JEANNE, JEANNETTE, JENNY
Ain : Ma hi'llo esi la lipllo ilrs belles.
Jeanne à quinze ans était charmante;
Air de candeur, regard loucha.nl,
Une fraîcheur éblouissante !
Kilo était sage cependant.
Eh ! que lui faut-il davantage?
l'ourlant derrière elle on sourit.
Et chacun dit: C'est grand dommage
Qu'elle n'ait pas un grain d'esprit !
Jeanne à seize ans devint rèwuse; Au magister elle eut recours; Ce jeune gars, d'humeur joyeuse, La mil au fait en peu de jours Elle avait grand désir d'apprendre; Tant et si bien elle comprit , Qu'elle eut du savoir à revendre, El qu'on disait : Qu'elle a d'espril !
Ce n'est plus Jeanne l'innocente, Enfant ; u timide maintien ; C'est Jeannette la sémillante Dont on recherche l'entretien.
Un jour le seigneur du village Lui dit un mol : cela suffit.
Jeannette, hélas! n'était plus sage...
Elle avait déjà trop d'espril.
\ la ville il faut que je brille.
Se dit-elle, et déjà Paris Se dispute l'aimable fille Que l'on élève au plus haut prix.
Ce n'est plus Jeanne ni Jeannette C'est Jenny que l'on applaudi! :
Point ne donne ce qui s'achète...
Chaque jour elle a plus d'espril
A la cour même elle est connue, Ses moindres mots sont des arrêts; Elle écrit dans une Revue.
Décide à son gré des succès.
Ce|>endant sa beaulé se fane.
Dans son triomphe elle gémil ; Elle voudrai! être encor Jeanne, Et n'avoir eu jamais d'esprit.
Contre nous quand l'âge s'avance, Ity temps le pénible progrès Clôt la porte de l'espérance.
En ouvrant celle des regrets.
Fillettes, l'arbre de science Ne vous donne qu'un fruil inaudil ; Conservez bien votre innocence; Simplicité vaut mieux qu'esprit.
lilGNON, Membre du Careau
(I) Dans celle chansonnette, le couplet doit Être chanté prétentieusemcnl comme le couplet d'une r ance, i-t le refrain Irès-
rondemem.
!■ \ms in w i w i