LE MOULIN DE LA GALETTE, VU DE LA RUE LEPIC
tradition affirmait que là saint Denis ot sos compagnons avaionf reçu la mort.
Un poème du xiv« siècle, Fhreni Pt Ocfavien, le di^elare en co^î termes :
Seigneur, décolé fut le corps de
[saint Denis
Droit à une fontaine, si nous dit
[li escris,
Qui est entre Montmartre et le cit
[de Paris.
Encore Tappelle-t-on la fontaine
aux Martirs.
Là avoit un grand bois qui fu for-
[ment feuiilis.
Il n'y a plus, depuis bien longtemps, de grands bois, et cependant l'endroit en^^a gardé le charme étrange. Là était le cabaret des Assassins, là, encore le château des Brouillards, cher à Gérard de Nerval et à Monseiet.
Et n'est-ce pas un crime d'avoir, en 1867, débaptisé la rue des Brouillards pour lui donner le nom de Girardon?
Le cimetière Saint -Vincent, installé à mi-côte, surplombe ce paysage. Il doit son existence à une ordonnance royale du 4 mars 1830, obtenue grâce aux instances du maire de Montmartre , Jacques Bazin, qui y fu?t inhumé trois ans plus tard. Sur sa tombe, on en a rappelé le souvenir : « Fondateur de ce cimetière. »
Il faut monter, monter encore par la rue des Saules pour
atteindre le point culminant de la butte. La maison qui porte le n^ 22 de la rue Norvins (l'un des historiens de Napoléon P"^) attire l'attention par un certain air majestueux. On pourrait l'appeler sans calembour la Maison-Blanche, car c'est celle où, en 1821, le D^ Blanche fonda sa célèbre clinique pour le traitement des aliénés.
A deux pas de là s'élève un château d'eau. C'est le réservoir de la Fontaine du But, dont les habitants de la butte durent longtemps se contenter. Il porte l'inscription suivante : L'an mil huit cent trente-cinq, cette fontaine fut érigée par une société d'actionnaires en vertu d'une concession de 99 ans faite par le Conseil municipal , sanctionnée par ordonnance du 8 juin 1834. MM. Véron, maire ; Picard et Lécuyer, adjoints.
En suivant la rue Norvins , on atteint prompte ment la rue Girardon sur laquelle s'ouvre celle des Deux -Frères, qui en bonne justice n'aurait droit qu'au titre d'impasse. Ces deux frères se nommaient Debray et étaient meuniers de trois moulins dont la vénérable existence remonte à la fin du xin« siècle. Les moulins furent réunis sous la dénomination unique de Moulin
de la (; chante inunici