CLODION, ROBERT MACA1RE, LA COMETE
iioiîgut macaibe. N’ayez pas peur , ce n’est que moi.
LA COMÈTE. Qui, VOUS ?
ROBERT MVCA 1 RE. Le chevalier Saint- Reinj, beaucoup plus connu dans la bonne société sous le nom de Robert Macâire.
i.a comète.’ Et pourrait-on savoir pourquoi vous venez ici?
noBERT , chantant.
fc • Vf *
C’est pour savoir si le printcins t sraoÿ Eis dépit des frimas , l)e leur triste influence ;
C’est pour savoir Ai le prinlems s’avance ,
Pour comparer la France A vos heureux climats.
J’étais iuüuiment trop connu à Paris, capitale du monde civilisé... je commençais à devenir rococo poiupadour !... alors j’ai pris mon vol pour voir si, dans le royaume de la Comète, il n’y aurait pas quelque chose à frire , à grincher.
LA comète. Griucher.
ROBERT MtCAiRE. Il me parait que madame n’est pas à la hauteur de la bonne société de Paris, mon argot lui est très-familier... il a fait ses délices pendant toute l’année... te qui fait infiniment d’honneur à son goût et à sa profonde moralité...
CLODIÇN. Comment! la bonne société,
no rf. ht MiCAiRE. Elle et moi , nous étions une paire d’amis... je la recevais sans façon eu robe de chambre , même en chemise, ça lui plaisait : elle m’aimait beaucoup dans ce cosUune-ià.
Aih : Gny a qu'à Paris.
Tou* ccs Alccst’s généreux,
Four un rien criant au scandale ,
Tous ces philantrop’s vertueux ,
Tous ces vengeurs de la morale. ,
En log’s grillé’ s venaient me voir!
La comédie est un miroir.
J’ai vu maint vieillard transporté Quand Worrospir bénissait sa fille ;
Quand je flouais à l’écarté,
J’ai vu plus d’un fils de famille ^
Dans un coin sourire d’espoir;
La comédie est un miroir.
Ces hommes A spéculations ,
A forlun’s extraordinaires,
H»!i Ui.NS La LÜHtli:.
Emnoch.nl loul'z les actions En blagua nt tous les actionnaire! , ils v’nairnt tn'atimirrr iliaque soir;
La concilie est un nûrair.
LA comète. El comment êtes-vous venu ?
robeiit «AC vire. Dans mon ballon, tout simplement, vu qu’il n’y a pas encore A' Algériennes ni d’ Hirondelles établies dans cette direction. ,
clodion. Savez-vous bien, moneber, que vous avez un aplomb à vous faire jeter par les fenêtres!..,
robert macaire. J’ai passé pal' là...
mais quand on demeure aussi baut que vous, la plaisanterie est fort déplacée.
{A la Comète. ) Madame, présumant que vous manquiez de tout ce. qui fait le charme de notre boule terrestre, j’ai rempli mon ballon d’une foule de choses plus ou moins curieuses dont j'ai l utlcntiou de faire une exhibition avec votre permission.
LA COMÈTE. Nous avons un repas de coips où doivent se trouver Pallas , Junon, Jupiter , Céria , Vesta , Saturne.
ROBERT MAC aire. Comment, un diner de planètes !.
clodion. Elles viennent «ions le chariot avec le grand chien , et prennent la voje lactée.
Robert macaire. J’cjitcuds , le chemin de fer de ces contrées ; à quelle heure madame dine-t-elle ?
LA COMÈTE. A quatorze heures.
ROBERT MACAfjtE. Eh bien ! de midi à quatorze heures , vous aurez le teins d’en passer en revue uue demi-douzaine...
quant à moi, je rais me familiariser avec le gousset* de 1a population , pour faire connaissance avec la monnaie du pavs.
( Il salue, vs allumer son cigare à une eToile et sort en chaulant: C'est pour savoir si le priatans ... )