ET MONUMENTS RELIGIEUX
Paris renferme de nombreuses églises, pour la plupart remarquables par leur architecture et par les souvenirs historiques qui s’y rattachent ; nous vous indiquerons, en détail, les principales, nous bornant, pourles autres, à une simple nomenclature.
Les églises de Paris sont ouvertes, toute la journée, au public. Le dimanche, la grand’messe est chantée en musique, vers 10 heures; dans quelques églises, telles que Notre-Dame, Saint-Roch, la Madeleine, Saint-Eustache, les jours de grande fête, on peut entendre, à la grand'messe et aux vêpres, des morceaux de musique chantés par les premiers ar tistes de Paris.
Notre-Dame, place du Parvis-Notre-Dame (Cité), ouverte toute la journée; pourvisiter les tours, 20 centimes; pourvoir le trésor, 50 centimes.
L’église cathédrale de Paris, magnifique monumenf de l’art gothique, doit sa fondation au roi Childebert.
Tombée en ruines, puis rebâtie, elle ne fut terminée qu’au quatorzième siècle; depuis le dix-septième siècle, elle a subi une série de changements qui en ont altéré la physionomie primitive; sous la Terreur, elle devint le temple de la Raison.
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ÉGLISES
Les sculptures des trois portails, qui avaient été mutilées à cette époque, viennent d’être magnifiquement restaurées.
Vaçade. — La façade de Notre-Dame est composée de trois parties ou étages superposés; à l’étage du milieu, s’ouvre une rosace magnifique d’une hauteur de 11 mètres : chaque face latérale est ornée également d’une rosace de plus petite dimension. La façade est surmontée de deux tours carrées, du même modèle, qui ont 68 mètres d’élévation.
*.cs tours. — Pour faire l’ascension des tours, il faut s’adresser à gaushe de l’église, rue du Cloître-Notre-Dame, prix (20 c).
Les tours de Notre - Dame sont une des curiosités de Paris; 368 marches vous conduisent à la plate-forme, d’où l’on jouit d’un magnifique panorama.
Dans la tour du midi, se trouve le bourdon, la cioche la plus grosse de France (2 m. 60 c. de diamètre); on ne le sonne que dans les grandes solennités; il pèse 16 000 kilogrammes, le battant seul est du poids de 488 kil. Cette cloche fut baptisée en 1672 : ce fut Louis XIV qui en fut le parrain.
La tour renferme quatre autres cloches pour le service de l’église. Près des tours, on voit la vaste charpente, ou forêt, en bois de châtaignier, qui supporte la couverture en plomb de l'édifice (210 120 kil.).
l.a flèche. — La flèche de l’église, détruite en 1801, vient d’être reconstruite ; elle s’élance à une hauteur de 4b mètres; elle est en bois de chêne recouvert de plomb.
Intérieur. — L’intérieur de Notre-Dame, complètement transformé depuis ses nouvelles peintures, offre un aspect grandiose et imposant par l’harmonie de l’ensemble, et la hardiesse des voûtes en ogives, qui sont soutenues par vingt et un gros piliers. On y voit cinq nefs, tandis que la cathédrale de Reims n’en a que trois. Au premier étage s’étend, tout autour de la nef principale et du chœur, une galerie ornée de cent huit petites colonnes formées, chacune, d’une seule pierre; elle sert de tribune dans les grandes cérémonies.
Quarante-cinq chapelles forment la ceinture de cette bas‘-
lique; elles renferment plusieurs tombeaux , et notamment celui de monseigneur Affre, archevêque de Paris, tué sur les barricades en juin 1848.
chœur. — Le chœur est séparé de la grande nef par une belle grille dorée, qui est un chef-d’œuvre de la serrurerie française; il est décoré de boiseries formant des stalles et des bas-reliefs, d’une sculpture remarquable; on y voit aussi des tableaux de grands maîtres.
L’cglise reçoit la lumière par les trois rosaces et cent treize vitraux. Un magnifique buffet d’orgues est placé au-dessus de la principale porte d’entrée.
Trésor. — Pour visiter le trésor il faut s’adresser à la sacristie, c’est-à-dire à droite de l’église, et en face du chœur. (Prix d’entrée, 50 centimes.)
Le trésor de Notre-Dame, conservé dans d’élégantes armoires «le la sacristie du chapitre et dans une salle capitulaire, e^t très iutéiessantà visiter; il contenait, avant 1793, des objets du plus grand prix, dus aux largesses des Rois et des prélats; aujourd’hui on y voit un reliquaire de la sainte couronne d’épines, un des clous de la vraie croix; ce reliquaire est en or massif orné de diamants et de pierres précieuses, un christ en ivoire, donné par Louis XIV à Mlle de la Valltère au couvent où elle s’était retirée; un coffret précieux, la crosse . du premier évêque de Paris, les rochets de messeignc-urs Afîre et Sibour, le premier tué sur les barricades en 1848, le second assassiné par un prêtre fanatique dans l’église Saint-Étienne du Mont, des chasubles précieuses ainsi que divers dons des empereurs et rois , Napoléon I er , Louis XVIII , Charles X, Louis-Philippe et Napoléon III, tels que calices, ostensoirs, ornements, etc. Pour le visiter, il suffit de s’adresser au suisse ou au sacristain.
