SQUARES
square Baint-Jacque». — Le square Saint-Jacques, au centre duquel s’élance l'ancienne tour Saint-Jacques, est le centre d’un quartier entièrement neuf, bordé de tous côtés par de grandes et larges voies, aux constructions riches ft élégantes, habitées par le haut commerce.
Ce jardin, un des plus fréquentés de Paris, se distingue, entre tous, par ses frais gazons, ses beaux massifs et son animation toute particulière.
square Louvot». — Le square Louvois, situé rue de Richelieu, en face la Bibliothèque Impériale, occupe l’emplacement de l’ancien Opéra, aux portes duquel fut assassiné le duc de Berry, le 13 février 1820.
Une gracieuse fontaine, œuvre charmante de Visconti, occupe le centre de ce jardin en miniature.
(Voir Fontaine Louvois, page 184.)
Square nontholon. — Rue Lafayette et rue Montholon. Le square Montholon, qui, comme on en peut juger par les constructions voisines, a exigé des travaux considérables, mérite une mention toute particulière pour son orginalité et son élégante disposition.
Au centre , on admire une belize cascade rappelant un peu celle du bois de Boulogne.
Square de» innocent». — Le square des Innocents, placé à gauche des nouveaux pavillons des Halles centrales, du côté de la rue Saint-Denis, mérite une visite.
C’est dans ce square qu’a été transportée, pierre à pierre, la célèbre fontaine de Jean Goujon, aujourd’hui mise en harmonie
avec les constructions de ce quartier. Rien, de gracieux comme les naïades sculptées sur chacun des côtés de la fontaine.
Viennent ensuite les squares de la Trinité, de la place Malesherbes, de V église Sainte-Clotilde, de Vaugirard, de Belleville, de Grenelle, de Montrouge et de Charonne.
PROMENADES
Promenades. — En dehors de ses monuments et de ses palais, Paris possède encore des promenades qui, toutes, ont leur cachet particulier et leur attrait.
Ce sont : les boulevards, les Champs-Elysées, le bois de Boulogne, le bois de Vincmnes, le parc Monceaux, les Buttes-Chaumont et le parc de Monsouris.
PROMENADES
CHAMPS-ELYSÉES. — En sortant du jardin des Tuileries, vous arrivez directement sur la place de la Concorde ; jetez un coup d’œil sur le magnifique ensemble de cette place : à droite, la Madeleine; à gauche, le palais du Corps législatif; au centre, l’Obélisque avec ses fontaines, et en face, l’Arc de triomphe de l’Étoile, faisant suite à la grande avenue.
Convertis aujourd’hui en jardins partiels, les Champs- Élysées avec leur animation, leurs fontaines, leurs monuments, sont devenus la promenade favorite des étrangers ; vous y trouverez de jolis cafés, des chalets, et des surprises pour tous les âges.
Pour l’innocence, les voitures de chèvres, les Guignols, le cirque de l’Impératrice, les chevaux de bois et les bateaux aériens.
Pour vous, étrangers sérieux, le Palais de V Industrie, le Panorama , la maison Romaine , Y Arc de triomphe.
itinéraire. — En sortant de la place de la Concorde, passez entre les deux chevaux de Marly , groupes remarquables de Coustou, et suivez la grande avenue dominée par l’Arc de triomphe.
A votre gauche, l’ancien Palais de l’Industrie, avec son fronton élégant; plus loin, le Concert des Champs- Élysées, et le panorama célèbre de Solferino.
A votre droite, deux cafés chantants, de jolies fontaines, les théâtres-Guignols, le cirque de l’Impératrice.
C’est près du cirque, au centre de la grande avenue, que se trouve le Rond-Point, près duquel on a ménagé de jolies corbeilles de fleurs, avec jets, d’eau.
Après le Rond-Point, on arrive, par une magnifique avenue, à la barrière de l’Étoile ou Arc de triomphe, autour duquel rayonnent douze boulevards ou avenues.
PALAIS POMPÉIEN, avenue Montaigne, 18, visible toute la journée, prix d’entrée 1 fr.; ancienne résidence du prince Napoléon. L’architecture, la statuaire, les fresques, les ornementations, le mobilier, sont toute une histoire visible de l’art antique. On dirait un palais de
PROMENADES. 169
Pompéi qui vientde sortir de terre comme par enchantement. L’illusion est complète.
Citons, au nombre des curiosités du palais, un musée de tableaux et de statues; un théâtre, une salle de concert, et un diorama qui vous fait assister à un véritable voyage à Pompéi. (Livret par Arsène Houssaye, Théophile Gautier et Charles Coligny.)
liaison François I er , Cours-la-Reine, 16. — Type parfait du style de la Renaissance, ce vrai bijou d’architecture a été transporté, morceau par morceau, de Moret aux Champs-ÉIysées, en 1826. Les armes de François I er
et six jolis médaillons viennent compléter ce petit chef-d’œuvre ' de Jean Goujon.
