MARCHANDS ET PROFESSIONNELS
Vendent, loucnl, drciaeni, accompignenl. Sonl à cheial loule !■ journée. Cbuii|eDl de chevaux toute) Ici hcurci el ptraiaient prendre à ce Irivail perpétuel uu pliiiir toujouri Douvcau. I) e*l difBcile de dire cHCtcmcnt le chiiïre de kilomèlret qu'il* font dani une année. Cependant, en prenant comme moyenne aiiheurei par jour, k raison de huit kilomèlret àl'beure, cela donne, pour le ménage, un total de Irente-troii mille huit cent quarante kilomèlrei par année ordinaire, et de trenle-lroii mille ueur cent lret)le-«ii lei annéei bUieitilei ; loit, par individu, leiic mille neuf cent vingt dan* le premier cat, et *eiie mille neuf cent ■oiitnte-huit dani le lecond.
L'ALLÉE DES POTEAUX
iDdUTéremmenl iésigai loui le nom du < petit i ou du bvoD Louù, lelon qu'on fait allutioa à M taille ou k >ea (endance» •rirtocraliquei. Eat moaté deaba»^ond*de l'avenue Harbeufjujqu'auz b*nleuri dei Cfaunpt-Élftée». A coDierrë au Mmmet de l'échelle l'énergie de te* débuli. Ca«k- L'cr d'une rigueur iacomparaUe, pour ne pai dire eiceuive ! Tous les chevans qu'il présente ont de haute) actioni tant qu'ils restent tmpresaioonéi par le souvenir de lei junbei, de lei ëperoni et de son rotin. Quelquefoii elles sont de peu de durée, mais c'est l'exception. Il est rare qu'un cheval choisi par lui ne soit pai d'une qualité réelle.
L'ALLÉE DES POTEAUX
Le plu» jeune cavalier du B»ia vient de faire m promenade 'quotidienne loui l'œil attentif de ton papa, qui, ae voulant pa» eipowr lei tibïu de >on héritier au contact dei moyeux d'onmibui, le ramène régulièrement en voiture. Un homme de coufiaoce est chargé de ramener au pai les montures du père et du fili. Je doii lui rendre cette juitice qu'il accomplit m tâche en conicience. Je déclare que je ne l'ai jamaii vu trotter ni galoper, et c'eit le leul groom dont j'en puisie dire
Peul-Jtre faut-il attribuer cette incomparable vertu au plaisir qu*il prend à l'admiratioD provoquée par le passage du plus petit poney connu t Pari«, plwair qu'il tient à savourer le plus longuement possible .
Si l'amazone tropicale nous cODsole des individus mâles de la même race, les amazones parisiennes ne lui cèdent en rien pour le plaisir que leur vue nous procure.
La plupart montent le plus gracieusement du inonde, et, soit dit en passant, l'influence de M. Pellier, qui a mis à cheval la presque totalité de la jenne génération féminine, est certainement pour une bonne part dans cet heureux résultai.
Bien en selle, svelles dans leurs amazones strictement ajustées, on les sent à leur aise sur leurs montures bien choisies et bien dressées; une foule de toutes jeunes filles, auxquelles leur âge ne permet cependant pas d'avoir acquis une bien grande expérience, ont toutes les apparences d'écuyères consommées vieillies sous le barnais; elles sont intimement liées à leur cheval, dont
elles suivent chaque mouvement avec une grâce harmoaieuse qui dénote ane
confiance absolue.
Il y a loin de ce spectacle au souvenir que nous gardons des apparitions des débutantes d*il y a quelques années, abominablement cahotées sur des animaux usés dans leurs membres dont chaque mouvement produisait une réaction aussi violente qu'irrégulière, et se répercutait chez les malheureuses en secousses aussi disgracieuses à voir que douloureuses à subir.
Ce genre de supplice ne s'applique plus au Boîs, et les gens assez cruels pour trouver du plaisir à voir subir cette horrible torture par une innocente créature sont maintenant dans Tobligalion de pousser au moins jusqu'à Robinson.
C'est là seulement qu'ils auront chance de rencontrer l'animal disparu que les aodens manèges avaient l'elTronterie de louer aux imprudents sous la fallacieuse dénomination de chevaux de selle.
Pour tout ce qui louche à l'équilatioa, nous sommes en progrès ioconleslable, et les loueurs ont dû faire de sérieux eCTorls pour se mettre en mesure de satisfaire les exigences d'une clientèle devenue plus difficile à mesure qu'elle était plus capable d'apprécier et de discuter les qualités et les défauts des animaux livrés à sa disposition.
Arn^ rtfcwpttgf in HatsH utem ^^t I» Igocm dM(u>nl •■
Ils ont élé mis dans la nécessité d'améliorer progressivement leur cavalerie, et l'on peut dire qu'elle est aujourd'hui recrutée dans une moyenne très honorable.
Ce n'est pas encore la perfection, et, si l'on en approche, il suffit de pratiquer un peu assidûment le Bois pour se convaincre qu'elle n'est pas encore atteinte.
