SOUVENIRS D'ENFANT
Air. : Dti vaudeville »l» Ckêitsv perdu.
Je l'aperçois cet huniine toil de chaume Où le bonheur guida nies premiers pas;
•; Ma vieille église ci son modeste dôme,
<y Oh! pour mon coeur que ces lieux mu d'appas!
Mon Iront, ridé put de longs jours d'orage, Plus radieux voit ce vallon charmant.
Soucis, fuyez, je revois mon village !
Oh ! laissez -moi mes souvenirs d'enfant !. .
La voilà bien, celle vieille chaumière, Asile heureux avec ses murs toul noirs; C'est sur ce banc, près du seuil, que ma mère Sur ses genoux m'endormait tous les soirs. Age paisible où la moindre caresse Peut dissiper le chagrin le plus grand, Vers toi nos yeux se retournent sans cesse ; Ils sont si doux les souvenirs d'enfant!
Du vieux château je revois les tourelles ; Quel est ce bruit? je l'entendis souvent, C'est le moulin , je vois ses grandes ailes Tourner au loin sous le souffle du vent. Là, du ruisseau la course vagabonde Creusantson lit le transforme en lorrent.
Combien de fois j'ai joue dans son onde. Rien n'est si doux qu'un souvenir d'enfant!
Combien ces champs que la moisson couronne Furent par moi dépouillés de leurs fleurs! Je crois encor, quand arrivait l'automne, Entendre ici le chant des vendangeurs.- Là, je venais sur le bord de la route Voir nos soldats passer tambour battant. Chut! laisez-vous, que mon oreille écoute .. Non !.. ce n'est rien qu'un souvenir d'enfant !
Arbres .touffus, qui vîtes mon jeune âge, Ainsi que moi déjà vous voilà vieux !
Je me berçais d'une riante image, Mais sur mon front blanchissent mes cheveux ' Moment si doux où notre âme ravie Dans le passé revoit un ciel brillant... Heureux qui peut au déclin de la vie Avoir encordes souvenirs d'enfant!...
Alfred Bouchard.