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Cafés chantants. — Promenez-vous aux Champs- Élysées vers les huit heures du soir, vous, entendrez des voix lointaines, mystérieuses; ce sont les cafés chantants qui vous invitent au plaisir. Laissezvous entraîner, au moins une fois, dans ces nouveaux palais d’été; je ne vous garantis ni les consommations, ni la musique, mais il y â de jolies femmes, gracieuses, agaçantes et très-friandes de galanteries ; rien ne leur fait plaisir comme un bouquet. Avis aux galants chevaliers.
(Pour le Panorama , Cirque de l'Impératrice, Bal Mabille, Concerta «les Champa-Élysées, voir Plaisirs de Paris.) ’
t’ARIS EN POCHE.
LES BOULEVARDS. — Paris ne doit pas être étudié par l’étranger au point de vue seulement de ses monuments; ses mœurs, son luxe, ses produits et surtout son industrie en ont fait une ville unique, la première du monde et la plus curieuse à observer.
Par une belle journée, et vers les quatre heures, ou le soir vers les neuf heures, partez de la Madeleine en suivant les boulevards; vous pourrez dire alors : J’ai vu Paris, car Paris est tout entier, à certaines heures, sur les boulevards.
Êtes-vous industriel, négociant, regardez les magasins; voyez avec quel talent, quel art, quel ^oût parfait l’industrie parisienne sait se produire.
Êtes-vous flâneûr par excellence, regardez les cafés, les promeneurs; en un mot, suivez le monde, vous aurez ainsi une idée du vrai Paris ; partout de l’agitation, du mouvement, et, par les beaux jours, de riches et beaux équipages.
Les cafés, surtout, avec leurs galeries à jour, ont quelque chose de vraiment féerique.
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PROMENADES
Les boulevards de Paris sont trop nombreux pour que nous puissions faire ici l’historique de chacun d’eux.
Citons,, comme les plus fréquentés, les boulevards de la Madeleine , des Capucines, des Italiens, Montmartre , Poissonnière, Saint-Denis, du Temple, àes Filles-du-Cahaire, Beaumarchais, de Strasbourg, de Sébastopol (rive droite, rive gauche), Magenta, du Prince-Eugène, Malesherbes , Richard- Lenoir, etc.
Note Importante. — Le meilleur moyen de bien juger lesboulevards’et de les voir dans leur ensemble, est de prendre à la Madeleine l’omnibus B, couleur jaune, allant de la Madeleine à la Bastille pour 15 centimes. Vous pourrez, du haut de. l'impériale, jouir d’un magnifique panorama. De la Bastille, revenir par le nouveau boulevard Hichard-Lenoir, et le botilevard du Prince-Eugène qui vous ramène au Château-d’Eau.
UE BOIS DE BOULOGNE. — Le bois de Boulogne, situé aux portes de Paris, est devenu, depuis ses nouveaux embellissements, une des plus belles promenades du monde ; cascades, rochers, lacs, pelouses, chalets, tout se trouve réuni dans cette forêt en miniature.
Moyens de transport. — On peut se rendre au bois de Boulogne à pied, en voiture ou en chemin de fer.
En voiture. — Si vous êtes en famille, le moyen le plus
économique pour visiter le bois de Boulogne, est de prendre une voiture à l’heure ou à la journée. Trois heures suffisent pour parcourir le bois en détail.
Tarif de» voiture». — Les voitures, pour se rendre au bois de Boulogne, ne peuvent être prises qu’à l’heure. Elles coûtent :
Voitures de place , à 2 et 3 places, * fr. 50 c. l’heure ; à 4 et 5 places: * fr. 95 c. Toitures de remise, 3 fr.
Nota. — Si vous ne gardez pas votre voiture jusqu’à votre retour dans Paris, vous devez au cocher 1 franc d’indemnité s'il s’agit d'une voiture de place, et 2 francs s’il s’agit d’une voiture de remise.
En chemin de fer. — Par le chemin de fer d’Auteuil (gare Saint-Lazare), partant toutes les demi-heures.
Prix dans la semaine : Diligences, 40 c., wagons, 30 c.
Et les dimanches : id. 60 c., id. 45 c.
Prendre votre billet pour l'avenue de l'Impératrice, station la plus rapprochée du bois.
Vous trouverez, place de la Bourse et place du Palais-Royal, des omnibus qui vous conduisent directement au chemin de fer pour 30 centimes,
Omnibus de Courbevoie : Lettre c, couleur jaune, partant de la rue du Louvre et passant à, la porte Maillot.
