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JEAN GOUJON
Vive Navarre !
OLIVIER
Eh! niais, n’est-ce pas Jean Goujon?
CATHERINE
Tue, René ! tue!
RENÉ
A toi, parpaillot! ( «tire un emip d'arquebuse. Jean Goujon est atteint cl tombe. )
JEAN t.Ol’JUN.
Olivier d’Herminge ! Viens reprendre ton collier, Caïn!
OLIVIER
Que dit-il? — Ah! ce dernier meurtre, pourquoi me fait-il
frissonner? ( Il rentre dan» le Louvre )
CATHERINE, am seigneurs.
Qu’est-cc que c’est? On dirait que vous frissonnez tous comme lui! Rentrez, messieurs, puisque vous avez peur comme des enfants dans 1 obscurité. (Tons *r relijent eu silence, excepte Catlicrigc.) Les faibles cœurs! Tout est fini! la nuit est calme, le fleuve tranquille... à sa surface! Moi-même je ne vois rien de ce qu’il
charrie, rien! (Tout à coup, des eaux du fleuve sortent, s'élèvent et s’accumulent de longues liles de fantôme» men&çinls, montrant leurs plaies sanglantes ou étendant la main ver» Catherine. Elle pousse un cri Irrnble.) Ah ! à ÏMoi ! clll ! je Ï1C pfiUX
pas m’en aller! je ne peux pas! Allons donc, Catherine! romps ce charme ! ( Avec un rire strident. ) Oh ! je ne t’aurais jamais crue capable d’avoir peur de ton crime! (eüc cnit par s'arracher d'un effort
violent au balcon et rentre daus le Louvre. Les spectres disparaissent. )
JEAN G O EJ ON, se soulevant à demi.
O ma chère statue ! je ne pourrai pas même me traîner jusqu’à toi ! (La statue de la France apparaît à quelques pas, venant lentement à lui.)
Douce vision! c’est elle qui vient à moi, c’est elle! O ma France! je te rêvais si belle ! Mais tous les nôtres massacrés, mon pauvre cher Henri avec eux sans doute, — c’est à désespérer de toi, France !