Si les accidents causés par le mauvais caraclère ou le manque de dressage des chevaux de louage sont moius fréquenls qu'aulrefois, il s'en produit cependant encore assez TréqueDiment pour qu'on puisse affirmer que Je momeal où tous les chevaux seront doux et tous les cavaliers hors ligne n'est pas encore arrivé.
Même à l'heure actuelle, il n'est pas rare de rencontrer un animal sans cavalier, suivant au petit galop, les étriers ballants, le chemin qui doit le ramener à son écurie, et, k quelque distance, un cavalier sans cheval suivant la même direction, à une allure beaucoup moins vive, avec l'espoir de retrouver recueillie par quelque âme compatissante sa monture échappée.
Il n'y a pas grand mal à cela, h On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs » , dit avec raison le proverbe; on pourrait ajouter qu'on ne fait pas davantage des cavaliers sans quelques culbutes, et j'ajouterai qu'il est utile à
uQ homme d'élre capable de monter à l'occasioD an cheval difficile, mais Je voudrais que les animaux destinés à la promenade ded femmes fussent tous d'une sagesse éprouvée, qui les mît à l'abri de tout accident.
Qu'un monsieur quelconque se casse, en tombant sur le nez, un certain nombre de dents, cela est incontestablement fâcheux, mais c'est aflaire entre lui et son dentiste.
1> rattU J« ligHi i-<n ilHBi p
Ce qui est plus grave, c'est qu'une femme, une jolie femme, puisse être eiposée à la même aventure et se trouve défigurée pour avoir eu confiance dans la parole d'un loueur imprudent.
Un cheval destiné aux femmes devrait avoir toutes les vertus, douceur invrai* semblable et jambes inébranlables.
Halhenreiuemenl, il n'en est pas toujours ainsi.
J'ai vu, sans remonter plus haut que ce(te anaée, ua cerlain nombre de femmes très comtilèlement emballées, ce qui fournissBit à quelques jeunes gens, subitemenl animés de senlimeats cbevaleresques, l'occasion de perpétrer des actes de dévouement absolumenl contraires à leurs babiludes, mais n'en causait pas moins aux malbenreuses soumises à ces galops frénéliques des transes mortelles qui se trabissaient par leur pâleur et la prononciation saccadée des remerciements qu'elles adressaient à leurs sauveurs.
Il Tant encore s'estimer heureux quand les velléités d'indépendance des cbevaux n'ont pas pour les amazones des résultats plus tragiques, et qu'elles ari'ivent à se maintenir sur le dos de leurs montures jusqu'à ce que celles-ci soient revenues à de meilleurs sentiments.
11 n'en est malheureusement pas toujours ainsi, et Dieu sait ce qui peut résulter pour une femme d'une chute un peu violentel
Je sais que je n'ai, pour ma part, jamais vu désarçonner une femme sans i-essentïr une émotion, un effroi qu'aucune culbute masculine n'a pu m'inspirer.
Certes, la macbioe bumiine est uns machine admirabïemenl imaginée; mais combien grossière, massive, lourde, résistaDte, si on la conipare au fragile organisme féminin!
Combien plus nombreuses aussi, pour les femmes, les mauvaises chances en cas d'accident I
Rien que les jupes, qui peuveul élre prises da is une étrivière, un crochet de la selle.
Quand on pense aux mille dangers auxquels une femme qui monte à cheval se trouve exposée, on ne conçoit pas que celles qui ont une famille obtiennent la permission de les affronter.
11 est vrai qu'elles trouvent des médecins, qui n'ont d'ailleurs aucune idée de ce qu'est l'équilalion, pour déclarer que cet exercice est indispensable à leur santé.
Quoi quHl en soit, les femmes tombent de cheval tout comme les représentants du sexe laid, avec cette seule différence qu'une chute peut avoir pour elles des suites autrement graves, attendu que le pire qui puisse arriver à un homme est d'être tué, tandis qu'elles risquent de voir leur santé à tout jamais détruite.
Mais elles sont si aventureuses qu'elles affrontent tous les malheurs possibles pour une heure d'agrément, avec une insouciance véritablement extraordinaire.
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AmaioDe de plu »d plu en détreeie.
Elles poussent d'ailleurs, quand elles s'y mettent, le mépris du danger à un point que le plus téméraire d'entre nous n'atteindra jamais.
11 n'en est pas une, mère de deux enfants, qui n'ait montré, par le seul fait de la récidive, qu'elle dispose d'un courage qu'aucun de nous ne serait capable de déployer, et elles emploient cette énergie providentielle pour le plaisir d'une cavalcade aussi facilement que pour Taccomplissement du grand labeur qui constitue leur plus grand péril et leur plus grand honneur.
Pour sortir de ces gt^néralilés, racontons un accident authenlique que tous les habitués du Bois auraient pu voir, s'il ne s'était produit à une heure à laquelle le gros des habitués du matin ont déjà fait volle-face, el qui s'est terminé au point d'intersection de l'avenue des Poteaux et de la route qui conduit à Bagatelle.