Itinéraire jusqu’au bois de Boulogne. — Allezvous à pied ou en voiture au bois de Boulogne, suivez la rue de Rivoli, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et l’avenue de l’Impératrice, jusqu’à la porte Dauphine.
Arrivez-vous par le chemin de fer, descendez à la station de l’avenue de l’Impératrice, et dirigez- vous sur la porte Dauphine, après avoir jeté un coup d’œil sur l’avenue de l’Impératrice, dominée parl’ArC'de triomphe.
Itinéraire dans le bois. — Pénétrez d^RS le bois par la porte Dauphine, qui fait immédiatement suite à
PROMENADES
l’avenue de l'Impératrice ; prenez en face la route du lac , vous arriverez directement au lac inférieur.
Petits bateaux. - On peut se promener en bateau, sur la • grande rivière, aux prix suivants, calcules pour 30 minutes, et réduits de moitié pour les promenades sur le lac : une personne t fr. ; deux personnes, 2 fr. ; de trois à sept personnes, 3 fr. ; de huit à quatorze personnes, 5 fr. Au delà de 30 minutes, on compte par 15 minutes.
Faites en vous promenant le tour du lac, vous aurez en face de vous, à voire droite, le chalet des Iles; et un peu plus loin, suivant toujours le bord de l’eau, vous arriverez au rond des cascades.
Admirez le Kiosque , le lac supérieur, les rochers, leurë belles nappes d’eau, et rendez vous au Pré Catelan, le plus merveilleux de tous nos jardins, où vous pourrez entendre, tous les dimanches (saison d’été), d’excellents concerts. Prix d’entrée : 1 fr.
Du Pré Catelan, dirigez-vous directement vers la grande cascade; vous jouirez, sur la hauteur, du plus grandiose des panoramas.
En face de vous, la Seine répandant ses eaux bienfaisantes sur de vastes prairies ;
PROMENADES
A votre gauche, le moulin, dernier vestige de l’ancienne abbaye de Longchamps, et le champ des courses.
A votre droite, sur la hauteur, le Mont-Valérien , le fort le plus élevé de Paris, et sur le plateau, le champ d’entrainement, où l’Empereur passe les revues.
A gauche de la grande cascade, vous trouverez un café-chalet, dit café des Cascades , où vous pourrez dîner sous les ombrages. Le prix moyen des portions varie de 1 fr. 50 à 2 fr., et le vin de 2 à 3 fr. la bouteille.
A droite, des voitures qui stationnent pendant toute la journée.
Retour. — Prendre, pour revenir, la grande et belle allée dite de Longchamps, qui vous conduira, sans détours, au Jardin d’acclimatation.
I.e Jardin d'ncclluiatn(l«n du bois de Boulogne, placé entre la porte des Sablons et ceile de Madrid, est ouvert toute la journée.
Prix d’entrée : en semaine, 1 fr. ; le dimanche, 50 centimes. — Pour une voiture et la livrée, 3 fr.
Cet établissement, fondé par une société d’actionnaires, a pour but de répandre et d’acclimater les espèces animales et végétales qui offrent le plus d’utilité ou d’agrément.
Merveilleusement organisé et dirigé, il est devenu l’une des promenades les plus agréables et les plus fréquentées.
Moyen* de transport. — l® Chemin de fer d’Auteuil, partant tontes lés demi-heures. S’arrêter à la station de la Porte-Maillot ou à celle de l’avenue de l’Impératrice. 2 ° Omnibus de Neuilly, I., C couleur jaune, stationnant rue du Louvre. 3° Omnibus de Suresnes, stationnant rue du Bouloi. Ces deux omnibus passent, avenue de Neuilly, tout près du Jardin. 4° Voitures de place et de remise.
Remarquer particulièrement la magnanerie, les volières, plus de deux cents parquets, les écuries, l’aquarium d’eau douce et d’eau de mer, le jardin d’Hiver, et le palais des Fleurs.
Aquarium. — Une disposition ingénieuse place le visiteur dans l’ombre, et les poissons en pleine lumière.
Dans chacun des quatorze bacs, constamment pourvus d’une eau vive et limpide, des rocher^, habilement ménagés et couverts de verdure offrent un charmant aspect, sans cesse varié par les évolutions des poissons et des coquillages qui peuplent ces cages aquatiques.
Achats d'animaux. — On vend dans le Jardin d'acclimatation, aux personnes qui en font la demande, des animaux et des plantes faisant partie des collections.
Des œufs de toute espèce, de poules, de canes, etc., sont à la disposition du public.
