PARIS ET I.A BANLIEUE
de c' café dans Paris, nuire alfaire est sûre. . . Une fois que nous aurons pratiqué le passage | qui nous conduira à notre petite maison hors barrière , plus de danger», pas la moindre peine, et des bénéfices plus gros que loi.
DEUXIEME fraudeur. Avec ça que je suis gro<. ..
cardaillan. Il ne s'agit plus que d’al- j tendre.
DEUXIEME fraudeur. Attendre! ça t’est facile à dire, à loi... un richard!
CARDAI!. LAN. Oh ! richard, parce que j’ai une petite rente viagère...
premier fraudeur. < ,’est-à-dire trois petites reules viagères.
cardaillan. Tiens! comment sais-tu ça, toi ? |
premier fraudeur. AhI dame! c’est que ton opulence m’avait donné des soupçons...
j’avais cru que tu t'enrichissais aux dépens des amis, et...
cardaillan. Moi! fi donc!... Eh bien!
tenez, v’Ià la chose... c'est bien l'histoire la plus cocasse... Figurez-vous que j'avais un brave homme de père, la crème des honnêtes gens, qui de sou vivant avait obligé monsieur de Clamarins, un millonnaire des Champs- Elysées, si bien que le millionnaire voulant, à la mort du pauvre homme, le récompenser du service qu'il en avait reçu, lui promit de faire à ses trois fils une rente viagère de mille francs par an.
deuxième fraudeur. Mille fi ancsl peste!
cardaillan. C'était gentil... mais c'était pas lourd , et ce n’est pas avec ma part que j’aurais acheté mon établissement. Mais v’Iàl-il pas que mes deux frères, Etienne le taillandier^ et Maurice le meunier, s’avisent de mourir eu même temps et en pays étrangers.
deuxième fraudeur. Alors les deux rentes i viagères retournent au millionnaire.
cardaillan. Du tout ! et v’Ià comme je | m’y suis pris pour empêcher la chose... J’ai i acheté à Grenelle un fond de taillandier sous le nom d'Etienne, et à Charenton un petit moulin sous le nom de Maurice... De temps | en temps, je vas passer quelques mois dans chacun de ces endroits, all'uhlé de leur nom, de leur costume et même de leur langage... I car Maurice était Provençal , et Etienne Al- ! lemand d'origine; si bien que lorsque le père Pascal, le valet de chambre de monsieur de Clamarins, qui paye les trois rentes au nom de monsieur le comte, vient ici... en ma qualité de Parisien, je bois un coup avec lui, je lui serre cordialement la main, et je | touche... Quand il arrive chez le taillandier de Grenelle, cht lui zouhaile le ponchour, rhé lui temcnlc les noufetles de ton gère znnli , nous manchons une panne helite blat j le jougroûle, nous pi font ensemble une Af-
file ferre le pierre .. et je louche... Et puis enfin, quand il se présente chez le nieuniet de Charenton, ce jour-là . tron de l’air! je le reçois comme mon père , moi , ce brave monsieur de Passecallc... je tore le cou de ma plus belle poule, je l'accompagne d’une fameuse botiillabcsse que le vieux ne crache pas dessus... Non , il est content de moi, ce pauvre cher homme, comme il le l’est de mes deux frères... et je touche!... Qu’est ce que vous dites de celte petite contrcbande-lii, vous anlresT. .
DEUXIEME FRAUDEUR. Je dis que c’est superbe !
PREMIER FRAUDEUR, lui donnant un coup de poing. Satané Cardaillan, val
Sur la lin de cette scène, on a vu deux hommes fort élégamment vêtus paraître intra-muros, et s’arrêter devant le café.
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