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église saint-ambroise. — Nouvelle église sur le boulevard du Prince-Eugène, construite dans le style du douzième siècle, et remarquable par ses deux flèches.
l’Assomption, rue Saint-Honoré, u" 371, près du ministère des finances. — Cette église, dont le dôme imite mal celui
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de Saint-Pierre de Rome, a été bâtie sur les plans et dessin du peintre Érard, de 1670 à 1676. Son péristyle se composa de huit colonnes d’ordre corinthien. L’Assomption de la Vierge, peinture de la coupole, est l’œuvre de Delafosse.
saint-Augustin, boulevard Malesherbes. ( Nouvelle église.)
i VOIR COULEUR ROUGE, Si» 12, CENTRE.
Le style de cette église affecte plusieurs modes d’architectuîe; ainsi le dôme est du dix-septième siècle, et ses quatre campaniles du seizième, tandis que le porche est du douzième siècle.
Le portail a trois arcades, comme l’église Saint-Germain l'Auxerrois.
Au-dessus de ses arcades, apparaissent à la frise, les statues du Christ et de ses douze apôtres. Une vaste rose occupe le haut de la façade.
Au-dessus des trois portes d’entrée de l'église, on remarque trois jolies peintures, en médaillons : la Foi, l’Espérance et la Charité. Une immense crypte a été ménagée au-dessous de l’église.
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sainte~cx.otii.de. — Place Bellechasse, rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Germain.
L’église Sainte-CloliHe, commencée dès 1846, par MM. Gau •:t Ballu, a été inaugurée le 2!> novembre 1857. Son architecture est du style du quatorzième siècle.
A l’extérieur, on remarque ses trois portails en ogives et ses deux tours surmontées par une flèche (66 mètres), et sous la rose et les deux fenêtres, une galerie sculptée à jour.
Sa sonnerie est une des plus belles de Paris.
Remarquez le maître-autel orné de dorures, de pierreries et de statuettes ; la grille du chœur en pierre sculptée, sur la clôture du Chœur, des sculptures représentant (côté droit) sainte Valère; sa conversion, sa condamnation à mort, son martyre et son apparition à saint Martial; et (côté gauche) le mariage
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de Clovis, la guérison de Clodomir, le baptême de Clovis, et là mort de sainte Clotilde.
L’église, qui resplendit de verrières, est surtout riche en sculptures. Citons, par exemple, le chemin de la croix de MM. Duret et Pradier, et les verrières des bas côtés, par MM. GaHm.ird et Jourdy.
Les verrières des chapelles sont de A. Hesse; celles du chœur par Maréchal.
Remarquez les peintures murales, les stalles du chœur et le bel orgue avec tribune sculptée en bois, avançant sur la première travée de la nef.
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sainte -Élisabeth (rue duïemple). — La construction de cette église date de 1628; elle fut terminée en 1646.
On voit à l’intérieur trois nefs et. un double rang de chapelles ornées des peintures de Pérignon, Alaux, Hesse, Laf'on et Roger. Dans la coupole du chœur, on remarque l’apothéose de sainte Élisabeth, par Alaux. Boiseries sculptées des quatorzième et seizième siècles.
saint-étienne du ihont. — Place Sainte-Geneviève, près du Panthéon. (Jubé remarquable; tombeau de sainte Geneviève, patronne de Paris.)
L’église Saint-Étienne, commencée par François I er , appartient, par son architecture, aux seizième et dix-septième siècles.
Son portail, sa tour coquettement dressée, le jubé élégant qui sépare la nef du chœur, et la galerie qui l’entoure, font de cette église un des monuments les plus intéressants de Paris.
Le fronton, représentant la Résurrection, est de Debay.
C’eM. dans cette galerie, près du Christ qui la surmonte, que l’on chante, les jours de fête, l’épitre et l’évangile.
On remarquera la chaire, chef-d’œuvre de sculpture en bois, de Lestocart, des clefs de voûte d’une riche ornementation, surtout celle d’entre la nef et le chœur, et des vitraux des seizième et dix-septième siècles, de Pinaigrier et de Jean Cousin.
ÉGLISES
Tombeau de Mainte Geneviève. — C’est dans la première chapelle du pourtour du chœur, remarquable par ses peintures relevées d’or, et son style gothique, que se trouvent le tombeau et les reliques de sainte Geneviève, patronne de Paris.
Cette chapelle, remplie d'ex-voto, est ornée des peintures de Caminade; les autres peintures qui décorent Saint-Étienne du Mont sont d'Abel de Pujol, Aligny, Grenier, etc.
Parmi les tableaux anciens, on remarquera la Peste (Jouvenet), le Vœu des échevins de Paris, par Largillière (1667).
C’est à l’entrée de la nef que l’archevêque de Paris, Mgr Sibour, fut frappé par le poignard d’un prêtre fanatique (Verger), le 3 janvier 1857.
Dans la troisième chapelle de droite (nef), sont inscrits en lettres d’or sur six tablettes qui garnissent les parois des
murs, les noms des personnages illustres qui ont été enterrés dans les églises, abbayes et couvent réunis à l’église Saint- Étienne du Mont.
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sainte-eugénie. — (Rue Sainte-Cécile, faubourg Poissonnière.) Cette église a été inaugurée en 1855.
Construite par l’architecte Boileau, sur l’emplacement de l’ancien garde-meuble, dans le style du quinzième siècle.
Sauf les murailles, toute l’ornementation de l’édifice est en fonte de fer.
L’église Saint-Eugénie est un vrai bijou renouvelé du treizième siècle pour les verrières, peintures et décorations intérieures.
saint— eustachb . — (Rue Montmartre, en face des Halles; portail et grande entrée, rue du Jour.) — Les jours de grandes fêtes, messes en musique, justement célèbres.