S’adresser, à cet effet, soit à la direction (en entrant à droite), soit à l’inspecteur en chef.
Tout près du Jardin d’acclimatation, se trouve un restaurant heureusement connu pour son confortable tout princier. C’est le pavillon d' Armenonville.
Retour h Paris. — Si vous êtes en voiture, prenez, pour revenir, l’avenue de Neuilly, le boulevard Monceaux, le parc Monceaux, le boulevard Malesherbes, la Madeleine et les boulevards de la Madeleine et des Capucines.
Si vous êtes à pied, revenez à Paris soit par l’omnibus c, couleur jaune, passant avenue de Neuilly, prix 15 ou 30 centimes; soit par le chemin de fer d’Auteuil.
PARC MONCEAUX. — Le parc Monceaux doit sa création à Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres (1770).
Carmontelle en avait fait, suivant la chronique, un délicieux jardin parsemé de grottes, d’obélisques, de cascades, de ruines grecques, gothiques, etc.
Propriété, sous l’Empire, de Cambacérès, et devenïi plus tard propriété de l’État, ce joli parc est aujourd’hui un jardin public, formant le centre d’un nouveau quar-
PROMENADES
tier, où viennent aboutir de grandes artères ; nous voulons parler des boulevards Monceaux et Malesherbes, etc.
Le parc Monceaux , ouvert toute la journée aux voitures et aux piétons, est, sans contredit, une des plus délicieuses promenades du nouveau Paris.
On remarque sa belle grille d’entourage, brillante de dorures, qui relie, les unes aux autres, quatre grilles d’entrées monumentales, d’une magnificence exceptionnelle ; et une colonnade à laquelle on a donné les apparences d’une demi-ruine, entourant un bassin semi-cir- • culaire, alimenté par une rivière qui serpente au milieu de parterres gazonnés.
Demandez aux gardiens le chemin de la Grotte artificielle, d’où s’échappe avec fracas une cascade en miniature; — viennent ensuite : bassin ovale ou Naumachie; — la pyramide et la belle rotonde qu’habitent les gardiens-chefs.
Omnibus ns.
BOIS DE VINCENNES, à 2 kil. du château, remarquable comme le bois de Boulogne par ses cascades, ses pelouses, ses massifs, et ses belles pièces d’eau.
Moyen** de tran.xport. — On peut se rendre au bois de Vincennes, en voiture ou par le chemin de fer.
En voiture. — Le tarif des voitures est le même que pour le bois de Boulogne , c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être prises qu’à l’heure, et au tarif suivant, savoir : 2 fr. 50 pour les voitures de place, de deux et trois places; 2 fr. 75 pour les voitures de place, de quatre -et cinq places; et 3 fr. pour les. voitures de remise. — On peut se rendre en voiture au bois de Vincennes, soit par la barrière du Trône, soit par la barrière de Charenton.
En chemin de fer. — Par le nouveau chemin de fer de la Bastille; avoir bien soin de ne pas s’arrêter à la siation de Vincennes, mais bien à celle de Fontenay-sous-bois, de manière à arriver en pleine forêt. Prix pour Vincennes, 50 c., 30 c. et 15 c.; départ toutes les demi-heures. Prix pour Fontenay, 70 c., 50 c. et 20 c.
Le bois do Vincennes, dont l’étendue est de 876 hectares, est, sans contredit, depuis sa nouvelle tranforma-
tion, la plus pittoresque et la plus accidentée de nos promenades; moins fréquenté et moins bruyant que le bois de Boulogne, on peut encore y rêver solitairement et oublier que l’on est à 7 kil. du centre de Paris.
A l’entrée du bois, à la station de Fontenay, se trouve un restaurant-chalet situé, au centre des cascades et des rivières, dans une position enchanteresse.
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'Hippodrome de Vincennes, voir Article spécial des courses.
BUTTES-CHAUMONT. — Le plus extraordinaire, le plus merveilleux peut- être, des travaux entrepris sous Napoléon III, est la transformation des Buttes-Chaumont, situées au nord de Paris, entre Belleville et la Villette, en un vaste parc, d’une superficie de 22 hectares.
Ces buttes qui n’étaient autrefois qu’un vaste espace de terrains âpres, incultes, coupés de ravins et de fondrières, et sur le sommet desquelles s’élevait le fameux gibet de Monlfaucon deviendront une des promenades les plus fréquentées du nouveau Paris, digne de rivaliser avec les bois de Boulogne, de Vincennes, et le parc Monceaux.
Le chemin le plus court pour arriver aux Buttes-Chaumont, est de suivre le faubourg Saint-Martin, la rue Lafayette, et la rue Puebla. Les omnibus de la Villette et de Belleville vous y conduisent.
Omnibus m, t*. !..