SCÈNE IV
Les Mêmes, LE COMTE, soutenu par démener.
M"" renaud, allant prendre Us Iras du Comte. Appuyez-vous sur moi , monsieur. ..
laissez, laissez, mamsclle, ce bras là est plus . solide que le vôtre...
A rarriwôothi Comte, lf> trois frtovis’incliuant et saluent.
Le Comte passe devant eus avec bienveillance.
Lecomte. Bonjour, mes enfants, bon- • jour... (d Catherine.) Eh bien, Catherine, êtes-vous contente de ces trois grands garçons-là ?
m " 1 renaud. Hum! .. V a ben que’ques petites choses à redire.
le comte . il part. Quelques petites choses!... Elle et indulgente... Trois hommes capables de tout. . .
M”' renaud. Mais c’est jeune, ça se corrigera.. Asseyez-vous donc , monsieur le comte; vous êtes encore bien faillie...
Elle le fait asseoir.
LECOMTE. C’est vrai... Mais aujourd’hui je me sens mieux, beaucoup mieux. . La vue de cette enfant m’a fait du bien.
CLÉMENCE. Mon bon oncle!. .. Il était facile de vous procurer ce bien-là plus tôt... «I j’étais si malheureuse de ne pas vous voirt le comte. Pourquoi donc l’a-t-on tenue si longtemps éloignée de moi?...
m”" renaud, accc intention. C’est vous, monsieur le comte, qui l’avez ordonné. ..
LE comte, étonné. Moi...
M’"' RENAUD. Vous disiez qu’une jeune fille du rang de mainselle devait recevoir une brillante éducation , et pour ça , qu’il fallait la laisser longtemps en pension...
le comte. C’est juste... c’est juste...
j’ai... j’ai dit cela...
clémence. Mais il y a six mois que j’en suis sortie, et depuis ce temps. ..
le comte. Depuis ce temps, ou aurait pu l’installer ici, près de moi.
pierre, bas. Oui, maisça n’était pas dans les idées de la tante. . .
le comte. Pourquoi ne l’a-l-on pas fait , madame Reuaud ?
M"” RENAUD. Parce que...
Lecomte. Parce que?...
M"" renaud. Parce que monsieur le coude l’avait défendu...
clémence. Vous, mon oncle!
LE COMTE. Moi! encore !
Lazare, bas. H n’a pas trop l’air de s’en souvenir.
M“' RENAUD. Vous avez pensé qu’une demoiselle de dix-sepl ans ne devait pas habiter l’hôtel où demeuraient des jeunes gens.
MAGASIN THÉÂTRAL
LE COMTE. Ah ! oui... oui...
clémence. Des jeunes gens.. . quels nobles hôtes renferme donc la demeure des Clantarins, mon oncle? je croyais que tous n’aviez autour de vous que vos domestiques et leur famille.
M"' RENAUD, bas. Insolente!
les trois neveux. Mademoiselle!
M“' Renaud, d ses Neveux. Silence!...
Monsieur le comte a pensé , mamsclle , que s’il n’y avait pas danger pour sa nièce qui est trop au-dessus de nous pour ça, il pourrait ne pas en être de même de mes neveux.
LE comte, d part. Ses neveux... ses neveux !... Ah ! sans elle, je...
clémence, avec dédain. Ahl c’est de vos neveux qu’il s'agit, madame?
Lazare, bas. Sans ton amour , Jacques , elle me le payerait cher.
M me renaud. Mon Dieu, oui, des neveux d’une pauvre servante qu’on peut chasser avec elle...
le comte. Chasser... Madame Renaud...
qui a parlé de cela ?
M n,r renaud. Vous êtes assez jolie, mademoiselle, pour faire oublier la distance, et des têtes de vingt-cinq ans, ça va vite....
V’ià pourquoi monsieur le comte avait jugé à propos de vous laisser pendant quéque temps li la campagne ; mais si monsieur le comte change d’avis, s’il ordonne que vous restiez ici...
LE comte. Il me semble que nous pourrions arranger cela...
M me renaud. S’il l’ordonne, comme je ne veux pas, moi, que mes neveux forment des projets insensés, je ne les laisserai pas dans l’hôtel... ils s’en iront, retourneront au pays avec leur tante...
le comte. Comment ?
Jacques, bas. Diable 1 .. elle joue grosjeu.
M"* renaud. Nous partirons... et les soins de' mamsclle remplaceront très -bien les miens...
LE comte. Non, non... c’est impossible...
Clémence... mon enfant... il faut... être raisonnable...
pierre, bas. Elle joue grosjeu... mais elle gagne la partie.. .
clémence. Kh quoi ! mon oncle. ..
LE comte. Je ne peux pas me priver des soins de cette bonne madame Renaud... Nous nous verrons souvent... [il regarde madame Renaud) du moins... quelquefois.. . tu iras...
Al"" renaud, au Comte. Dans votre propriété de Grenelle, qui est près du château... Monsieur le comte voulait y envoyer mademoiselle avec Gertrude, sa nourrice...
le comte. C’est vrai... avec Gertrude...
j’en avais le projet.
M me renaud, à part. Allons donc!
clémence. Il faut bien que je me soumette. .. [A part.) Moi qui comptais sur lui... moi qui voulais lui parler de mon inconnu...
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