Voy. plus haut, p
2. Voir pour les détails de cette entrevue Palma-Catbt, p. 127, et ni Thou, t. X, p. 618 et suivantes. C'est Duplessis-Mornay et François de ChAtillon qui contribuèrent surtout à décider Henri de Navarre & venir au rendezvous fixé par Henri III. Beaucoup de gentilshommes protestants prédisaient à leur mattre qu'il se rendait à la boucherie. Du reste, les gens du Béarnais prirent quelques précautions contre une trahison possible, et se saisirent d'une des portes du château du Plessis-les-Tours. L'entrevue fut attendrissante. Les deux rois « a'estans joints, s'entrebrassèrent très amoureusement, mesmes avec larmes, principalement le roy de Navarre, des yeux duquel on les voiot tomber grosses comme poix, de grande joie qu'il avoit de voir le roy ». (L*Estoilb, t. III, p. 277.)
de Montpensier, par ses prédicateurs gagés et appointés k cet effect, y fist prescher partout que le masque estoit descouvert, que le tiran avoit osté 1q voile de son hipocrisie, «'estant tout à fait déclaré fauteur et partisan de Thérétique *. » Il y eut un nouveau déchaînement de sonnets satiriques et de libelles diffamatoires. L'Estoile dit en avoir ramassé plus de trois cents qu'il avait fait relier en quatre gros tomes ; sans compter un gros in-folio « plein do figures ' ». Cette littérature sainte était « farcie de toutes les plus atroces injures qu'on se pouvoit aviser, jusques k en rechercher des mémoires sur les vieux ruffiens, maquerelles, garces et harangères du Petit-Pont ». Les ligueurs mettaient k profit la rage anti-monarchique que les prédicateurs développaient dans l'esprit du peuple pour continuer les levées d'hommes et fortifier la capitale, tandis que Mayenne guerroyait en Touraine contre les deux rois '. Pour leur donner du cœur, on montra aux Parisiens le comte de Brienne, fait prisonnier par Mayenne, et l'on attacha aux voûtes de Notre-Dame six enseignes à titre de trophées royalistes. Il est vrai que les ligueurs n'en avaient pris que trois au combat de Saint-Ouen, mais il ne fallait pas lésiner sur ces glorieuses étoffes, « y en aiant toujours de toutes prestes et cousues à cest effect par la sage conduite et pourvoiance de Madame de Montpen-
sier * ».