‹ Paris en poche (volume 2)Chapitre 36 sur 118 · FT MONUMENTS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

FT MONUMENTS RELIGIEUX

Paris renferme de nombreuses églises, pour In plupart remarquables par leur architecture et par les souvenirs historiques qui s'y rattachent; nous vous indiquerons en détail les principales, nous bornant, pour les autres, à une simple nomenclature.

Les églises de Paris sont ouvertes toute la journée au public. Le dimanche, la grand'messe est chantée en musique vers 10 heures; dans quelques églises, telles que Notre-Dame, Saint- Roch, la Madeleine, Saint-Eustache, les jours de grande fête, on peut entendre, à la grand'messe et aux vêpres, les principaux artistes de Paris, chanteurs et instrumentistes.

XO l i:i-l>\ur. place du Parvis-Notre-Dame (Cité), ouverte toute la journée; pour visiter la tour, 20 centimes; pour voir le trésor, 50 centimes.

L'église cathédrale de Paris, commencée au douzième siè— cle, fut terminée au quatorzième; depuis le dix-septième siècle, elle a subi une série de changements qui en ont altéré la physionomie primitive. Sous la Terreur, elle devint le temple Je la Raison; les sculptures des trois portails, qui avaient été mutilées à cette époque, viennent d'être restaurées tout récetnment.

La façade de Notre-Dame peut être regardée comme un des plus beaux monuments de Fart gothique en France ; elle est composée de trois parties ou étages superposés ; à l'étage du milieu s'ouvre une superbe rosace qui a onze mètres de hauteur ; chaque face latérale a également une rosace, mais de plus petite dimension ; la façade tout entière est surmont le de deux tours carrées du même modèle, ayant soixante mètres d'élévation. Dans la tour du midi se trouve le Bourdon, la plus grosse cloche de France, que l'on ne sonne que dans les grandes solennités ; elle pèse 16,000 kilogrammes; elle fut baptisée en 1682: Louis XIV en fut le parrain. La tour renferme quatre autres cloches pour le service de l'église ; trois cent soixantehuit marches conduisent à la plate-forme, d'où l'on a une des plus belles vues du monde. Près des tours on voit la charpente ou forêt, toute en bois de châtaignier, qui supporte la couverture en plomb de l'édifice.

La flèche, qui avait été détruite en 1801, vient d'être reconstruite ; elle s'élance à une hauteur de quarante-cinq mètres; elle est en bois de chêne recouvert de plomb.

Pour visiter les tours il faut s'adresser à une petite porte que l'on voit dans le portail septentrional, et au-dessus de laquelle est une inscription indicative.

Depuis 1748, on entre de plain-pied dans la cathédrale par trois grandes portes ogivales ; il fallait auparavant monter treize marches. Les portes sont ornées de magnifiques sculptures, représentant, pour la plupart, des scènes du jugement dernier.

L'intérieur de Notre-Dame offre un aspect grandiose et imposant par l'harmonie de l'ensemble, et la hardiesse des voûtes en ogives qui sont soutenues par cent vingt et un gros piliers . On y voit cinq nefs, tandis que la cathédrale de Reims n'en a que

trois. Au promiorétage s'étend, tout autour do la nef principale e! du chœur, une galerie ornée de cent huit petites colonnes formées chacune d'une seule pierre; elle sert de trihune dans les grandes cérémonies.

Quarante-cinq chapelles forment la ceinture de cette basilique; elles renferment plusieurs tombeaux, et notamment le monument de monseigneur Affre, archevêque de Paris, tué sur les barricades, en juin 1848.

Le chœur est séparé de la grande nef par une belle grille dorée qui est un chef-d'œuvre de la serrurerie française ; il est décoré de boiseries formant des stalles et des bas-reliefs d'une sculpture remarquable ; on y voit aussi des tableaux des grands maîtres.

L'église reçoit la Jumière par les trois rosaces et qent treize vitraux. Un superbe buffet d'orgues est placé au-dessus de la principale porte d'enlrée.

Le trésor de Notre-Dame est curieux à visiter ; il contenait avant 1795 des objets du plus grand prix dus aux largesses des rois et des prélats; aujourd'hui on y voit des chasubles précieuses ainsi que divers don? des empereurs et rois Napoléon [•*, Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, tels que calices, ostensoirs, etc. Pour le visiter, il suffit de s'adresser au suisse ou au sacristain.

