ACTE I
HYLAS
Le fisc sait tout. Salut donc, propriétaire! et j’ajoute : Salut, curiale!
SANDREGHESIL.
Curiale! Ah ! c’est juste ! je n’avais pas pensé à cela; je suis curiale!
JULIUS
Tout propriétaire de vingt-cinq arpents a le droit de l’être.
HYLAS
Et n'a pas le droit de refuser.
SANDREGHESIL.
Je suis curiale !
JULIUS
Un splendide honneur!
SANDREGHESIL, épanoui.
N’est-ce pas?
HYLAS
Mais une rude charge !
SANDRE GHESIL, contrarié.
Ah ! oui, en effet !
JULIUS
Vous voilà exempté à jamais de la torture, du carcan et du fouet, réservés au menu peuple...
SANDREGHESIL, joyeux.
Ah ! ah !
HYLAS
Et vous répondez sur vos biens de la perception totale des impôts.
SANDREGHESIL, triste.
Oh! oh!
JULIUS
Vous savez que les curiales sont la pépinière des clarissimes, et vous voilà en passe d’être comte un jour !
SANDREGHESIL.
Ah! ahl
HYLAS
En attendant, vous êtes tenu de pourvoir de vos deniers aux besoins de la ville, en cas d’insul'lisance des revenus, — et la disette est à Paris.
Oh! oh!
SANDREGHESIL.