Voici la scène : deux cavaliers, se laissant aller au pas cadencé de leurs chevaux et profitant de leur solitude pour causer de choses plus intimes,
sont tout à coup dépassés par une assez jolie femme légèrement emmenée qui perd sa cravache quelques pas plus loin et leur est promptement cachée par un lournant. « Singulière manière de faire son persil, dit l'un. — Heureusement qu'il n'y a pas grand monde à caramboler » , réplique l'autre. — Et ils reprennent leurs confidences.
Tout à coup, ils entendenl des appels déchirants; ils pressent l'allure et trouvent leur amazone, la tête en bas, les pieds en l'air, accrochée par l'ourlel de sa jupe au crochet de la selle.
Par bonheur, le cheval s'étaitarrété et bro:ilaît Iranquîllemeal.
Il n'y avait pas grand mal ; mais jugez des appréhensions de la malheureuse, arrêtée dans une pareille situation au milieu d'un bois qu'elle savait désert à cette heure.
Supposez que nos deux cavaliers eussent fait volte-face ceni mètres plus tôt et se fussent trouvés hors de la portée de sa voix.
Le cheval n'eùl pas lardé à se remettre en route, et voyez dans quel état eût été la pauvre femme, infaillible Jient (rainée à une allure de plus en plus vive.
Conclusion, que je recommande aux réflexions de l'imprudente en que»- Uon et à celui qui doit s'intéresser immédiatement à son sort, u Ne jamais laisser sortir une femme à cheval sans qu'elle soit accompagnée. »
Nous avons dit, au commencement de ce chapitre, dans quelle invraisemblable proportion s'était accru depuis quelques années le nombre des cavaliers; en réalité, tous les hommes jeunes et valides montent plus ou moins fréquemment à cheval, mais pas assez régulièrement pour élre classés parmi les habitués de l'allée des Poteaux.
Parmi ces derniers il faut encore établir un certain nombre de catégories, car tous ne font pas preuve d'une égale assiduité.
Les uns n'apparaissent qu'à certaines époques, ceux-ci un jour sur deux, ceux-là ne monleni que les jours fériés, d'autres enfin ne sortent que quand la fantaisie leur en prend et que la température leur parait exceptionnellement favorable.
Si connus au Bois qu'ils puissent être, tous ces cavaliers ne sont pas de véritables habitués.
26i PARIS AU BOIS.
Le véritable habitué a le seatimeat du devoir, et il ne laisse pas passer un jour sans accomplir sa promenade réglementaire.
Il va au Bois comme un employé exemplaire se rend à son bureau, quel que soit Tctat de la température.
Ni la gelée, ni le verglas, ui la pluie ne l'arréleal, et c'est tout au plus si la neige le fait parfois hésiter.
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Non seulement il est quotidien, mais il est exact.
Les habitants de l'auenue du Bois pourraient régler leurs pendules sur l'heure de son passage aussi exactement que les boutiquiers du Palais-Royal sur la détonation de leur canon.
De plus, il est fidèle au parcours qu'il a choisi et qu'il exécute invariablement dans le même sens et du même train, de telle sorte que sa monture exécute spontanément le changement d'allure à tel ou tel point de son immuable itinéraire.
Les seules modifications que tes varialioiis des saisons apportent à son
programme portent sur le temps qu'il consacre à sou exéculioD.
Par la grande chaleur et !e verglas, il ralentit sa marche, et l'active par
les temps froids ou pluvieux.
A^Kt d'u UUIai pniêtt U h
Son costume lui-même reste identique en tout temps et ne varie que par l'épaisseur des élofTes. S'il est en tout point fidèle à ses habitudes, il ne Test pas moins à son cheval, qu'il garde tant que celui-ci reste capable de faire son service.
Cet animal, si médiocre qu'il puisse être, possède d'ailleurs selon lui toutes les qualités, et son panégyrique est la base de sa conversation.
S'il est obligé d'en changer, soit que l'âge, soit qu'un accident l'ait mis hors de service, sa nouvelle monture hérite de tous les mérites de l'ancienne sans les faire oublier, de telle sorte que si l'habitué parvient à un âge avancé, l'ami qui l'accompagne dans Tune de ses promenades aura à subir l'éloge d'une série déjà longue d'animaux complètement inconous.
Coco avait une mémoire incroyable, Baby une intelligence vraiment humaine. Brillant n'était pas toujours commode : le tout avec une interminable kyrielle d'anecdotes à l'appui.
Quand la liste des chevaux merveilleux qu'il a eus devient par trop longue, c'est que le temps a fait, lui aussi, pas mal de chemin, et l'habitué disparait à son tour. Ses collègues se demandent entre eux des nouvelles de l'absent.
u Qu'est donc devenu X...? On ne le voit plus. — C'est vrai, voilà bien huit jours que je ne l'ai pas rencontré, il doit être mort. » La plupart du temps c'est la véritable explication.