‹ Paris drame en cinq actes, prologue et epilogueChapitre 77 sur 175 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

D’AULON, LAH1RE, JACQUE, HÉLYOTTE, ci auiro» gm*,

'HOMMES et Femmes, se pressant à l'entree de la tente.

d’aulon.

Jeanne d’Arc fait sa visite accoutumée aux blessés. Elle va venir, mes bonnes femmes. Tenez-vous un peu à l'écart. Elle va venir.

HÉLYOTTE.

Messire d’Aulon, c’est moi, Hélyotte, qui ai mon pauvre enfant si malade...

d’aulon.

Eh bien ! vous conterez votre peine à Jeanne.

JACQUE, à demi-voix.

Elle fait donc des cures, Jeanne, à présent ?

d’aulon.

Ah ! c’est vous, brave homme, qui êtes de Vaucouleurs, du pays de la Pucellc? Son parent peut-être ?

JACQUE

Oui dà, son parent un petit, sans mentir.

PARIS

d’aulon.

Elle sera très-contente de vous voir. Attendez-la ici.

JACQUE

Je suis donc dans son logement de guerre ?

p’aulon.

Oui, vous êtes dans sa tente, et vous parlez à Jean d’Atilon, SOn écuyer, (so tournant vert Laliire.) C’est CODIIDS je VOUS le dis, capitaine Lahirc , le roi Charles VH, ou plutôt le trahisseur la Trémouille, refuse de nous envoyer des renforts et nous ordonne de lever le siège de Paris.

LAH1RE

Laisser notre bonne capitale au lord Talbot ! Ah ! par le corps Dieu!...

d’aulon.

Hum ! hum !

L A1II UE, sa reprenant.

Par mon martin bâton ! veux-je dire. La Pucellc me permet ce jurement-là, d’Aulon. Et n'allez pas lui rapporter qu'il m*en est échappé un autre. Elle m’appellerait païen à toute bouche.

JACQUE

Jeanne fait aussi des conversions !

LA H1RE

Ah ! si la Pucelle le veut, elle va renverser toutes les murailles et tourelles de Paris du bout de son petit doigt!

J ACQUE

C’est donc véritable que Jeanne fait des victoires?

d’aulon.

Eh quoi ! n’en savez vous rien, l’ami?

JACQUE

Dame! il sc conte tant de contes !.%. Excusez, j’en suis resté, moi, à ce que j’ai vu. à nos champs confondus, à nos maisons nillées, à nos fuites dans l’ile, à l’incendie rouge au loin dans la plaine, tous malheurs qui ne sont pas vieux de six mois. Oui, il y a tout justement six mois que Jeanne, pour cette grande

f ûtié qu’elle disait être au royaume de France, a voulu partir à a guerre, bon gré mal gré !

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