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VUE DU CHATEAU DE RAMBOUILLET

dont quelques bâtiments, de plus en plus minés par le temps, ont subsisté. Le site est sauvage et pittoresque à souhait pour mettre en relief ces vestiges du passé. On n'y accède d'ailleurs qu'après avoir suivi des sentiers qui longent un ruisseau, le rû des Vaux-de-Gernay, courant et cascadant sur des rochers, côtoyant un coteau très boisé, le bois des Maréchaux, au sein duquel la Ville de Paris exploite sa plus féconde carrière de pavés de grès.

On revient de cet Éden par Gernayla-Ville, d'où une bonne route de voitures conduit à Boullay- les -Trous, station de la ligne de Limours.

Sans avoir été jamais à proprement parler un séjour royal, Rambouillet n'a pas porté bonheur aux souverains. François P"" y mourut en 1547; Henri III, menacé, pour ne pas dire plus, par son bon peuple de Paris, lors de la journée des Barricades, y arriva bride abattue, le soir même du 24 mai 1588 : « Il alla, dit l'Estoile, passer à Trappes, de là faire collation et coucher tout botté à Rambouillet, et le lendemain disner à Ghartres, où il fut bien reçu par les habitans, et y séjourna jusques au dernier jour de may. »

Le 29 mars 1814, à trois heures de l'après-midi, Rambouillet assistait à la fuite d'une autre dynastie : le roi de Rome, le pauvre « aiglon », emporté dans les bras de sa mère, Marie-Louise, y passait, quittant Paris, où les Alliés entraient, gagnant, peu après, les rives de la Loire, Blois, autre étape de l'exil suprême.

Enfin, le 30 juillet 1830, les carrosses de la cour — mais cette fois l'aigle impériale avait été remplacée par les fleurs de lis — amenèrent encore à Rambouillet un souverain déchu, Gharles X, conduisant aussi un enfant avec lui, le duc de Bordeaux, autre héritier présomptif d'une couronne qui ne devait jamais lui appartenir.

Ge château, témoin d'événements si dramatiques, s'il offre de l'intérêt par son histoire, en a très peu par lui-même. On peut le visiter en temps ordinaire, mais il est presque inutile d'y pénétrer. Des bâtiments anciens, seule est restée debout une grosse tour du XI v« siècle (c'est là que mourut François P^) encastrée dans des constructions des deux derniers siècles. En revanche, les jardins très vastes qui dépendent du domaine présentent les plus agréables promenades. Par certains côtés, ils rappellent ceux de Versailles et, comme à Trianon, l'on y retrouve le souvenir de Marie-Antoinette, sous forme d'une laiterie que Louis XVI avait fait édifier pour elle. Et il y a encore là un contraste quelque peu mélancolique à établir entre ces puériles mignardises, qui ont subsisté et ces trônes, qu'un coup de vent a jetés bas.

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