De Tbou, p. 593. — Palma-Gatbt, p
3. Sat. Mén., t. I, p. 78 à 96. La harangue attribuée à Rose est de Rapin.
Commolet , jésuite , Jean Guarinus , Jacques Cueilly y Pigenat, Gilbert Genebrard, professeur royal de la langue hébraïque, nommé archevêque d'Aix par Grégoire XIII, et le cordelier François Feuardent *. Au-dessus de tous ces énergumènes se plaçaient, par Tascendant nafturel de leur rage implacable, Mathieu de Launay, le chanoine de Soissons dont nous avons déjà parlé plus haut, Tancien calviniste apostat, le grand remueur des opinions de la populace^ selon l'expression de Pasquier, Fun des quatre piliers de la Ligue, et pour tout dire un scélérat, comme* l'appelle Le Duchat; et, en second lieu, le non moinn
\, Db Thou, t. X, p. 594. Guincestre et Feuardent étaient les principaux iiisligateurs du décret de la Faculté de théologie qui déclara Henri 111 déchu du trône. Nous avons déj& parlé du premier, le fameux curé de Saint-Gervais, qui avait forcé le président De liarlay à jurer fidélité & la Ligue. — François Feuardent, né à Coutances en 1539, était un érudit fanatique, auteur de la Theomachia calvinistica ou Entremangerie des protestants. Voy. sur lui Wadduvo, Script, ordinis minorum (1650, in-fol., p. 115).
— Bibl. de Duvbrdieh, v*» François. — Bail, Sapientia torts prxdicans, part. III, p. 478. — Batlb et Moréri, Lettres de Pasquier, t. Il, p. 456. — Ch. Labitte, De la démocratie de la Ligue, p. 71. — Génébrard, né à Riom en 1537, était un bénédictin de mœurs austères, mais d'une excessive violence de plume. Éditeur d'Orlgène, traducteur de Josèphe, il n'a pas éorit moins de trente et un ouvrages. François de Sales fut son élève au Collège royal. Voy. Goujet, Hist. du Collège royal (1758, in-4o, part. I, p. 102). — NicÉRON, t. XXII, p. 1 à 18. — Tbissibr, Eloge des savants (1715, in-12, p. 301 à 309). — Labitte, p. 69. — Le P. Bernard, fils de Bertrand Percin, seigneur de Montgaillard. Né en 1563, d'après Bayle, et âgé par conséquent de vingtsix ans en 1589, il entra à seize ans dans l'ordre des Feuillants, fut distingué par Henri III, prêcha au Louvre et acquit une grande réputation. On l'avait surnommé le Petit Feuillant. L'Estoile affirme que les dames l'aimaient fort et lui envoyaient souvent des confitures. Il contribua, dit^on, à la conversion de Henri IV, et sut conserver son estime, bien que certains auteurs l'accusent d'avoir trempé dans les conspirations contre le roi (voy. notamment sur le Petit Feuillant, qui ne mourut qu'en 1628, à son abbaye d'Orval, après mille pérégrinations, les Remarques surlaSat, Ménip., t. II» p. 56 à 65). — Jean Hamilton, curé de Saint-Cosme, était Écossais; docteur en 1586, il s^espagnolisa vite, comme dit Le Duchat (Hist. Gymn. Navan\ aP' Launoii oper., t. VII, p. 754; Ch. Labitte, p. 74). — Voy. sur Christophe Aubry, curé de Saint- André des Arc9> les Mém. de la Ligue, t. V, p. 434.
— Jacques Cueilly, d'origine parisienne, tenait la cure de Saint-Germainl'Auxerrois, après avoir été recteur de l'Université en 1574 (du Boulay, Hist. univ. Parisiens., t. VI, p. 806). — Pierre Christin, de Nice, Jean Guarinus ou Garin, cordelier savoyard, le franciscain Panigarolla, représentaient le contingent des moines étrangers. ~ Guillaume Lucain avait le titre de docteur.
célèbre Jean Boucher, qui, malgré ses alliances avec les meilleures familles de la capitale, notamment avec celle des de Thou, s'était furieusement jeté dans le parti de la Ligue, croyant y trouver des satisfactions sans limites pour sa dévorante ambition. Successivement professeur à Reims, régent de philosophie au collège de Bourgogne, prieur de Sorbonne, recteur de T Université en 1580, à trente ans, il était en 1589 curé de Saint-Benoît et candidat malheureux à tous les évêchés vacants *. Pour donner une issue au fiel qui l'étouffait, il composait alors un libelle de la dernière violence contre le roi. Cela était intitulé : De justa Henrici abdicatione '. « Jamais, dit de Thou, dans ces temps de licence et de désordre, il n'avait encore paru d'ouvrage aussi exécrable. » Tous ces prêtres fanatiques et ambitieux entretenaient les Parisiens dans un état permanent de fureur et d'exaltation et ne se faisaient pas faute de répandre les fausses nouvelles du haut de la chaire chrétienne. Elle ne retentissait plus que des exploits militaires de la Ligue, et Mme de Montpensier n'était pas satisfaite quand on se couchait sans apprendre une prise de ville ou une bataille gagnée *.
Il faut néanmoins reconnaître que les ligueurs faisaient preuve d'une grande activité et n'étaient pas assez remplis d'illusions pour espérer vaincre les royalistes avec des sermons et des libelles. Dès le 7 avril, Mayenne avait écrit au pape Sixte V et lui avait dépêché Pierre Frison, doyen de Reims, pour le supplier de ne pas accorder à Henri III l'absolution qu'il réclamait avec tant ^d'instances. Le lendemain, il sortait de Paris avec
1. Voy. sur Boucher : Mim, de la Ligue, t. IV, p. 22. — Le Duchat, Notes sur la Ménippée. — Brûlé, ChronoL des curés de Saint-Benoit (1752, in-8«, p. 32). — Ch. Labitte, p. 61. — De Tbou, t. X, p. 595.
2. Gel ouvrage parut avec le nom de l'auteur à Paris chez Nivelle et ne fut (achevé qu'un peu après la mort de Henri IH. La seconde édition fut donnée à Lyon en 1590, chez Pillehotte.