ÛMUBUS G. L.

LA >liin.l,ll\i:, place de la Madeleine, en face la rue Royale et la place de la Concorde.

1 e vaste temple, d'une rare élégance, a quelque rapport arec la Maison Carrée de Nîmes. Il ressemble plutôt à un lem-

pie qu'à une église catholique. Il est entouré de cinquantedeux colonnnes cannelées d'ordre corinthien, ayant quinze mètres de hauteur.

Trente marches mènent au perron de l'église.

Sur une porte en bronze, d'immenses proportions, sont représentés les dix commandements de Dieu.

Napoléon I" voulut en faire le temple de la Gloire, mais ce projet ne fut pas mis à exécution, et ce monument, rebâti pour la troisième fois, devint une église sous le vocable de Sainte- Madeleine, en vertu d'une ordonnance royale du 14 février 1816.

Sous les portiques, des niches ont été pratiquées pour recevoir des statues de saints.

Le fronton représente le jugement dernier; il est dû au ciseau de Lemaire.

L'intérieur de l'église resplendit de dorures et de marbres.

Peintures, sculptures, tout y est remarquable. La nef a huit chapelles; les deux premières servent aux baptêmes et aux mariages.

Un remarque, dans cette église, deux bénitiers en marbre soutenus par des anges gracieusement sculptés par Lemoine.

Les grandes orgues dominent la porte principale; l'office se f.iit dans, cette église d'une manière somptueuse.

Omnibus 1B. B. E. F.

NAIXT-NULPICE, place Saint-Sulpicc, faubourg Snint- Germain, tout près du Luxembourg.

L'église Saint-Sulpicc est un bel édifice aux proportions

loS lwuis l-:.\ POCHE.

grandioses, dont la première pierre fut posée en 1 055, par Anne d'Autriche,

Le manque d'argent arrêta les travaux, qui ne furent terminés qu'en 1777.

Les deux tours ne sont malheureusement pas du même modèle; celle du sud, construite par Maclaurin, date de 1749, et celle du nord, par Chalgrin, de 1777.

Il ne faut pas accuser les architectes de cette irrégularité, l'archevêque de Paris s'étant opposé à ce que d'autres églises que Notre-Dame, la métropole, eussent deux tours symétriques.

Les bénitiers sont composés des deux plus grandes coquilles connues. La république de Venise en avait fait cadeau à François 1er.

Les chapelles sont ornées de fresques de Delacroix, Abcl de Pujol, Drolling, etc.

On y voit aussi quelques tableaux assez médiocres de Yanloo, et de riches vitraux représentant les noces de la sainte Vierge.

La longueur de l'édifice est de 144 mètres, sa hauteur de 55 mètres. Le chœur a 27 mètres 50 centimètres de long; il est entouré, ainsi que la nef, de sept arcades a pilastres corinthiens.

On y voit douze statues de Bouchardon représentant les douze apôtres.

On remarque, derrière le maître autel, la chapelle de la Merge, dont la coupole, peinte à fresque par Lemoine, représente l'Assomption. La Vierge tenant l'enfant Jésus, groupe en marbre par Pajou, est d'un effet remarquable.

Les orgues de Saint-Sulpice sont au nombre des plus belles et des plus complètes qui existent.

Omnibus II. L. O. Z.

SAIVï-ROCII, rue Sain t-Honoré, près du jardin des Tuileries.

L'église Saint-Hoch lut longtemps sueeursale de Saint-Germain l'Auxerrois.

En 1655, Louis XIV et sa mère Anne d'Autriche posèrent la première pierre de ce monument, qui ne fut achevé qu'en 1740, grâce aux cent mille livres données à l'église par le financier Law, devenu catholique et contrôleur général des finances.

La construction de celte église n'offre rien d'élégant.

Le clocher a cela de particulier qu'il est en quelque sorte de l'église.

C'eal du haut des marches de Saint-Roch que le général Bonaparte foudroya, le 15 vendémiaire an IV, les troupes royalistes qui venaient de la Convention contre lui.

Celte église est la plus riche de Paris. Les cérémonies religieuses y sont célébrées les jours de fête avec une grande magnificence.

On y entend des voix remarquables et des instrumentistes de premier ordre.

