‹ Paris--atlasChapitre 256 sur 339 · LE LYCÉE CARNOT · texte numérisé non relu

LE LYCÉE CARNOT

offre des loyers de 200 francs à l'une de ses extrémités et de 4,000 à l'autre. Il en est de même pour la rue Legendre : faubourienne du côté de Batignolles, elle devient somptueuse après avoir croisé la rue de Lévis. On y voit l'hôtel de la Nonciature; on y admirait encore en 1894 le charmant hôtel que Meissonier s'était construit au coin du boulevard Màlesherbes, et où il mourut, le 31 janvier 1891.

Le point de croisement du boulevard Màlesherbes et de l'avenue de Villiers constitue l'un des plus charmants carrefours de Paris, la place Màlesherbes. Entourée d'hôtels de styles variés, dont le plus fastueux est l'hôtel Gaillard qui rappelle un peu la façade Louis XII dû château de Blois, elle possède la statue d'Alexandre Dumas père, la dernière et très belle œuvre de Gustave Doré, inaugurée le 3 novembre 1883. Elle attend encore un autre monument que la France lettrée ne tardera pas à élever à l'auteur de La Dame aux Camélias et de U Etrangère. Il ne sera que juste de placer le fils en face du père, d'autant plus juste qu'Alexandre Dumas avait pour ce quartier une affection fidèle; il occupa longtemps l'hôtel qui porte le n° 98 de l'avenue de Villiers, puis se choisit un logis moins vaste, rue Ampère, n» 11 : Marly l'attirait, et c'est là que la mort vint le frapper.

Dans une de ses comédies, VAmi des femmes, Dumas a fait jouer à son cher quartier un rôle d'utilité. Au quatrième acte, M. de Montègre, qui a eu le mauvais goût de suivre M^e de Simerose, en fait la confidence à Miïie Laverdet : « Elle a pris le chemin de fer. J'ai monté dans un autre compartiment qu'elle. Arrivée à Paris, elle a pris une voiture de place et s'est fait conduire à l'avenue de Wagram. M^^ Laverdet. — Dans les nouveaux quartiers?

De Montègre. — Oui. Elle s'est fait arrêter devant un hôtel portant le no 67... » Et il ajoute que, renseignements pris, <( cette dame n'avait fait que traverser la cour et elle était sortie par l'autre porte donnant sur la rue des Dames... » Notez que cette rue des Dames est la rue Poncelet d'aujourd'hui, et que UAmi des femmes date de 1864; d'où l'exclamation de M^^ Laverdet :

((Dans les nouveaux quartiers? )>

Il ne nous appartient pas d'énumérer les maîtres écrivains, peintres, sculpteurs qui ont fixé leurs pénates dans la Plaine-Monceau : c'est l'affaire du Tout-Paris. Certaines rues méritent une observation :

larwe de Montchanin, bordée de coquettes demeures, n'évoque guère l'idée du centre minier et usinier dont elle porte le nom. La rue du Printemps doit sa fondation à la société qui a créé le magasin de nouveautés du même nom ; V avenue des

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