‹ Paris et la banlieue piece en cinq actes et onze tableauxChapitre 71 sur 77 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, PASCAL.

Pascal, en entrant, voit le danger de Frédéric et pousse un cri*

TOUS. Pascal!

pascal. Pardon , si je vous dérange... ce n’est qne moi.

les trois frères. Pascal !

pascal, tremblant. Oui... c’est... c’est Pascal... En apprenant que monsieur n’était pas allé chez son père, je me suis douté qu’il y avait quelque chose , un petit malentendu entre vous. Je suis retourné au moulin , où l'on m’a dit que voos vous étiez dirigés sur le bois de Vincennés. Diable I un bois, me suis-je dit, voilà ce qne c'est... monsieur Frédéric aura fait de la peine à ces bons frères Renaud, et les frères Renaud , qui sont pleins d'honneur, lui auront demandé raison... Je vois que je ne m’étais pas trompé... le lieu où je vous retrouve, ces figures sévères... et par-dessus tout, ces armes... c’est bien un duel, c’est bien un duel, n’est-ce pas?

Lazare, s'avançant. Un duel...

pascal, éloignant le pistolet de Lazare.

Pardon... tut peu plus loin, si ca vous est «gai...

pierre. Que faire?

Frédéric, bat. Malheureux, vous êtes perdus !

pascal, tant l’ecouter . Je suis venu poussé par une idée, une réflexion... Je me sais

dit : Le jeune homme n'a pas de témoin, lui, et je viens lui eu servir...

Lazare. Et vous êtes venu seul ?

pascal. Mon Dieu, oui... je n'avais personne sous la main...

pierre. A merveille alors... (Passant à Frédéric.) Une dernière fois, décidez-vous...

Il met le pistolet sur 1a gorge de Frédéric.

pascal. Eh bien 1 qu’cst-ce que vous faites doue? vous voyez bien que monsieur Frédéric n'a pas de pistolets...

PIERRE, d'un Ion significatif. Celui-ci suffira.

pascal. Faites excuse, et en voici d'autres dont je suis sûr...

lt tire Je va poche Jeux pistolets.

pierre. Armé!

pascal, donnant les pistolets à Frédéric.

Us sont tout chargés, prenez !

Lazare, à Pascal, avec colère. Misérable Pascal !

pascal. Au besoin, même, j’en ai encore deux autres, voy-zl... (Il tire de sa poche deu.r autres pistolets tris longs qu’il garde dune ses mains.) Et si ça ne vous plaît pas... serviteur de tout mon coeur...

FRÊ’ ÉRIC. Messieurs, la question va changer maintenant.

pascal. Oui, oui... elle va changer la quesion... Alions-nous-en.

Frédéric. Non, Pascal, non... je veux leur apprendre qu’ils n’ont pas affaire à un lâche...

pascal. Ces messienrs le savent bien...

Allons-nons-en.

Frédéric, à Jacques. Ce duel que vous m'avez ofTert, ce duel qne vos frères ont traîtreusement refusé, eh bien I je vous le propose à mon tour...

JACQUES. Enfin!

LAZARE. Mais...

Jacques, à ses frères. A votre tour, laissez-moi; ceci me regarde...

pierre. Cependant..

Jacques. Oh ! pas de réplique... puisqu’il n’y a pas moyen de faire autrement.

lazvre. Va pour le duel*

Jacques, montrant us frères. Voici mes témoins.

Frédéric , montrant Pascal. Voici le mien.

pascal. Ah ca, mais c’est donc pour tout de bout... Un duel 1 qnand je vous apporte des armes! un duel, quand à nous deux nous pouvions mettre en fuite ces gredins-là...

avec nos quatre pistolets I.. Quand ou fait tant que prendre des précautions, on n’en saurait trop prendre.

pierre, à Pascal, avec mépris. Allons, voyons, approchez, monsieur le témoin.

pascal. Que... que j'approche... me

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voilà.... Monsieur.... monsieur Frédéric, croyez-moi, allons- nmis-en .

FRÉDÉRIC . Impossible, mon bon Pascal; je ne pois, sans bonté, éviter ce combat.

Pem «I marcite avec crainte vers Pierre et Lazarre. PIERRE. Voulez-vous que nous rechargions les armes?

fiscal. Les recharger I... non, non, non, je su s sûr, parfai'emeiit sûr...

Lazare. Il suffit... c'est une question de pure formalité.

Pascal, o j>nrt. Des formalités... lorsque tout à l'heure ils voulaii ni...

pierre. A cotnbieu de pas entendez-vous

qu'on supporte le feu?

pascai. Le (eu! du plus loin possible.

Lazare. Allons donc!

PIERRE. A quinze pas.

pascal. A quinze pas! y pensez-vous? je touche à tout coup, moi, à quinze pas... Il en f-ui cent, au moins... et encore...

LAZARE. Monsieur p «haute 1 pierre. Oui, oui... à quinze pasl pascai- Non 1

Pli rre. lih bien, à vingt-cinq, et l’on mari liera l'un sur l'autre.

jaoqils à Frédéric. Songez- bien, monsieur. que cYst un duel à mort!

Frédéric. Soit, monsieur.

pierre. Il faut cotUi ter les pas.

pascal. Je m’en charge... je me défie d'eos. .. ils n'en mettraient qoe quinze.. . et puis j'ai de grand» s jambes.

pierre. Voyons, dépéchez-vous !

Pendant q*?e Pascal mesure les distanças, Frédéric te rapprocha d- s trois frères. Lazare fait signe i Pa«ca! die prrndie de plus loin; lui H Pascal disparais** ni un montrai.

lazarf. C’est fait 1

Frédéric. Allons, messieurs, finissonsen I

pierre. Quand vous voudrez... il ne s'agit plus que de tirer les places au sort.

frêoéric. Kh! qu'importe l. place 1 pierre, à Jacquet tl à Frédéric. Messieurs, i' est entendu qu'au troi-ième coup vou» serez maîtres de tirer ou de u archer l’un sur l'aune, à voire choix... (A Pascal.) Maintenant, à distance !

pascai.. bon, c'esi aff eux ! je ne le souffrirai pasl mais vous al ez le tuer .. le fils de mon maître, le fi s de votre proteceur I Au nom du ciel, messieurs, ue le tuez pas, ne le tuez pas!

PU REE, l’entrainant. Assez, assez, monsieur !

Frédéric. Sois tranquille, Pascal, le ciel sera p«ur moi!

pascal. Ahl mon Dieu, mon Dieu 1 (Jacquet et Fier éric t* placent; Ici témoins te mettent à distance; Pierre don ne le lignai.

Au fretiMnw coup, Frédéric tire et manque

ton adversaire.) Le malheureux 1 il l’a manqué! •

Jacques. A mon iour. ..

pascal. \h! r’est fini .. ilestp-rdn! (Jacquet marche lentement sur Frédéric.) Arrêtez! au nom du ciel, arrêtez 1

Il ■'eut s’élancer.

Lazare, le retenant. Allons, ne bougez pas!

pascal. Pauvre jeune homme 1... mon pauvre maître I

Il tombe i ge> oux et «P rechc U lAle dan» le» maint.

Jacques, qui j'e-t avancé jusque tur Frédéric. Lue iieiniê>e fuis, voulez-vous renoncer à Clémence 1

Frédéric. Jamiis! plutôt mourir !

Jacques. Eli bien... tu mourras!

Il s’spproeke encore, dirige «on pistolet «ur ls poitrine de Fré*leri<\ pendant que P»*t |i fait de vaiu* efforts pour échapper i Pierre et à Laure.

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