‹ Paris chantantChapitre 18 sur 130 · LA PREVOYANCE · texte numérisé non relu

LA PREVOYANCE

Air : De la neige («le Dt-bnux).

Assez longtemps, en joyeux sans souci.

J'ai fait sauter ma vaisselle de poche : Je suis garçon; mais demain. Dieu merci, J'épouse Lise, et Lise est sans reproche. Que parmi vous, messieurs, plus d'un vaurien Jette sur moi la maligne épigramme ; Pour s'amuser, qu'il mange tout son bien ; Moi, maintenant, qui n'ai presque plus rien, Je le conserve pour ma femme.

Dans nos salons, comme au quartier latin, Grâce au progrès qui tous nous émancipe, Le bon ton veut que le sexe lutin l'unie aujourd'hui son cigare ou sa pipe. 0 mes amis! que je serais flatté Si ma moitié singeait la grande dame ! Aussi quelqu'un, l'autre jour, m'a prêté Un brûle... bouche assez bien culollé : Je le conserve pour ma femme.

Ma vieille tante, en mourant, m'a laisse Un sansonnet pour unique héritage ; Un savetier m'en offrait l'an passé Trois francs dix sous, el me laissait la cage. Vendre un oiseau qu'on apporta du Pccq. Pour le priver du peu d'air qu'il réclame. Oh ! non, jamais ! j'aurais le cœur irop sec ; Il dit si bien : « Veux-tu taire ton bec ! » Je le conserve pour ma femme.

J'avais jadis un caniche à poil ras, El vous savez si l'espèce en est rare. Nous nous aimions; mais un malin, hélas! Mon chien se noie au milieu d'une mare. Les souvenirs parfois savent loucher :

Il m'en reste un de mon pauvre Pyramc, C'est un gourdin que j'ai soin de cacher, Qui l'empêcha bien souvent de broncher : Je le conserve pour ma femme. E. Iîehtiiiiii

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