FAÇADE DE L'ÉCOLE MILITAIRE
coupole le recouvre, par laquelle la lumière pénètre à travers un vitrail qui lui donne des tons très doux et fort agréables à l'œil. Sur les retombées de cette coupole se voient de grandes compositions picturales dues à MM. Flameng, Gormon, Rochegrosse et Maignan.
Une description détaillée de l'Exposition universelle de 1900 ne saurait entrer dans notre cadre, mais il est impossible de ne pas dire quelques mots de ses origines, de sa conception et des merveilleuses manifestations du génie humain que la dernière année du xix« siècle aura vu s'y accomplir dans leur radieux épanouissement; c'est, pour le livre d'or de Paris, une des plus belles pages, et elle vient ici bien à sa place, dans les annales du VII« arrondissement, qui a fourni à l'œuvre une si large part de son territoire.
Un décret du 13 juillet 1892 décida qu'au printemps de 1900 Paris ouvrirait, pour la cinquième fois dans le cours du siècle, ses portes aux travailleurs du monde entier. Dans le rapport motivant ce décret, le ministre du Commerce s'exprimait ainsi : « Le sentiment qui se dessina aux derniers jours de 1889 a pris corps, il s'affirme, pressant et irrésistible; il demande que l'intervalle qui, depuis quarante ans, a séparé nos Expositions universelles de 1855, 1867, 1878, 1889 ne soit pas dépassé. Le gouvernement ne pouvait manquer de s'associer à ce
vœu unanime, conforme à la tradition constamment suivie; il n'a pas cessé de se préoccuper des dispositions préliminaires à prendre, et il croit le moment venu de sortir de la période purement préparatoire pour entrer dans celle de l'exécution... Les progrès réalisés, ceux qui s'achèvent sous nos yeux permettent d'entrevoir un spectacle dépassant encore par sa splendeur celui qu'il nous a été donné d'admirer. Quelle qu'ait été la magnificence des Expositions précédentes, elles sont inévitablement éclipsées par les Expositions nouvelles, qui jalonnent la voie ouverte à l'humanité et résument ses conquêtes successives. Je n'ai pas besoin d'insister sur l'intérêt que peut présenter une Exposition universelle à cette date. Malgré l'habileté et la science avec lesquelles elles ont été organisées, les revues rétrospectives de 1889 laissent un large champ aux études du même genre que l'on voudrait reprendre en 1900. L'Exposition de 1900 constituera la synthèse, déterminera la philosophie du xix^ siècle.
Un décret du 9 septembre 1893 institua commissaire général M. Alfred Picard, inspecteur général des ponts et chaussées, qui avait été déjà rapporteur général de l'Exposition précédente. Les différentes sections reçurent pour directeurs les hommes les plus qualifiés : directions des finances, des beaux-arts, de l'agriculture, des colonies, de l'exploi-