Les chapelles contiennent des monuments et inarbres de personnages célèbres : du grand Corneille, de l'abbé de l'Épée, fondateur de l'institution des Sourds-Muets, du cardinal Dubois, du peintre Mignard, du duc deCréqui, de Lesdiguières, de Maupertuis, du maréchal d'Asfeld, du comte d'Harcourt, de Le Nôtre, de madame Deshoulières et de madame Lalive de Juilly.

La chapelle des fonts baptismaux, la chapelle souterraine du Saint-Sépulcre, au fond de l'Eglise, et celle de la Vierge, méritent une attention particulière.

Omnibus D. Ci.

s Al VI '-EUS T A< Ui:, rue Montmartre et place des Halle» centrales.

L'église Saint-Eustache, bâtie de 4552 à 1642, est d'un style gothique et grec s'alliant assez mal ensemble.

Le portail, commencé en 1754, est du style grec pur. Sur les portes latérales s'élèvent deux tours carrées de 56 mètres de hauteur: une balustrade couronne ces tours, dont Tune est restée inachevée, l'archevêque de Paris voulant que Notre- Dame seule fut complétée par deux tours de même forme et de même dimension.

L'intérieur de l'église, d'une grande élévation, a cinq nefs ;

la chapelle de la Vierge est derrière le choeur, on y voit une belle statue de la Vierge, par Pigalle.

De bons tableaux, signés Lagrenée, Pallière et Deschamps, ornent les diverses chapelles ; elles sont richement décorées et dorées.

On y remarque des fresques anciennes et modernes.

Incendié en 1844, le bel orgue qui remplace celui qui avait été brûlé a été construit par Cavaillé-Coll.

Omnibus l>. F. J. K. I .

PAXTHÉOX, aujourd'hui Sainte-Geneviève, placedu Panthéon (pour monter au dôme, 20 cent. ; pour visiter les caveaux, 20 cent.)

Le Panthéon, bâti d'après les plans de l'architecte Soufflot et devenu tour à tour église et temple de la Gloire, date de 1764. Louis XV Pavait dédié à sainte Geneviève, patronne de Paris.

En 1791, la Convention en changea la destination, et au lieu d'en faire une église, lui donna le nom de Panthéon, avec cette inscription : a Aux grands hommes la patrie reconnaissante. »

Redevenu église sous la restauration des Bourbons de la brandie aînée, cet édifice reprit le nom de Panthéon après la révolution de 1850.

Napoléon III ordonna, par un décret du 0 décembre 1851, que le Panthéon fût rendu au culte religieux.

L'aspect de ce monument est d'un effet grandiose : il est construit en forme de croix et mesure 110 mètres de long sur x| de large*

Trois rangs do colonnes de l'ordre corinthien, de f>(> pieds de haut, en décorent l'entrée majestueuse, à laquelle on arrive par onze marches.

La coupole, reposant sur des colonnes, est terminée par une lanterne à 82 mètres de hauteur du sol.

L'intérieur, peint par Gros en 1824, représente sainteGeneviève recevant les hommages des rois de France.

Celte peinture s'étend sur 3,256 pieds.

Le fronton est illustré par le ciseau de David d'Angers.

La France y est représentée distribuant des couronnes aux enfants de la patrie; un choix d'hommes célèbres y figurent, protégés par la Liberté et l'Histoire.

On y remarque le général Bonaparte et d'autres grands capitaines de la République et de l'Empire.

Au-dessous du Panthéon, sont des caveaux soutenus par 20 piliers ; ils sont destinés a recevoir les restes des grands hommes.

Le premier qu'on y déposa fut Mirabeau (5 avril 1791), qui aujourd'hui est au Père-Lacl:aise.

On y éleva des monuments à Voltaire et à Rousseau.

Les dépouilles mortelles de Lagrange, de Bougainvillc, de Lannes, duc de Montbéllo, et deSoufflot y furent ensuite déposées.

De la base du monument jusqu'à la galerie qui couronne la coupole, il y a 515 marches à franchir. De cette hauteur la vue est magnifique.

Remarquez, dans le transept de gauche, l'autel de la Vierge; dans celui de droite, l'autel de sainte Geneviève, et a côté, la chasse miraculeuse de la patronne de Paris.

Omnibus AF. J.

SAIM <.fr>iai\ l \i \i itnois. place Saint-Ger-

mam P Auxerrois, en face la colonnade du Louvre.

L'église Saint-Germain VAuxerrois, autrefois la paroisse des rois de France, a été fondée par Chilpéric, et saint Germain en esl le patron.

