LA CINQUANTAINE
Am : Du Carnaval («le Meissonniei i
Que de bonjours je vous ai dits, fillettes ! Mais maintenant il faut vous dire adieu : J'ai cinquante ans, et je porte lunettes;
Pour un galanl c'cSI un bien Irislc aveu.
à, Oui, c'est adieu qu'il faut queje vous dise; Sur mes cheveux vient la neige des ans. Jeune minois auprès de bai lie grise Serait l'hiver à côté du printemps.
Je sais pourtant qu'il est certain adage Que l'on répèle et elle en (oui pays; (je vieux proverbe, en faveur du vieil âge, Dil qu'à vieux chai il faut jeune souris. Oui, j'en conviens^ il peut fort bien encore, En la guettant cherchera l'attaquer; Mais le vieux chat, quand la faim le dévoie, Hélas! n'a plus de dents pour la croquer.
Adieu la brune cl la blonde lidèle ; Je ne puis plus galoper ni valser; Non, non, le coeur qui baisons la flanelle Vers la beaulé ne peut plus s'élancer.
Adieu les bals où j'étalais ma grâce, Où l'amour 11 1 à l'hymen plus d'un tour! Au coin du feu l'ardent tison remplace, A cinquante ans, le flambeau de l'amour.
La fable en vain nous parle de déesses Rajeunissant d'invalides maris; Je ne crois pas aux fameuses prouesses, Aux grands exploits de ces époux transis. En vain l'on dit que l'Aurore brillante Fait rajeunir son époux sur son sein : Si de Titon l'Aurore était contente, La verrait-on se lever si malin?
Amour, adieu ! je dois céder la place,
Et mettre bas les armes aujourd bui ;
Sur Ion domaine on perd le droit de ebasse
Quand à nos yeux la cinquantaine a lui.
Quand j'empruntais quelques flèches légères
A Ion carquois, j'arrivais droit au but;
Mais maintenant, pour chasser sur tes terres,
Je resterais trop longtemps à fallût.
Deleooiigle Cordibr.