‹ Paris et la Ligue sous le Règne de Henri IIIChapitre 159 sur 314 · Amplification des particularités , etc · texte numérisé non relu

Amplification des particularités , etc

3. Ibid.y p. 353. L'auteur de V Amplification ajoute que le duc de Guise, en répondant à la question du roi, était u tout ému et fort pasle, comme sUl «ust craint que le roi ne se voulust dèa lors ressentir du mépris qu'il avoil fait de ses commandemens ».

davantage. » Une réponse imprudente du pauvTe Bellièvre pouvait à jamais perdre Catherine dans l'esprit du roi et faire tomber la tète du duc de Guise. La vieille reine savait par expérience à quelles extrémités s'emportait soudain le sang des Valois, et la sauvage fureur de Charles IX au moment de la Saint-Barthélémy risquait d'être égalée en ce moment par la rage froide et concentrée de Henri IIL Mais il y avait là trop de femmes, surtout les deux reines, également intéressées à sauver Guise, Tune parce qu'elle iHait sa complice, l'autre parce qu'elle était du même sang ({ue le chef de la Ligue ^ Aussi, coupant, en quelque sorte, l'aigre dialogue du roi et de Bellièvre, Catherine s'entremet * aussitôt, enveloppe son fils de ses paroles mielleuses, et la reine Louise engage une conversation avec le duc, comme pour le prendre sous sa protection pendant <( le pourparler do la reine-mère avec le roi ' »• Les courtisans à moitié traîtres comme Yillequier, un pied dans les deux camps, mais haïs du peuple, appuyaient les instances des reines et agitaient devant les yeux et l'àmo vacillante du roi le spectre des représailles de Paris, si ridole des foules succombait. Cette étrange conférence se prolongea longtemps : pendant trois mortelles heures *. Guise se répandait en protestations de fidélité, allant jusqu'à dire « qu'il portait une épée bien tranchante pour tirer raison de ses calomniateurs ^ ». A ces audacieuses excuses, Henri UI répondait qu'il savait à quoi s'en tenir sur les menées de la Ligue ; il accusa le duc « de mener

1. La reine Louise, rappelons-le, était fille de Nicolas de Lorraine, comte de VaudémoDt, et cousine des Guises.

Page 1