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VUE DE NOTRE-DAME, CATHÉDRALE DE PARIS

Phot. Neurdeiu.

encore en état. Charles V, qui fut un sage, habita le plus souvent son manoir de Saint-Paul, pour lequel il fit de grands frais: ménagerie, jardins, fontaines. Après lui, Charles YI y cacha sa triste folie: c'est, à Saint-Paul qu'eut lieu cette fameuse mascarade où plusieurs seigneurs brûlèrent tout vifs dans les étoupes dont était fait leur déguisement; là aussi que le roi lui-même mourut le 21 octobre 1422. Les rois qui suivirent fréquentèrent de moins en moins l'hôtel, dont François P^ consomma la ruine en le lotissant, comme on dirait aujourd'hui;' seuls, des noms de rues bien caractéristiques rappellent les esbatemens de Charles V : rue de la Cerisaie, rue des Lions; rue Beaulreillis. Qucmi k l'église Saint-Paul, le départ de ses royaux paroissiens ne l'empêcha pas.de gagner à chaque siècle en importance, et, à la veille de la Révolution, elle comptait parmi les principales de Paris; mais sa caducité était extrême et on préféra la démolir; nous avons vu qu'elle fut remplacée, comme paroisse, par Saint-Paul-Saint-Louis ; le passage Saint- Pierre a été fait avec une partie de ses voûtes; au point où il débouche sur la rue Saint -Antoine, une haute façade subsiste qui était une entrée de l'église, ouverte en 1636 par autorisation du roi.

Lame du Petit-Musc vqWqIq quoi des Célestins à la rue Saint-Antoine. L'emplacement en était jadis occupé par une voirie et un champ à

plâtre. A son origine, elle ne fut pas comprise dans l'enceinte de Philippe-Auguste. Tout près de la rue du Petit-Musc, Charles V fonda le monastère des Célestins, sur l'emplacement d'un ancien couvent des Carmes, les Carmes barrés, qui datait de saint Louis. Tous les anciens guides de Paris célèbrent avec raison les richesses de ce monastère, la beauté de son cloître, de ses chapelles, des sépultures qu'elles renfermaient. Après la Révolution , on en lit une caserne de gendarmerie; il Test resté, mais le percement du boulevard Henri IV, en 1877, en a coupé l'enclos en deux; d'une caserne on en a fait deux; celle qui s'élève à droite du boulevard est toute neuve et peut passer pour modèle du genre massif ; la pierre n'y a pas été ménagée.

Quelle différence avec ce qui reste de la jolie façade de l'hôtel Fieubet, à l'autre angle de la rue du Petit-Musc ! C'est un des meilleurs spécimens de l'architecture de la Renaissance à son déclin. Malheureusement, des restaurations plutôt maladroites l'ont réduit à une simple façade qu'écrasent les pavillons en avant-corps.

Ne quittons pas le quai des Célestins sans signaler en aval, au n° 32, l'inscription constatant qu'en ce lieu s'élevait (( le jeu de paume de la Croix-Noire, où Molière et la troupe de Vlllustre Théâtre iouèrent en 164q », et, au n» 28, à l'angle de la rue des Jardins, celle qui

QUATRIÈME ARRONDISSEMENT

affirme que Rabelais est mort dans une maison de cette rue, le 9 avril 1553.

Sur le terre-plein qui précède le pont Sully, ont été restaurées en 1899 les assises de la tour de la Liberté, l'une de celles de la Bastille que les travaux du Métropolitain ont permis de mettre au jour rue Saint- Antoine, devant la statue de Beaumarchais.

En aval, de Tautre côté du boulevard Henri IV, la physionomie du quartier est toute spéciale; c'est, à proprement parler, l'ancien Arsenal, créé par François P^' et dont les incendies de 1871 n'ont rien laissé, non plus que du Grenier d'abondance, son voisin.

Seul, l'hôtel des grands maîtres de l'artillerie, construit au commencement du xvn^ siècle pour Sully, augmenté cent ans après par Boffrand d'une façade sur la Seine, est resté debout; il est occupé par la bibliothèque de l'Arsenal, dont le premier noyau fut constitué par les collections successives du marquis de Paulmy, du comte d'Artois, du duc de La Vallière, et pendant la Révolution, en 1797, par le fonds si important des archives de la Bastille et de la lieutenance générale de police. Depuis, le dépôt légal et les acquisitions l'enrichissent chaque jour ; plusieurs de ses conservateurs ont eu (pour ne parler que des morts) un nom illustre dans les lettres : Nodier, Paul Lacroix, Louis Ulbach, Edouard Thierry.

Jusqu'en 18'i4, l'espace compris entre le boulevard Morland et le quai Henri IV était une île, l'île Louvier, occupée par des chantiers de bois, et que l'on réunit à la terre ferme à cette époque en comblant le bras qui la séparait de la rive droite. Là s'élèvent aujourd'hui des bâtiments municipaux ou départementaux • les magasins du matériel de la ville, une caserne de la garde républicaine, et enfin le précieux dépôt des Archives delà Seine, où de zélés fonctionnaires reconstituent, au prix de quel labeur! les trésors incomparables pour l'histoire qui périrent avec l'Hôtel de ville en 1871. Les boulevards Mor-

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