Détruite par les Normands, elle fut relevée à la fin du quinlième siècle. Divers événements politiques font rendue célèbre à juste titre.

C'est de son clocher qu'est parti, en 1572, le premier signal du massacre de la Saint -Barthélémy.

Ko IK.'I, un service funèbre v fut célébré en commémoration de la mort du duc de Berry. Cette cérémonie avant été ma]

vue par les hommes de la révolution de juillet, qui venaient de mettre la branche d'Orléans sur le trône à la place de celle des Bourbons, l'église fut fermée ; on y établit la mairie du quatrième arrondissement. Elle ne fut rendue au culte qu'en 1858, après l'apaisement des passions politiques.

On y entre sous un porche de style sarrasin, derrière lequel se trouve placé un très-beau buffet d'orgues.

Cette église possède cinq nefs comme jNotre-Dame.

Les peintures, sculptures et vitraux qui ornent l'intérieur et l'extérieur sont d'exécution moderne.

On remarque, dans la nef transversale du midi, un bénitier exécuté d'après un dessin de madame de Lamartine.

Les croisées sont illustrées de vitraux peints. Le portail, restauré nouvellement, est cité comme une merveille du style gothique.

Pour rendre plus régulier l'aspect de ce monument, dont la façade ne correspond pas a l'entrée du Louvre, on vient de construire à côté, et dans les mêmes proportions, un bâtiment où a été transférée la mairie du premier arrondissement. Une tour élégante sépare les deux édifices.

Omnibus C. B. S.

SAIXT-ETIEW'E DU MONT, derrière le Panthéon et place Sainte-Geneviève.

L'église Saint-Etienne, avec ses trois nefs, sa voûte aérienne et son jubé, qui sépare la nef du chœur, est une des églises les plus intéressantes à visiter, elle date de 1 121 ; sa petite tour circulaire remonte à 1222.

La première chapelle du pourtour du chœur, où se trouvait jadis le tombeau de sainte Geneviève, mérite d'attirer d'une manière toute spéciale votre attention.

La chaire, d'un travail remarquable, est soutenue par une statue de Sainson.

Les vitraux datent du seizième siècle ; des tableaux précieux du dix-huitième et du dix-neuvième siècle ornent les murailles de cette église.

Parmi les illustrations dont les restes sont déposés à Saint- Etienne du Mont on distingue Pascal (1 60fc2) et Racine (1699).

Des tablettes de marbre indiquent les noms des personnages illustres reposant dans les chapelles.

C'est dans cette église que le fanatique Verger assassina d'un coup de poignard l'archevêque de Paris Sibour.

Omnibus AI'. J.

I UI.ISï: SAIVrE-CXOTILDE, place Bellechasse, rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Germain.

L'église Sainte-Clotilde, inaugurée le 20 novembre 1857, est une imitation de l'architecture du quatorzième siècle.

Ce qu'elle a de plus remarquable, c'est sou triple portail, il une décoration parfaite, et sa sonnerie, une des plus sonores et des plus harmonieuses de toutes les églises de Paris.

I ileux flèches, d'une dimension symétrique, sont d'un bon aspect et d'un excellent style architectural.

!»• -s statues, œuvres remarquables deFromenger, Geoffroy, Lebarirel, Maillet, etc., décorent le portail principal et les portails Latéraux ; l'intérieur est également riche de sculptures de grands maîtres. I >**s peintures nombreuses ornent les chai" Uea «lu chœur et du transept.

Des verrières spleodides sont dues aux talents de Maréchal, Hesse, Lainothe, Galimard et Jourdy.

10(5 PARIS i:.\ POCHE.

Des stalles en bois sculpté ornent les deux travées du chœur.

Le maître autel, resplendissant d'or et d'imitation dcpierrcs précieuses, est tout en pierre.

L'orgue est un magnifique instrument, doté de 40 jeux divisés en trois claviers.

Omnibus AF. X. Y. Z.

S AB VI j;ilUI AIX DES PRÉS, place Saint-Gmnain-des Prés et rue Bonaparte.

L'église Saint-Germain des Prés est une des plus anciennes de Paris. Devenue fabrique de salpêtre sous la Révolution, elle fut enfin restaurée et rendue au culte en 1824.

On y remarque le clocher, et à l'intérieur, de nombreux tableaux et boiseries sculptées.

