Gapbfioub, /&/(/., p. 2 et
2. a Cette ligue, dit Palva-Caybt, ea reproduisant le texte du document fut faite à Péronoe l'an 1576, par aucuns princes, seigneurs et gentilshommes catholiques, faschez de ce que le roy Henry III avait pacifié les troubles pour la religion en son royaume, etc. » (Introd, à la Chronol, novenaire,p, 13.)
lions municipales, et spécialement celui des franchises locales de Paris, n'entra pour rien dans les préoccupations des promoteurs de la Ligue. La découverte du mémoire de l'avocat David prouva même que les Guises poursuivaient surtout un but politique, visaient à la couronne de France et à l'abolition des libertés de l'Église gallicane. Il est difficile de discerner dans le pacte de Joinville, signé le 16 janvier 1585 entre les princes lorrains et l'Espagne, autre chose qu'une déclaration de guerre aux idées de tolérance, dont les comités parisiens furent assurément complices, mais qui ne profitait qu'au Saint-Siège et à l'Espagne. Le second manifeste de Péronne (31 mars 1585) est animé du même esprit; tout au plus y peut-on lire quelques vagues protestations contre l'énormité des impôts qui accablent le peuple, mais c'est toujours la noblesse qui plaide pour sa propre cause, unie à celle du clergé, et réclame le maintien des privilèges les plus aristocratiques. Bien plus, lorsqu'après la mort de Marie Stuart (18 fév. 1587) la fermentation des masses parisiennes menaça de transformer le caractère de la Ligue, Mayenne quitta Paris et le duc de Guise manifesta une vive irritation. C'est malgré lui que les comités parisiens élaborèrent et expédièrent aux villes de province les trois mémoires qui contiennent une sorte de plan de fédération municipale, sous la direction des princes catholiques et le patronage de l'Hôtel [de Ville de Paris.
Dans la déclaration datée de Nancy (janvier 1588), les princes répudient implicitement les tendances démocratiques de leurs complices parisiens, car ils ne réclament du roi que la publication du concile de Trente et l'établissement en France de l'Inquisition. Par conséquent, la direction supérieure du parti continue à prendre son mot d'ordre à Rome et reste purement aristocratique et cléricale. La journée des Barricades n'est que le triomphe de
Guise; au point de vue municipal, elle a pour conséquences Varrestation du prévôt des marchands, Hector de Pereuse, et l'élection irréguliëre d'une municipalité imposée. La Chapelle-Marteau n'est que l'humble serviteur des princes, à Paris comme à Blois. Quand l'excès du désespoir a décidé Henri HI à se débarrasser de son orgueilleux rival et à mettre sous les verrous les députés parisiens, les mouvements furieux qui se produisent dans la capitale revêtent, il est vrai, un caractère tout populaire; mais qui les dirige et les inspire? Toujours les moines et les curés ligueurs. Les Louchart, les Bussy-Leclerc, les Senault ne sont que des comparses qu'on utilise. Les véritables tètes du parti se hâtent d'appeler Mayenne pour discipliner la foule ondoyante et terrible, et, dès qu'il arrive, le Conseil général de la Ligue, organe de la démocratie parisienne, est adroitement rempli d'évêques et de parlementaires. Un des premiers soins du nouveau chef de la Ligue, c'est d'assurer le pape que le Conseil général de Paris n'agira que d'après les ordres du Saint-Siège, et, au lendemain de l'assassinat du roi, c'est l'Hôtel de Ville lui-même qui, dans sa lettre du 7 août, se met aux pieds du pontife de Rome.
En résumé, si l'on voulait caractériser la lutte de Paris contre le roi Henri IH et définir l'esprit de la Ligue, on pourrait dire que c'est une insurrection, née en partie des fautes politiques, en partie des exactions financières du roi; un mouvement qui eut le Saint-Siège, l'Espagne et le clergé pour inspirateurs, les Guises pour chefs, et la partie la moins éclairée de la population parisienne pour instrument. Cette formidable coalition se brisera contre le génie militaire et la diplomatie infatigable du roi de Navarre, Mais si l'unité nationale et la puissance française doivent beaucoup au fondateur de la dynastie bourbonienne, il a fait porter aux franchises municipales de Paris la peine du fanatisme des Seize et installé à l'Hôtel de Ville la can-
didaturc officielle. Son règne, si brillant à certains égards, écrasera sous le niveau de la centralisation monarchique et du pouvoir absolu la liberté des communes : il marquera, en même temps que l'expansion de la politique française au dehors et le rétablissement de l'ordre matériel sur toute la surface du pays, Fabolition des immunités populaires, rabaissement des parlements et de la bourgeoisie au profit des gentilshommes. A Paris, THôtel de Ville va rentrer dans le néant, et ses Registres^ naguère si vivants et si dramatiques, ne présenteront plus à Thistoire que la monotone relation des cérémonies officielles!