‹ Paris et la banlieue piece en cinq actes et onze tableauxChapitre 4 sur 77 · I.ES MÊMES, moine CARDAILLAN, paie JACQUES · texte numérisé non relu

I.ES MÊMES, moine CARDAILLAN, paie JACQUES

PIERRE, regardant du eiti de la barrière i.azare, regarde donc, là-bas !

Lazare. Ebl oui, vraiment, c'est lui !

pierre. Il nous avait devancés.

Tou* deux se lèvent, passant la barrière et vont au-devant de Jacques, qui arrive par le Ixxilevard.

PIERRE et LAZARE. Eb bien?

Jacques. Je n’ai pu la voir.

pierre. Comment !

Jacques. Nini n’est pas à la ferme.

Lazare. Ma foi, tant mieux ! j’ai dans l'idée que ta passion pour mademoiselle Clémence nous jouera quelque mauvais tour.

JACQUES. Pourquoi?

Lazare. Devenir amoureux de la nièce de monsieur de Clamarins, toi ! tu aurais dû te souvenir que nous ne sommes que les neveux de sa dame de confiance. . .

Jacques. D’abord, l’amour ne raisonne jamais. .. ensuite Clémence est si jolie, et son oncle est si riche...

pierre. Diable! si l’amour ne raisonne jamais, cela ne l’empéclie pas de calculer à merveille.

Jacques. C’est possible !... toujours est-il : que la première fois que je l’ai vue lors- 1 qu’elle est arrivée dernièrement de Toulouse... j’ai senti que j’en deviendrais amoureux fou.

lazark. Et tu espères...

Jacques. J’espère l'épousrr !...

pierre. Aurais-tu déjà commencé l’attaque ? ..

JACQUES. Oui, par un billet que j’ai fait adroitement remettre; mais je n’ai pas de réponse... et j’espérais que Nini m’en donnerait une.. .

Lazare. Meure cette jeune fille dans ta confidence, y penses-tu?

Jacques. Une soeur de lait, une amie

D’ailleurs, Nini habite la banlieue, et maintenant que Clémence vient demeurer à l’hôtel, elle n’aura que très-peu de relations avec Nini.

pierre. Et si madame Henaud se doutaiL . .

JACQUES. Notre tante. .. la superbe madame Henaud, ce diplomate féminin, ce Machiavel en jupons! que lui importe... et n’est-elle pas tout entière à sa domination chez le vieux Clamarins? Croyez-moi, elle ne songe guère à nos amours.

pierre. Elle songe à tout ; témoin Pascal Remy. ce vieux domestique, dont trente années de services avaient éprouvé la fidélité; elle a trouvé le moyen de s’en débarrasser.

Lazare. Ma foi, ce n’est pas sans plaisir, que j’ai vu déguerpir ce vieux drille.

pierre. 11 avait pourtant une ligure assez plaisante.

Lazare. Il mé semble toujours le voir avec sa grande redingote marron, son petit pantalon noir, Eon grand chapeau et ses grands bras maigres allongés comme lesailesd’un télégraphe.

pierre. L’air égaré, le visage inquiet.

Lazare. Essuyant son front comme si la soeur l’inondait, regardant de tous côtés avec crainte, et quand il se repose, ayant plutôt l’air de se dérober sous lui, que de chercher à s’asseoir.

pierre. Et ce mot qu’il répète sans cesse avec un air narquois : Serviteur de tout mon cœur.

Pendant ce tableau fait par le* deux frères, un homme portant une valise, en tout point semblable au portrait que l’on vient de faire, est arrivé par le chemin de Paris. 11 s’est essuyé le front, a regardé derrière lui avec inquiétude, a ôté son chapeau et s’est laissé tomber assis près de la table où il dépose sa valise en disant :

pascal. Ah ! serviteur de tout mon cœur. . .

Je n'en puis plus!

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