‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 108 sur 314 · Ibid.j fol · texte numérisé non relu

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de la Ville et ils demandèrent une diminution de prix. La municipalité rejeta leurs offres comme insuffisantes; mais, à la fin de mars, les habitants du pont Notre-Dame se décidèrent à renouveler leurs baux aux conditions qui leur étaient imposées : toutefois ils obtinrent que le droit d'entrée pour chaque renouvellement serait réduit de 300 écus à 83 écus 20 sols tournois.

Le soulagement et la surveillance des pauvres, qui de tout temps affluèrent à Paris, rentraient directement dans les attributions du prévôt des marchands et des échevins. C'était à eux que le roi remettait le soin de faire la distinction des mendiants valides et des mendiants invalidas. On occupait les premiers aux travaux d'édilité; on ouvrait même pour eux des ateliers publics, ainsi que nous avons eu souvent l'occasion de le constater; quant aux invalides, on leur distribuait des aumônes qui, de la part de la population, étaient plus ou moins spontanées ^ Un mandement du même temps, adressé aux quartiniers par le prévôt des marchands, indique avec précision comment étaient recueillies les aumônes destinées aux mendiants invalides et les fonds qui servaient à couvrir la dépense des ateliers publics*.

1. A la date du 2 mai 1586, Henri lU écrit aux magistrats municipaux de députer « deux de leur corps et compagnie » tous les samedis chez « le sieur évesque de Paris », où se trouveront aussi deux membres du Parlement, deux membres de la cour des Aides, le procureur du Chàtelet et le lieutenant civil et criminel, « pour, comme on l'a aullres fois faict, regarder et dresser un règlement pour pourveoir à donner l'aumosne en tel lieu et ainsi qu'il sera advisé, aux pauvres mendians invalides; et pour recongnoistre cculx qui en abusent afin de les rejeter, et, en ce faisant, oster Taffluance et confusion desditcz pauvres. Et, pour ce qu'il s'en pourra trouver beaucoup de vallides et propres à travailler qui ne veullent rien faire et prennent excuse de demander sur ce quMlz disent ne sçavoir oir s'occuper, il fauldra par mesme moyen regarder de faire ouvrir quelque hastelier et réparation publique pour emploier et faire travailler lesditz pauvres vallides, ainsy que vous avez veu qu'avons advisé. Donné à Pari»

le 2 mai 1586. • Signé : Hbrrt. Rbo. H, 1788 dis, fol. 590. |

2. < Sire Guillaume Parfaict, quarlinier de la Ville, enjoignez & vos dizi- , niers de advertir et admonester chacun en sa dizaine tous les marchans ' tenans boutique et autres marchans, de avoir et tenir boiste en laquelle ilz | feront mectre par charité et aumosne le plus de deniers qu'ilz pourront, par

Il résulte d'une décision du Bureau en date du 22 décembre 1583 que « les (paw^r^^) valides de la Ville qui sont employez aux œuvres publiques ^ », étaient payés chaque semaine, à THôtel de Ville même et en présence de Tun des échevins. D'après certains mandements du Bureau, il semble que la municipalité parisienne ne se bornait pas à conseiller aux habitants de faire la charité, mais qu'elle procédait souvent par voie d'injonctions. C'est ainsi qu'à la date du 2 juillet 1586 le prévôt des marchands adresse à tous les quartiniers un mandement semblable à celui-ci : « M** Robert Danès, quartinier de ladicte Ville, enjoignez à tous les dixiniers de vostre quartier de faire savoir à tous les bourgeois et habitans de leur dizaine qu'ilz aient d porter ou envoyer par chascun jour, à l'heure de midy, à la marmitte qui sera mise à la porte du bureau des pauvres de la Grève, tout le reste des pottaiges et aultres viandes qui leur resteront, pour estre portez et distribuez aux pauvres vallides qui besongnent aux astelliers. Faict au Bureau d'icelle ville le mercredy deuxiesme jour de juiUet 1586 * ».

Nous avons cru nécessaire de nous étendre avec quelques développements sur plusieurs des parties de l'administration parisienne qui étaient forcément l'occasion de fréquents rapports entre le roi et la Ville ; mais ce qui établissait un point de contact aussi permanent que douloureux pour les Parisiens^ c'était le goût immodéré que leur bourse inspirait au monarque. On n'a pas encore insisté avec assez

eulx et ceuix avec lesquels ils venderont et trafficqueront marchandises. Lesquelz deniers, lesdicts marchans seront tenuz mectre par chacune sepmaine ès-mains de leur curé pour l'entretiennement des pauvres qui sont à présent en astelliers de ceste ville en grand nombre. Si n'y faictes faulte. Faict au bureau de ladicte Ville le lundy neuflesme jour de juing 1586. • Rbo. h, 1788 bis, fol. 593.

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