef sérieusement garanti, et je le répète, les seuls préservatifs sérieux sont le chapeau haut de forme et la cape de chasse. Tous les aulres couvre-chef n’offrent aucune résistance, et

ne préservent d'aucun choc

de quelque sévérité.

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Les mêmes raisons qui interdisent de nommer dans la conversation cerlaines parties du corps, ne permettent pas à un cavaliér d’une véritable édu-

cation de tomber sur certains organes. Toute chute doit pouvoir être racontée partout. C’est un axiome qu’on a le tort de ne pas avoir toujours présent à l'esprit, et j'ai vu de mes yeux des gens dont la mise aurait fait présumer plus de décence, tomber, même en compagnie, dans des positions impardonnables, et cela sans paraitre se rendre compte de l’inconvenance dont ils s'étaient rendus coupables.

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Certaines personnes, une fois désarconnées, semblent prendre plaisir à rester étalées dans la poussière ou dans la boue. C’est un tort grave. S'il est permis de faire une

chute, rien n’est plus 7:

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Un cavalier tombé ne doit pas rester au milieu d’une voie étalé comme un nourrisson qui attend l’arrivée de sa bonne; c’est une attitude humiliante, et, d’ailleurs, cela entrave la circulation.

J'ai dit que tout cavalier en détresse doit tout d’abord déchausser l’étrier. Quand le cheval tombe, la chute est quelquefois si prompte que cette précaution ne peut être prise et que le pied y reste engagé. Si le cheval ne reprend pas sa course, le mal n’est pas grand ; mais la plupart du temps les choses se passent autrement : l’animal, à peine relevé, repart d’une allure vive.

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Le cavalier doit alors, et c’est sa seule chance de salut, saisir à deux mains les ailes de son chapeau et le maintenir de toutes ses forces; la rigidité des bords garantira sa tête, et la contraction des bras, en recouvrant foule la partie supérieure du buste, ne laissera en contact immédiat avec les aspérités du chemin que les reins et les jambes.

Le cavalier pourra avoir une jambe brisée, mais il évitera d’avoir la tête fracassée, ce qui vaut la peine qu'on prenne en considération notre

conseil.

Jai vu un sportsman, . dont le nom comme steeple- | chaser est bien connu, désarconné après le passage d’un obstacle, resté

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le pied pris dans l'étrier qui, faussé par le poids du cheval, formait élau, se

dégager en piquant l’éperon droit dans la cuisse de sa jument. Un pareil moyen n’est pas à la portée de tout le monde; outre le grand sang-froid qu'il dénote, il faut avoir à sa disposition une vigueur de reins et une longueur de jambes qui sont le monopole de quelques-uns, « au nombre desquels on le range », heureusement pour lui.

Si, pour rentrer chez vous, vous devez parcourir des rues pavées, évitez de tourner au trot pour peu que l’atmosphère soit chargée de la moindre humidité. Les petits pavés d'invention nouvelle, aussitôt mouillés, sont aussi glissants que le miroir le plus uni, et la chute qui coûte à l’armée chaque année sept ou huit estafettes est tellement prompte que peu d’accidents ont des suites plus sérieuses.

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Le cheval manque de partout à la fois, et tombe avec une violence telle qu'il est rare que la jambe du cavalier ne se trouve pas engagée sous le corps de sa monture. En outre, la tête, qui se trouve au point le plus élevé de l’arc du cercle décrit dans la chute, arrive sur le sol avec une force décuplée par la distance, et si rien ne vient amortir le choc, on a toutes chances d’avoir le crâne ouvert. C’est en pareille circonstance qu’on connaît l'utilité des bords rigides du chapeau noir, qui rompent, mais ne plient pas.

Le seul mouvement préservatif à conseiller est d'étendre le bras du côté où se fait la chute. On garantit la tête; il est vrai qu’on peut avoir le poignet broyé. C’est à l'intéressé à examiner s’il tient plus à ce dernier membre qu’à son cerveau. Il a, pour décider la question, un moment qui varie d’une demi-

seconde à une seconde entière; mais ce temps suffit largement, car toutes les fois qu'on court un danger semblable, le raisonnement prend une activité incroyable, et souvent on conçoit en un clin d’œil une série d’hypothèses qui demanderaient, pour être formulées, un travail de plusieurs heures. Les plaques de fonte qui

recouvrent les ouvertures LHC d’égouts constituent un autre | genre de piéges tendus par nos édiles à leurs administrés qui s’adonnent à l'équitation.

Beaucoup de chevaux s’en

effrayent et refusent d’ap-

procher.

C’est qu'ils y ont été déjà

pris, et qu'ils savent com-

bien deviennent glissantes 8 )

par les temps secs, ces plaques de métal polies par le continuel passage des

roues.

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Si le fer du pied qui y cherche un appui est lui-même un peu usé, la jambe glisse, et le cheval s’abat. Ce qui résulte de toute chute faite au centre

de Paris est le produit de tant de circonstances fortuites, qu’on n’en peut

déterminer la gravité. Si les dieux sont pour vous, il se peut que vous en soyez quitte à bon marché; mais pour peu que vous soyez en froid avec eux,

l’impulsion reçue vous envoie sous les roues d’un omnibus ou la tête sur l’angle d’un trottoir, et, dès lors, votre sort est dans les mains du hasard seul, dont les facéties sont volontiers cruelles.

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Quand un gentleman est lancé par sa monture dans l’intérieur d’une voiture, il doit, si le véhicule est occupé, s’excuser en termes polis; si, au contraire , le hasard l’a fait pénétrer dans une voiture de louage déserte, il peut

en profiter pour se faire reconduire chez lui. S'il préfère reprendre sa promenade, il doit la moitié du prix de la course au cocher qu’il a inutilement dérangé. (Voir les tarifs.)

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Un cavalier ainsi introduit dans la victoria d’une veuve, peut, s’il a quelque présence d'esprit, tirer un excellent parti de sa situation. On affirme que M. de Z... n'a pas été présenté autrement à madame de P... Ce qui est cerfain, c’est que leur fils aîné a aujourd’hui dix-huit ans.

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