Depuis 1852, on y a rétabli l'ancienne décoration intérieure, tout en couleur et parsemée de dorures.

Les vitraux sont de date moderne.

Les fresques du chœur sont dues au pinceau de Flandrin.

Dans les nefs transversales sont les monuments funéraires de la famille Caslellan (dix-septième siècle) et de Casimir V, roi de Pologne (1672.)

Omnibus O. V. Z.

SAINT-VINCENT DE PALE, place Saint-Vincent de Paul et rue Lafayette tout près de la gare du Nord.

Cette belle église, édifiée en 1824, et livrée au culte le 21 octobre 1844, est a dix mètres au-dessus de la place Lafayette;

on v arrive i>;u- des rampes affectant la forme de celles de la

cour du palais de Fontainebleau.

Le fronton du péristyle -est soutenu par douze colonnes de Tordre ionien. On y voit saint Vincent de Paul entre la Foi et la Charité.

La porte, de fonte, construite par Farochon, est d'un effet grandiose. Chaque compartiment contient la figure d'un apôtre. L'église a cinq nefs.

Deux tours élégantes, de quarante mètres de haut, couronnent le monument : l'une contient les cloches, l'autre l'horloge.

Sur des piédestaux coupant le parapet, on voit les statues de saint Matthieu, de saint Luc, de saint Mare et de saint Jean.

L'intérieur de l'église est orné de colonnes et de peintures remarquables.

Des grilles entourent le chœur et les chapelles.

Les boiseries des stalles représentent des saints, dont les noms se rapportent a ceux de la famille d'Orléans.

Omnibus AC. \.

\o s iti -i> \m DE loitiiii place Notre-Dame-de-

I orette et en face de la rue Laffitle.

L'église Notre-Dame de Lorette, construite sur les dessins de l'architecte Lobas, a été faite sur le modèle d'un ancien temple de ftome; aussi ressemble-t-elle plutôt à un éditice mondain qu'à un temple catholique.

Tout y respire le luxe et l'élégance. La façade, sur la rue Laffitte, est d*un effet remarquable. Un portique soutenu pai quatre colonnes de l'ordre corinthien supporte l'entablement.

On y lit cette inscription : Beatx Maris Virgini Laurelanx (à la bienheureuse vierge Marie de Lorette).

La nef principale a 8 mètres de large sur 50 mètres de longueur; il y a, en outre, deux nefs latérales et des chapelles.

Un beau buffet d'orgues est placé dans l'église au-dessus du portail. Le chœur est orné de peintures, signées Drolling et Heim. Les chapelles sont décorées des fresques de Blondel et de Perrin.

La musique et le chant y sont d'un goût recherché ; on s'aperçoit qu'on est dans le quartier des artistes et des favoris de la fortune.

Omnibus II. II. J

KOTRE-DAME DES VICTOIRES, place des Petits- Pères et rue No tre-Dame-des -Victoires.

L'église Notre-Dame des Victoires date de Louis XIII, qui fonda cette église, consacrée à la Vierge, en mémoire des victoires remportées sur les protestants de la Rochelle, de là son titre de Notre-Dame. On l'appelait aussi les Petits-Pères, du nom des Augustins déchaussés, qui firent continuer les travaux de cette église, terminée seulement en 1740.

Son portail est l'œuvre de Cartault. Il est d'ordre ionique et corinthien. Cette église n'a qu'une nef accompagnée de six chapelles; elle n'a point de bas-côtés.

Sa longueur est de 45 mètres, sa largeur de 10 mètres 70 centimètres, et sa hauteur de 18 mètres.

Remarquez la coupole, dont la voûte est ornée d'une Gloire, et la chapelle de la Vierge illustrée de nombreux ex vola.

Vous trouverez dans les chapelles les mausolées du musicien Lulli et de Vassal.

Omnibus F. I. IV V.

ÉGLISE s \ l Yi'-il ntie l . rue Saint-Martin, près de la rue de Rivoli et du nouveau square Saint- Jacques.

Son origine remonte à 1200, elle fut reconstruite au seizième siècle et érigée en paroisse du temps de François Ier.

Le style de ce monument est le gothique pur.

Cette église possède, entre autres tableaux remarquables, une sainte Vierge de Vanloo.

Elle a cinq nefs, des vitraux remarquables et un beau por* tail du style dit flamboyant.

i i.i.isi: s\i\i-i i (.i:\i:, rue du Conservatoire, Faubourg Poissonnière. Cette église, construite tout en fer, est un mi bijou, an point de vue des décorations intérieures.

