‹ Paris en 1794 et en 1795Chapitre 34 sur 47 · BRUMAIRE · texte numérisé non relu

BRUMAIRE

sa OCTOBRE AU 30 NOVEMBRE.

1" BBIMAIRE (22 OCTOBnE).

A la CSonventîon, Gambon renouvdle la déclaration qu'il existait nn registre contenant la preuve de rassemblements à Charenton, entre Robespierre, Iknton et Pache, tendant à enlever vinçtnleux membres de la Convention; il affirme que la première pétition qui fut présentée sur cet objet était de Danton. 11 dit que la terreur ne date pas de la Convention, et qu'elle n*a lait que changer de mains; qu*à l'Assemblée législative quatre cents membres qui n'avaient pas voté contre Lafàyette étaient journellement insultés, et que le 31 août (deux jours avant les

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massacres), Tallien vint à la bariv do l'Assoinblée annoncer que la iniinicipaliti'' avait fait arrêter les prêtres perturbateurs, el jpie sous peu de jours le sol <le la liberté en serait purçé. — Karère et Ik'Iuias coufirniciit le> faits avancés par Canibon.

18 BRIMAIBI^: (8 SOVKMBUt).

Prise de Maëstriclil p.ir Joiirdan. — Prise de Niniè{|ue par l*icliejjru, brillants succès suivis h Tiulêrieur d'une victoire sur les Jacobins <jui ne coûta pas une {goutte de saixf^ à la République et acheva le triomphe de la réaction antiterroriste.

22 oni MAiiiL (12 novembre).

Fermeture du club des Jacobins, I.eçcndre s'était chargé de Texécution de l'arrêté de la Convention. Déjà, le 10 thermidor, le club avait été fermé par Lefjendre. On Pavait laissé se rouvrir, A la condition de se rt^générer par Pexpulsion d'une partie de ses membres. Un des premiers soins des regénérés fut de voter la radiation de Tallien et de Legendre. Les jeunes pcns de Barras et de Fréron, qu'on appelait des muscadins, prêtèrent mainforte à Le(;endre dans son expédition. I. es Jacobins furent l)ourrés , quelques-uns renversés et foulés aux pie<ls. Logendre ferma les portes et n)it les clefs dans sa poche. Le club ne devait plusse rouvrir que j)our se purifier en devenant un lieu consacré ù l'enseignement public primaire.

Le 5 frimaire (2.'> novembre) les sections de Paris envoyaient des adresses à la Convention pour applaudir à la mesure prise contre la société.

On ne peut pas dire qu'à la suite de la fermeture de leur club, les Jacobins cessèrent d'être retJoutables, mais ils perdirent l'instrument au moyen duquel ils avaient pu tenir en échec la ^ Convention elle-même. On commcnçaà les bafouer ouvertement.

L'estampe que nous reproduisons niontœ une députatiou de

LA RITE,'LE CLUB, LA FAMINE. m

pauvres diables qui vi»'nn«'nl présenter une pétition aux puis* sants arbitres de la paix publique :

Ah! que nonfl lierions »atisfails

Si, totijoiirs patriotes, Au lieu de faire da décrets, Vous faîtwt des calottes !

Que les Jacobins se mettent à faire des culottes, comme ils en sont prié* par tous ceux dont l'existeace dépend du plus ou moins de tranquillité de la rue et de la prospérité des affaires, il y a lieu d'espérer que le nombre des sans-culottes diminuera.

Nous ne sommes pas cependant bien éloign/'s du temps oà oelte qualification était (glorifiée partout , au club, à la Convention , au théâtre. Elle était synonyme de bon patriote et de vert {galant, deux qualités qui vont bien ensemble et qui, avec celles de boire et de battre , font sans doute un Français parfait. Dans t Heureuse Décade on cbantait :

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