STATUE DU GRAND CONDE
Par Frémiet
(Château de Chantilly).
ment lorsqu'ils rentrèrent à Paris après l'exil que Louis XV leur avait infligé en 1720 d'abord, puis en 1753. Quoi qu'il en soit, elle est fâcheuse et injuste. Quiconque a été voir Pontoise en revient, au contraire, avec l'air heureux ou du moins satisfait d'avoir vu une ville fort intéressante.
Elle est située de très pittoresque façon sur le flanc du coteau qui domine la rive droite de l'Oise. Son nom s'explique tout naturellement par le fait qu'un pont jeté sur la rivière y existait dès l'époque celtique. Cette situation devait naturellement en faire un point stratégique d'autant plus important que là, de tout temps, a passé la route conduisant' vers Rouen et la haute Normandie. Gapitale d'un comté sous les Mérovingiens, chef-lieu du Vexin français vers la fin de la dynastie carolingienne, Pontoise, on le voit, a le droit de s'enorgueillir de son passé. Au xii^ siècle, Louis VI y fit construire un château fort, qui fut rasé par ordre du pouvoir en 1742; il n'en reste que quelques vestiges dont le style accuse le xvi« siècle.
Un escalier d'allure monumentale s'off're à la vue à l'extrémité de la longue place qui précède la gare. Il mène à la partie haute de la ville. A son extrémité supérieure a été érigée, en 1869, la statue du général Leclerc, né à Pontoise le 17 mars 1772, beau-frère de Napoléon P^ par son mariage avec Pauline Bonaparte, mort le 1^^ novembre 1802 à Saint-Domingue oii il avait été envoyé comme général en chef pour mettre fin à l'insurrection soulevée par Toussaint- Louverture. Cette statue est l'œuvre de Lemot.
L'église Saint-Maclou en est tout proche. Fondé vers 1150, ce beau monument ne conserve plus de cette époque que la galerie {déambulatorium) qui sépare le sanctuaire des chapelles absidales et ces chapelles elles-mêmes. C'était un procédé habituel aux architectes de la période de transition entre le roman et le gothique, de commencer la construction non par la façade, mais par l'extrémité opposée. Nous n'avons pas à le regretter ici, car cette partie de l'église Saint-Maclou est extrêmement intéressante, et par son âge vénérable et par la pureté de son style. Le reste date de la fin du xv' siècle et de la Renaissance; tout ne fut achevé que sous Henri III. C'est aussi de ce tempslà que date le beau tombeau du Christ, formant un groupe de huit personnages, qu'il faut aller admirer dans la chapelle de la Passion, remarquable aussi par ses vitraux. On signale encore à Saint-Maclou une Descente de Croix de Jean Jouvenet. En montant encore, on arrive à la sous-préfecture et au jardin public qui l'entoure. La sous-préfecture possède de remarquables tapisseries que les étrangers sont admis de très