SCÈNE II
LE RÉGISSEUR. GROSF.ILLON, CHAU- DOREILLES.
chaudoreilles. Voilà le figurant et les six lances. , , , ,
le régisseur. Comment, les six lances!
( Criant dans les oreilles de Chaudoreilles.) Quelles six lances?
chaudoreilles. Les six lances que vous m'avez demandées... Vous ne vous rappelezvous pas que vous m’avez dit : six lances I
Pendant ee« q»e'que« mots, on • tu Gro«*ill»n • ntrer avec un p*-t«t habit noir trop mort; un pantalon trep court arreté par de grands soup'eds.el un petit chapeau trèslong *-t trè' -pointu. U porte «il lances dans les bras.
LE régisseur. L’animal I... et cet autre imbécile; je vous demaude un peu, de quoi a-t-il l’air?
groseillon. Ah ça, mais cet accessoire me gêne... j’ai l’air d'une boutique d'armurier. , , ...
LE régisseur, prenant les lances qutl remet d Chaudoreilles. Voulez-vous bien reprendre cela, buu>r!
groseillon. Butor qui?... ah! butor lui, bon!..
I.E RÉGISSEUR. El maintenant, à nous deux... Vous vous destinez au théâtre, jeune homme?
GROSEILLON. Au théâtre, au théâtre...
c’est-à -dire que je me destine à Nini.
LE RÉGISSEUR, d part. Petit, pas trop mal fait, les jambes... mais avec un peu de coton et à l’bailo. ..
groseulon. Il vent me mettre à l’huile...
le régisseur. Diies-moi, jeune homme, avez- vous déjà fait l’Amour ?
groseillon, oeec fatuité. L’amour.....
mais dame...
LE REGISSEUR. Mais dame, quoi?
GROSEILLON. Pardon, monsieur, pardon; mais vous entrez dans ma vie privée... ce n’est pas une question de régisseur... ce serait tout au plus une question de bellemère.
LE RÉGISSEUR. Comment, de belle-mère?
groseillon. Ccrt.inemeiit... . Vous me demandez si j'ai fait... Après ça. entre nous, sans fatuité... je vous avouerai que...
LE RÉGISSEUR. Eli ! vous ne me comprenez pas... je vous demande si, plus jeune, vous avez représenté sur quelque théâtre le personnage du petit Dieu malin?
groseillon. Ah! Cupidou I ce petit moutard peu vètul...
LE RÉGISSEUR. C’est cela... c’est que, vojez-vous, noire Amour est tombé malade. ..
et si vous aviez montré. .. quelques dispusil lions...
GROSEILLON. Mon Dieu, monsieur, je suis prêt à montrer toutes les dispositions posai i blés.., .
LE RÉGISSEUR. Bravo 1 j’apprécie cette 1 bonne volonté...
groseillon. Après ça, je crois avoir le phv-ique du jeune homme en question... {Le tirant à part comme pour lui faire une confidente.) Entre nous, j’ai la peau trés-blani cbe...
LE RÉGISSEUR. Vraiment!...
groseillon, le titrant d'un autre câli du thidtie. Et puis un petit mollet .jepourrais même dire deux petits mollets!.. .
i LE régisseur. A no m ille!
GROSEliXON. Ab! j'oubliais; j’ai un signe sur le cou .. c'est à-dire u >e lentille... mais de loin, ça fait signe.
LE RÊGi'SEUR. Très-bien!..- mais encore une question... saurez-vous bien vous tenir | dans un chariot ?
groseillon. Monsieur, je n’ai qu’une chose à vous tépundre : je me suis tenu dans un wagon de troisième classe du cheiuiu de fer de Rouen.
LE Régisseur. Allons, allons, quand vous Serez habillé, coiffé, débarbouillé...
groseillon. Vous verrez que je ferai nu amour propre.
LE RÊGIS'ECR. Ah 1 mon Dieu ! déjà l’heure... Allez vite vous habiller. .. Louis!...
Il tonne l« cloche.
GROSEILLON, lui an étant le bras. Hein!
qu’est-ce que c’est que ça?... est-ce que l* feu est quelque par> ?...
ix régisseur. Eh I non, c’est la clocha