Viennent ensuite: Saint-Ambroise, rue Popincourt ; V Assomption, à l'angle des rues Saint-Houoré et de Luxembourg ;

Sainte-Elisabeth , rue du Temple; Sainl-Gcrvais , derrière l'Hôtel de Ville; Saint-Jacques du Haut-Pas, rue Saint-Jacques; Saint-Laurent, faubourg Saint-Martin; Saint-Leu, boulevard de Sébastopol ; Saint-Louis d'An tin, rue Caumnrtin; Saint-Nicolas des Champs, rue Saint-Martin; Saint- Nicolas du C/iardonnet , rue Saint-Victor ; Notre-Dame Bonne-Nouvelle, rue de la Lune; Saint-Paul Saint-Louis, rue Saint-Louis au Marais; Saint-Philippe du Houle, rue du faubourg Saint-Honoré, 154; et Saint-Séverin, rue des Prêtres Saint-Séverin.

Nota. — Deux magnifiques églises, Saint- Augustin, boulevard Malcsherbes, et la Trinité, rue de Clichy en face la rue Saint-Lazare, sont aujourd'hui en construction, nous en parlerons dans notre seconde édition.

CHAPELLE EXPIATOIRE. — Une chapelle expiatoire fut érigée, rue d'Anjou Saint-Honoré, par les ordres de Louis XVIII, à la mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette, victimes de la fureur révolutionnaire en 1795.

Cet édifice est l'œuvre de Fontaine et Percier; il fut terminé en 1826, en la deuxième année du règne de Charles X.

La chapelle est en forme de croix, surmontée d'une coupole.

A l'intérieur, on remarque deux groupes de marbre dus au ciseau de Bosio. A droite est représenlé le roi Louis XVI qui monte au ciel soutenu par un ange (portant les traits de madame Elisabeth, sœur du roi). Et à gauche la reine Marie- Antoinette, soutenue par la Religion. Au-dessus de la porte d'entrée est une allégorie, la translation des cendres à Saint- Denis, par Lemaire. ,

Le pavillon attenant est habité par deux ecclésiastiques char-

gés de dire tous les matins, a 0 heures, un; messe basse en mémoire de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Nota. — Si Ton veut visiter le monument, s'adresser au suisse (gratification 50 centimes).

< IM I S XO\ MIIKMIOUS.

Temples protestants. — Oratoire, rue Saint Honoré, 157 ; Visitation, rue Saint-Antoine, 216; Pentemont, rue de Grenelle Saint-Germain, 106.

Temples luthériens. — des Billettes, rue des Billetles, 16; Rédemption, rue Cliauchat, 5.

Culte anglican. — Rue d'Aguesseau, 5; avenue Marbeuf, 10 bis.

Église évangélique réformée. — Rue du Temple ; rue de Provence, 44.

Chapelle wesleyenne. — Rue Royale Saint-Ilonoré. Église suisse. — Rue Saint-Honoré, 557.

Culte Israélite. — Synagogue, rue Notre-Dame-dc-^azareth, 15; temple succursale, rue Lamartine, 25.

Église grecque. — Église russe, rue de la Croix du Houle, près du parc Monceaux.

L'église russe, dont le dôme elliptique et tout doré attire de loin les regards, date de deux ans à peine: elle a coûté à construire plus d'un million.

Cette église est du style byzantin moscovite ; sa forme comme eosemble est celle d'une croix grecque.

Ses dispositions intérieures ne ressemblent en rien à celles de nos églises; elle brille par de riclicb dorures et des peintures remarquables.

Le dimanche on y dit la messe à onze heures ; pour y être admis, il faut être Russe ou s'être fait présenter.

S'adresser dans la semaine au gardien pour visiter le monument.

lft.tfNfa

CIMETIÈRES. — Les cimetières de Paris, placés jadis près des églises, et reculés en 1804, en dehors des murs d'enceinte, se trouvent compris aujourd'hui dansl'intérieur du nouveau Paris.

En outre des communes annexées qui toutes ont leur cimetière, Paris possède trois cimetières principaux ayant seuls un intérêt réel pour l'étranger.

Ce sont les cimetières du Père-Lnchaise, de Montmartre et du Montparnasse.

Le c2 novembre de chaque année, jour de la Toussaint, les

Page 1