SCÈNE II
La ebambre à coiicber. — llélcnc dorl. Idéal dcbeaiilé pliysiqiie; épaisses torsades de ebeveux cbâlains; longs cils noirs; bouche d’enl'ant. '
RAYMOND. — Allons! encore ses petits pieds qui dépassent la couverture! Elle s’enrhumera, celle
petite. (Il va cbcrcbcr son paletot, le plie en deux et le met furies pieds d’IIclènc.) Ah ! que les yeux me cuisent! A passer ainsi toutes mes nuits à faire de la copie, je
finirai par devenir aveugle comme Milton et Guénot; c’est sûr.
;II s’.ipproche du lavabo, irempo une serviette dans l’eau et se 1 applique sur les yeux.)
HELÈNE, s’éveillant au bruit que fait Raymond en reposant l’aigmcre dans le bassin. — C’est VOUS, Raymond?...
RAYMOND. - Oui, ma petite Hélène; ce tfesl que moi. Fais pas attention.
HÉLÈNE. — C’esi insupportable. Quelle idée avezvous devenir me réveiller comme ça, en sursaut, au milieu de la nuit?...
RAY.MOND. -Ilélènel Hélène! tu n’es pas gentille. Sais-tu à quoi je l’ai passée, ma nuit? A te gagner la robe que tu as remarquée hier au boulevard^des Capucines... Eh bien ! qu’est-ce qu’on lui dit maintenant, a ce pauvre Raymond?... M’a-t-on pardonné?...
HÉLÈNE. — Faitos-rrm:
idues moi un verre d’eau sucrée.
RAY.MOND, obéissant. — Tu oc entf i
1 U as son, ma pauvre chatte?
HÉLÈNE. — Moins d’poii r,. I ,
‘‘eau que cela, donc!... Que
vous etes bête!... Voue • n .
vous ne savez rien faire!
LA QUEKELLE.
RAYMOND. — Du calme, ma petite chérie... Puisqu’il y a trop d’eau, je vais remettre du sucre. . G’esl ingénieux, ça!...
HÉLÈNE. — Vous n’avez pas encore fini?... Êtesvous lent!... Mais donnez donc!
(Elle lui arrache le verre des mains.)
RAYMOND, tristement. — Et ta robc?... N’aurai-je pas un petit mot de remercîment pour ta robe?...
HÉLÈNE, se retournant vers la muraille. — “ J ai besoin
de dormir. Laissez-moi.
RAYMOND. — On s’en va, mon enfant, mais à une condition... On va m’embrasser, hein? avant que je ne m’en aille?...
HÉLÈNE, criant. — Mais laisscz-moi donc ! laissezmoi! Mon Dieu, que vous m’êtes odieux !...
RAYMOND, doucement. — Vraiment odieux, Hélène?... Ce pauvre galérien, qui se tiie tous les jours Un peu pour vous, vous ennuie réellement?...
HÉLÈNE. — Vous l’avez dit. Ah ! mon cher, que vous possédez l’art de tanner votre monde!
soi
PARIS DANSAM.
fiAY.MOA'D. — C est bien, Hélène. Doriiuz. Je vous laisse.
(Il sort.)